LA TIMIDITE SEXUELLE

par Theo




La timidité sexuelle permanente ou passagère emprisonne les mots et les plaisirs. Elle peut être handicapante. Largement partagée, elle est perçue comme la peur d'être jugé. On voudrait dire notre désir avec des mots, oser des caresses mais c'est comme si quelque chose s'arrêtait en nous. Alors, comment faire la distinction entre pudeur et timidité ?

Certains n'ont aucun problème avec leur nudité mais n'aiment pas dévoiler leurs sentiments, d'autres arrivent à raconter leur vie intime dans les moindres détails mais ne montrent jamais une parcelle de leur corps. Chez tous les êtres normalement constitués, elle prend des formes différentes.

La pudeur consiste à dévoiler ce que l'on a envie de dévoiler. Lorsqu'il y a désir de dévoilement, la pudeur disparaît. En revanche, la timidité se manifeste lorsque l'on voudrait dire oui mais que l'on dit non. Elle est donc de l'ordre du blocage qui va à l'encontre du désir et peut empêcher la rencontre sexuelle, mais pas la pudeur.

Ceci est, bien sûr mon avis personnel qui n'engage que moi.

La timidité se heurte à la difficulté d'exprimer ses envies, son plaisir ; c'est très frustrant. Elle peut être liée à une éducation qui a associée " sexe et faute ", ou à des complexes qui empêchent d'être exposé au regard de l'autre, aussi au manque de confiance en soi par ignorance de ses limites, ou par une abstinence trop prolongée, et avec la peur du jugement.

Les femmes sont cernées par les magasines qui affichent des corps superbes. Quand elles voient le regard des hommes sur ces images elles n'osent plus se déshabiller, persuadées qu'elles ont de petits seins et des fesses plates. Ce manque de confiance en elles devrait les pousser à faire la paix avec leur corps, en essayant de retrouver les gestes qui font du bien, et en le traitant avec bienveillance (massages, yoga, changement d'habitudes alimentaires). Il faudrait donc cesser de regarder son corps de l'extérieur comme un objet. Il faudrait raisonner avec le corps que nous " sommes " et non avec le cops que nous " avons "

La timidité sexuelle n'est pas toujours facile à identifier. Ainsi des personnalités en apparence assurées peuvent être bloquées dans l'intimité. Par exemple un homme influent, brillant et séduisant pourrait se trouver confronter à des femmes " modernes, libérées " qui annonceraient d'entrée que si elles n'avaient pas plusieurs orgasmes dans la nuit, ça ne valait pas le coup. Il se considère, alors, un type pas très intéressant qui risquerait d'être coincé par cette partenaire.

La timidité sexuelle masque fréquemment la peur d'un changement dans la relation, peur d'un jugement négatif. Que penserait-il si je lui disais qu'il me caresse mal ? Que " j'aimerais faire l'amour dans tel endroit et de tel façon ? "

Que penserait-elle si je lui proposais de ne mettre que des jupes, sans sous-vêtements dessous ?

Difficile de changer de style, de registre, sans susciter plus d'étonnement que de désir. Enfin dans l'intimité, il s'agit de faire à l'autre ce que l'on aimerait qu'il nous fasse.

La timidité sexuelle nous rappelle que la sexualité se fabrique avec nos émotions autant qu'avec nos glandes.

Du désir au plaisir, nos émotions sont déclenchées par des phénomènes complexes au niveau cérébral.

Différents petits organes, de quelques grammes, situés dans le cerveau sont impliqués dans notre fonctionnement sexuel. En premier lieu l'hypothalamus est le centre des pulsions et des émotions. Il contrôle notre libido et nos pulsions. A proximité se trouve un minuscule noyau appelé septum qui héberge le centre de l'orgasme. Le septum fait partie d'un ensemble : le système limbique, siège des émotions. Donc le septum est le centre de l'orgasme, l'hypothalamus est le centre du désir et des pulsions qui contrôle, chez la femme, les sécrétions des glandes vulvaires et vaginales.

En outre, nos désirs sont liés à des modifications chimiques produite par le cortex, ce sont les neurotransmetteurs. Ces substances sont sécrétées par les neurones qui se stimulent mutuellement. Par ce mécanisme sont transmises des impulsions électriques d'un neurone à un autre.

Les neurotransmetteurs sont responsables de l'éveil, l'appétit, la libido, l'humeur, les émotions, la décision, la pensée, la mémorisation, etc. Bien que les impulsions nerveuses soient de type électrique, la transmission de ces impulsions d'un neurone à un autre se trouve réalisée de manière chimique plutôt qu'électrique. Le produit chimique qui transmet le message est précisément le neurotransmetteur.

L'un des plus important, l'acétylcholine agit sur le centre de l'orgasme ( le septum)

La dopamine agit sur le système du plaisir, de l'hypothalamus jusqu'au système limbique.

La sérotonine est impliquée dans le contrôle des pulsions et de l'agressivité.

Par ailleurs, la testostérone (hormone) est considérée comme l'un des principaux facteurs biologique (molécule) du désir sexuel chez l'homme et la femme. Elle est produite par les testicules, les ovaires et les glandes surrénales (reins).

Le cerveau est constitué de deux hémisphères cérébraux qui forment une masse continue recouvrant les organes que j'ai cités, et est le siège des fonctions cognitives (psychisme, perception, mémoire, intelligence, etc.) également il permet de passer à l'acte et est responsable des fantasmes ainsi que des tabous et des culpabilisations. Nous venons de voir que les troubles sexuels ont une cause chimique au départ, qui s'améliore souvent lorsque celle-ci est traitée médicalement. Les spécialistes affirment que la cause essentielle de ces troubles sexuels est à imputer au disfonctionnement des neurotransmetteurs. Ils fonctionnent de façon anarchique.

Sur ces disfonctionnements peuvent se greffer des facteurs psychotiques, responsables de dépression, d'anxiété et de stress.

Le corps humain est une machine bien compliquée !

Alors, il ne faut pas avoir peur, il faut laisser votre corps " parler ", et ne penser qu'au plaisir qu'il vous donnera. Les femmes peuvent " tester " leur désir, leur sexualité en se masturbant avant de rencontrer un homme. Les sexologues le conseillent fortement. Cela leur donnera la confiance qu'elles ont perdue.

Je crois que bien des hommes sont moins vulnérables.

(Voir aussi l'article " Le cerveau et la sexualité ")



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