APRES VINGT HEURES

par Theo





Nathalie raccompagna son amie jusqu’à la porte d’entrée et, après un dernier signe affectueux de la main, regarda sa voiture s’éloigner. Puis elle traversa sa maison silencieuse, s’efforçant de chasser le spleen qui l’avait brutalement envahie, quelques minutes auparavant.
 
Depuis qu’elle avait rencontré Raoul, elle passait son temps à penser à lui, à fantasmer sur ce qu’ils pourraient faire ensemble. Elle éteignit les lumières de la cuisine et sortit sous la véranda, à l’arrière de la maison. Ses vêtements collaient à sa peau moite. Enfin une brise faisait frémir les chênes verts dans la pénombre. Elle fit quelques pas dans le jardin.
 
Le parfum des roses embaumait l’air, les crickets chantaient. Au loin résonnèrent quelques roulements de tonnerre, suivis d’éclairs qui lacérèrent le ciel. La lune baignait dans un halo dansant. Nathalie s’arrêta au milieu de la pelouse, pieds nus, ferma les yeux, puis poussa un grand soupir, attendant que le vent léger rafraîchisse quelque peu l’air encore si lourd.
 
Seule avec ses pensées, les paupières closes, elle redevenait nerveuse, l’esprit empli d’images de Raoul. Il lui avait promis qu’il viendrait la retrouver vers 18h, or cela faisait deux heures qu’elle l’attendait.
 
Elle ouvrit les yeux…et son cœur s’arrêta. Raoul se tenait à quelques mètres devant elle, près de la haie du jardin. Persuadée qu’il s’agissait d’un effet du clair de lune, Nathalie battit des cils, puis fit un pas en arrière, et c’est alors qu’elle comprit que la forme qui se détachait dans la nuit était celle d’un homme réel et non le simple fruit de son imagination.
 
- N’aies pas peur, Nathalie, c’est moi Raoul !
 
Il était peu vêtu – une chemisette déboutonnée, un large short. Sans la quitter des yeux, il s’approcha lentement.. A chaque pas en avant, Nathalie reculait d’autant.
 
- Tu es en retard ! Pourquoi tu ne m’as pas prévenue ?
 
Lorsqu’elle atteignit les marches de sa maison, elle se rua à l’intérieur, puis se tint derrière la table. Il attendait, debout sous la lune, immobile.
 
Alors elle ouvrit en grand la porte, et traversa lentement la maison plongée dans l’obscurité. Tous ses sens lui parurent s’aiguiser tandis qu’elle gravissait l’escalier.
 
Une fois dans sa chambre, Nathalie s’assit au bord de son lit, et attendit. Son pouls s’apaisa. Elle ferma de nouveau les yeux. Raoul se tenait dans l’encadrement de la porte, et la regardait. Elle releva ses paupières, et chercha désespérément quelque chose à dire. Qu’attendait-il qu’elle fasse ? Elle se leva et ouvrit la bouche pour parler…Raoul posa un doigt sur ses lèvres. Puis il lui tendit la main.
 
Après une profonde inspiration, Nathalie s’avança vers lui. Elle enroula ses bras autour de son cou. Raoul prit son visage dans la coupe de ses mains et l’embrassa, sa langue s’aventurant d’abord doucement, puis s‘emparant de sa bouche.
 
Nathalie goûta ses lèvres et savoura la saveur de sa langue. D’autres appétits se réveillaient en elle. Elle voulait ses mains sur son corps, sa peau contre la sienne…
 
Les lèvres de Raoul descendirent le long de sa gorge. Repoussant la fine bretelle de son caraco ; il embrassa son épaule. Puis il traça de sa langue un chemin humide qui partit de l’épaule ronde, pirouetta autour de sa nuque, s’arrêta au creux de son cou avant de dévaler plus bas…Arrêté par le bord du caraco, il en saisit l’ourlet à deux mains et le fit passer d’un mouvement vif, par-dessus sa tête. Ses lèvres cherchèrent de nouveau sa bouche
 
La saveur enivrante de son baiser, la fit presser ses seins contre son torse nu ; ses pointes en durcir instantanément. Raoul prit un sein dans sa main, en agaçant la pointe avec ses lèvres.
 
Nathalie se détacha de lui. Cherchant son regard. Mais le clair de lune éclairait trop peu la chambre pour lui permettre de distinguer son visage…Raoul la prit dans ses bras et la porta jusqu'au lit. Il la débarrassa de sa jupe, et de son string, en fit autant de sa propre chemise, de son short. Puis, ils tombèrent enlacés sur les draps frais.…
 
Dehors ; le tonnerre grondait et le vent se levait, s’engouffrant dans les rideaux de mousseline. Une tempête plus violente encore faisait rage dans l’âme et le corps de Nathalie, et l’emporta tandis qu’elle s’abandonnait entre les bras de Raoul. Le ballet de ses mains, de ses lèvres, de sa langue sur sa peau moite lui faisait tourner la tête.
 
Un éclair zébra le ciel…Elle se sentit vivre près de lui, et se cambra lorsque sa bouche trouva ses seins, lorsque sa langue en titilla les pointes l’une après l’autre. Ensuite, dessinant de ses lèvres un sentier de légers baisers, il musarda jusqu’au nombril…
 
Enfin, il trouva le creux de chair humide et palpitante, y glissa d’abord un doigt, déclenchant des ondes sensuelles d’une fébrilité inouïe. Nathalie eut un cri, et se soumit entièrement à cette caresse à la fois précise et si délicate.
 
Puis, se fut au tour de la langue de fouiller le cœur même de son désir, Raoul commença alors une longue et langoureuse caresse de son intimité, qui s’ouvrait d’autant plus. D’abord les grandes lèvres puis les petites et enfin le clitoris.
 
Nathalie ne put résister longtemps à autant d’adresse et d’amour. Allongée nue sur son lit, les jambes entrouvertes, son ventre se remplit de plaisir. Elle eut des spasmes dans le bas-ventre, incapable de contrôler les secousses qui l’ébranlaient, arquée sous l’exquise torture, elle finit par exploser sous sa langue.
 
Immédiatement, elle demanda à Raoul de la pénétrer Sans se faire prier, il s’exécuta et son plaisir se redoubla du sien et de son explosion en elle.
 
Raoul, par ses caresses gratuites, l’amena doucement à s’apaiser. Elle reprit peu à peu son souffle. Son corps tendu contre le sien, Raoul enfouit le nez dans sa nuque. Paupières closes, elle écouta les roulements du tonnerre et le fracas des éclairs au-dehors. La pluie abreuva le sol, et Raoul se leva pour fermer les fenêtres
 
L’épuisement l’emporta, et Nathalie s’assoupit dans le creux de son épaule.
 



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