LE PREMIER SOUPIR DE L'AMOUR EST LE DERNIER DE LA SAGESSE

par Theo




Le silence se meurt, le bruit prend partout le pouvoir. Je t’ai manquée ! J’aurais tellement été comblé de ta présence, à tes côtés dans cette merveilleuse ville de Cordoue. Tu décris les beautés de ta ville avec talent certain et une émotion très forte. J ‘aimerais te lire des journées entières.
Tu viens à mon secours, comme quand je criais « Maman ! », en cas de gros chagrin. Je ne te demande pas la Lune, pas l’impossible mais reste avec moi… Moi, alors, le petit Poucet, je n’aurais plus besoin de petits cailloux, parce que je t’aurais, Toi ! Je veux me gaver de toi pour ne pas passer à côté d’une merveille, dont je suis boulimique pour ne pas rester seul avec moi-même. Je voudrais vivre sans temps mort, et jouir sans entrave de toi, ma tendre rosée orientale…
Tu réussis à combler ma soif de nostalgie de mes plus belles années. Avec toi, plutôt qu’avec mes mots, j’aimerais m’exprimer avec mes sens. Nous avons cinq sens mais je n’oublie pas le sixième qui n’est mentionné nul part. Eh bien ! C’est le sexe ! Et pour plus de sensualité, j’aime m’occuper avec tendresse, avec respect bien sûr de mon complémentaire, chef- d’œuvre de l’Univers. J’aime ses mélanges sucrés-salés qui mettent de la fantaisie dans mon palais. Cela préserve mon capital santé. Je les consomme avec ferveur ces « oligo-éléments sexuels ».
La peau, oui ! La peau idéale ferme et lisse comme la tienne, ma déesse. J’aime la masser, l’effilocher, l’hydrater, la calmer, l’enduire de crème chantilly, en pâte consommable aux vertus magiques. Je l’apaiserai, je la réactiverai avec un fini confortable et velouté, induisant la cyprine dans ton intimité.
Du plaisir ! Des sensations ! Douceurs ! Câlins dans un monde de bruts…
Le passé était poilu. Désormais le poil est obscène : fantasme de l’enfant imberbe ? Oui ! J ‘adore des vulves sans poils, pubis et grandes lèvres rasées de près.. Je vois mieux, c’est beaucoup plus excitant, comme un sexe de petite fille qui a grandi… Pour les tétons, j’aime la forme du biberon. J’aime faire le bébé, mais seulement par ricochet, sinon j’aurais l’air ridicule. Le sein de l’amante bouleverse et comble de joie car il renvoie à notre première expérience érotique, aux lieux de nos premières émotions et de nos premiers émois ; le sein, c’est le paradis retrouvé ; l’amante, la mère qui revit. La bouche ne peut plus se contenir, si le globe est pour la main, le mamelon est pour les lèvres.
Ma belle Mauresque, ton corps est roi, il est beau et heureux. Mais malheureusement, à force d’imagination nous pratiquons la télé-virtuelle quasi masturbatoire, allant vers différentes formes de coït à distance : le « sof sex », le coït téléphoné pour nous.
Beaucoup de connexions sur Internet sont orientées sur les sites sexuels qui offrent tous les avantages, ce qu’on veut, quand on veut, comme on veut, et avec qui on veut. Ceux qui veulent n’ont plus besoin de s’engager réellement avec un vrai partenaire. Ils peuvent rester au stade du fantasme et de la masturbation, comme au début de la sexualité infantile ou adolescente.
On y apprend tout ; des jeux, des pratiques, des méthodes, des mouvements sexuels s’entend. On y explique comment jouer au bondage. Aucun détail ne manque : des cordes, des menottes, des appareils compliqués sortis tout droit de BD délirantes. Autant de malheurs ! Mais il paraît que ce n’est pas nouveau, cela date même de l’époque féodale au Japon, où le shibari était pratiqué comme un art au même titre que la calligraphie ou la cérémonie du thé.
Tu dois connaître çà, ma douce petite Mauresque… affamée, affective et sensuelle. Mais j’ai du mal à croire à ton vagabondage sexuel, car largement compromis par les menaces du Sida. Notre sexualité est ce qui fonde la gravité et le sérieux, le ludique et l’agréable, mais aussi le pathétique et le tragique de l’existence.
Grave et sérieuse, elle permet par sa fonction de procréation le prolongement de l’espèce.
Grave est sérieuse, cette procréation pose des problèmes complexes : stérilité, recours à la procréation assistée, à l’insémination artificielle, contraception, avortement, clonage.
Grave et sérieuse, enfin, car l’idée de reproduction préside à la création de la famille, voire du couple.
Mais en parallèle avec cette finalité, le culte de l’orgasme nous replace au stade de la recherche du plaisir, de la satisfaction, de la jouissance individuelle, puis, l’autoérotisme. On peut dire que le désir de maternité ou de paternité correspond à une certaine maturité affective et lorsque celle-ci n’est pas assez développée, le coït n’est qu’une masturbation concertée.
Le primat du phallus est une affirmation arbitraire, car l’assurance d’une jouissance féminine n’est pas toujours assurée ? Naïf, l’homme veut se persuader que lui seul peut donner du plaisir à la femme privée de membre viril. Aussi est-il complètement désarçonné en constatant que l’orgasme féminin n’est ni complémentaire, ni identique au sien. Ce qui enflamme l’un peut laisser l’autre de glace.
La science a volé au secours du pauvre mâle désemparé. On a procédé avec grande application au sondage des zones érogènes de la satisfaction féminine : clitoridienne, vaginale, anale, ect. De tout l’alphabet de la jouissance on n’a retenu que le C et le G .
Disserter sur la valeur érotique du clitoris et sur le point G, sur la sensibilité du vagin ou la taille du pénis, c’est ignorer que le corps de la femme dans son entier participe à la sexualité. La valorisation de telle ou telle partie séparément est d’ordre spéculatif. C’est une expérience exclusivement personnelle. Il n’y a que la femme qui reste juge en la matière.
Ma tendre et douce amie, je te quitte ici avec regret. Dans ma prochaine missive nous ferons l’amour à ta façon, aussi longtemps que tu voudras.
Je te joins un gâteau érotique…
Avec mes baisers les plus ardents, sans oublier une seule petite parcelle de ton corps.
Théo



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