SOUVENIRS DE VENISE ET DE PISE

par THEO




Souvenirs de Venise et de Pise


La voiture était flambant neuve. Nous étions mariés depuis une éternité et, nous avions dépassé les fatidiques « sept ans de mariage », sans pratiquer la cocufication. La guerre ayant fait le vide autour de nous, nous subissions bon gré mal gré les ravages du progrès. Il enfonçait toutes les portes, et chaque jour qui passait apportait sa ration de révolution. Révolution étant un grand mot, disons plutôt « évolution ». Car les poches des plus hardis se remplissaient.

Nous avions décidé de faire notre voyage de noce, en différé, à Venise.

-- Pourquoi à Venise ? me dit mon épouse 
-- ? cause des gondoles, voyons !

Je ne lui ai pas dis pourquoi on a chanté pendant longtemps : « Que c’est triste, Venise au temps des amours mortes… » et dans la ville des Doges il est bien certain que les amours mourront de plus en plus vite puisque les gondoles sont condamnées

Ou sont les gondoles d’antan ? Elles ont traversé les siècles et les rêves d’innombrables générations. Les poètes les ont chantées. Les peintres les ont illustrées. Les amants, venus des quatre coins du monde, les ont… « utilisées ! »

Jolies gondoles… elles ont traversé, en glissant, les vers d’A. de Musset. Elles constituaient un mythe du romantisme au même titre que les toros d’Espagne, (sans tuer personne). Pas de voyage de noces, même différées, sans la promenade en gondole à Venise, et sans aller soupirer sous le pont fait pour ça.  C’est classique.

Le voyage de noces se fait à Venise, comme le voyage de divorce se fait à Las-Végas. Tiens, on devrait jumeler les deux villes

Publicité ! « A Venise, on soupire… mais à Las-Végas, on respire. »

Mais revenons à nos gondoles. Ils menacent d’équiper leurs gondoles de moteurs hors-bord, ce qui les permettrait d’aller plus vite, et les mariés de se gondoler au lit plus vite…

Qui plus est l’odeur de l’essence n’arrangerait pas les choses, car les fameux canaux vénitiens sentent déjà bien mauvais, il faut le dire. Quand on est amoureux, on ne sens rien, mais quand on y retourne plus tard, on renifle terriblement.

Et les beaux gondoliers, que vont-ils devenir ?
De simples mécanos.
Bien triste est l’avenir.
Au lieu de vous chanter :
Parla mi d’amore, mari?
Tutta la mia vita sei t?
On entendra :

-- Ah ! Madona, qué zé una saloperie dans le carbourator !

Faut-il sacrifier les promenades sentimentales aux servitudes des transports en commun en motorisant la flottille vénitienne ?
Les italiens qui se vantent d’être le peuple le plus amoureux du monde ne peuvent pas faire ça.
Ou alors… Pourquoi les gondoliers et leurs gondoles ne viendraient-ils pas ici ?

Notre Moselle qui coule si paisiblement à travers Toul et Metz, serait heureuse de les recevoir. Je vois déjà des gondoles passer sous le pont des Morts…à Metz… glisser sous les arches du pont de Thionville , et le pont Saint Georges, sur un des bras de la Moselle, parce que Metz est une petite Venise.

Pauvres italiens, ils n’on pas de chance vraiment, car la nouvelle la plus stupéfiante nous est parvenue ! La tour de Pise se redresse. Elle devrait pencher de plus en plus, eh ! bien non !. Les savants n’y comprennent rien. La tour de Pise bientôt sera droite comme la plus vulgaire des tours.

Ah ! ma douce amie Valentine,
Où donc est l’époque câline
Qu’à démolir on s’évertue ?
L’époque où, dans une gondole,
Au rythme de la barcarole
Se balançait votre vertu.

C’est d’un triste, Venise au temps des amours mortes,
Le temps derrière lui ferme encore une porte.

Les amoureux sont bien punis,
Il n’y a plus de Venise, et Capri c’est fini.
Pauvre Venise !
Quand à la tour de Pise
La pauvre… elle est foutue.

Nous ferons un voyage à Rome… l’?ternelle…

Théo

Le17 07 2009
Théo
 
Le 17. 07. 2009



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