LES TRIBULATIONS DE SOLANGE

par THEO




En resserrant son peignoir, Solange fixa du regard l’écran impitoyable de son ordinateur. La nuit tombait. Elle avait allumé des bougies dans toute la pièce, et elle avait choisi la voie chaude de Julio Iglesias comme musique d’ambiance. La soie de son caraco lui caressait la peau. A côté de son ordinateur, elle avait posé un petit verre de Martini dont elle avait déjà bu la moitié. Et comme touche finale, elle avait allumé un bâtonnet d’encens.


Quatre ans plus tôt, elle avait obtenu sa maîtrise et depuis, elle enseignait l’anglais dans un lycée privé. Elle commençait à se demander si elle n’allait y mourir d’ennui, quand une annonce dans « le Républicain » du dimanche, avait tout changé. Depuis, elle écrivait des romans sentimentaux et n’avait qu’une seule ambition : vivre de sa plume.


Après son troisième roman récompensé par un prix, et qui s’était bien vendu, son éditeur lui proposa un contrat pour trois autres romans de la série, mais à la condition de manier plus de sensualité. Elle n’avait plus qu’à mettre ses héros au lit et leur faire faire de « gros câlins ».


Elle eut soudain une pensée nostalgique pour ses premiers romans. Les baisers, elle était capable de les décrire, car elle en avait donné et reçu de ses propres lèvres. Au moins une dizaine de fois. Alors que le sexe était pour elle une sorte de néant éclairé par une seule et unique tentative malheureuse. Depuis qu’elle écrivait elle écrivait sur ce qu’elle connaissait, mais le sexe demeurait inconnu pour elle. Malheureusement, aujourd’hui, elle n’avait pas le choix.

L’intrigue du prochain roman devait impérativement s’articulé autour de scènes d’amour torrides entre le héros et l’héroïne. Et elle était près du but… Il ne lui restait qu’à finir ce livre pour obtenir le contrat dont elle rêvait depuis des années et devenir écrivain à plein temps. Avec un soupir, elle se leva de son siège pour aller se planter devant son téléviseur en mode sourdine. Dans le film « Infidèle », Constance Sumner (Diane Lane), épouse de Edward (Richard Gere), se laissait entraîner dans une passion brûlante, par Paul Martel (Olivier Martinez).


Si elle voulait honorer son contrat c’était dont elle avait besoin, songea-t-elle en s’allongeant sur le canapé, pour bien s’imprégner du film. De la passion, du romantisme. Un homme qui lui fasse tourner la tête. Hélas les hommes à faire tourner la tête n’étaient pas légion dans sa vie ces derniers temps.


Pourtant, elle était belle. Grande et mince, des jambes galbées d’une longueur exceptionnelle. Une cascade de cheveux noirs bouclés lui tombait dans le dos. Sa bouche voluptueuse d’un rouge sensuel éveillait des pensées charnelles. Elle avait vingt-six ans.

Elle était à la fois pulpeuse et charmante.


Sur l’écran, presque nus les héros s’embrassaient toujours. Elle ouvrit son peignoir pour effleurer la soie de son caraco. Elle aurait aimé que quelqu’un la touche comme Martel touchait Constance. Elle avait tellement envie de faire l’amour, envie de sentir les mains d’un homme sur elle.


Sans cesser de regarder les personnages sur l’écran, elle enfouit les doigts dans les boucles de son entrejambe, elle savait ce qu’était le plaisir puisqu’elle pouvait s’en donner à elle-même. Elle glissa dans la moiteur de son sexe et se mit à caresser le point le plus sensible de son corps. Sans cesser de se caresser les seins, elle se conduisit tout au bord du plaisir et ralentit pour laisser retomber son excitation. Elle fit courir sa main le long des courbes de son corps avant de redescendre… Elle retrouva tout de suite son point sensible qu’elle se remit à caresser en retenant son souffle. Et, quand la jouissance l’envahit de nouveau, elle sut que, cette fois, plus rien ne pourrait arrêter ses assauts. L’instant suivant, le plaisir déferlait dans ses veines, dans chaque parcelle de son corps. Agitée de soubresauts, elle se cambra comme traversée par un courant électrique, puis, avec un petit gémissement, ôta sa main et se laissa retomber sur le canapé, soudain en proie à une grande douceur… Avec un grand soupir, elle s’étendit. Elle ne retourna pas à son ordinateur. Mais éteignit la télévision.


Avant de tomber dans les bras de Morphée, elle prit la décision d’aller faire un tour au Louvre, demain samedi.


?????



Lorsqu’elle se réveilla, le réveil- matin marquait huit heures trente, et pourtant elle ne se résignait pas à se lever. On était en juillet au début des vacances scolaires. Elle détailla sa chambre. Tout lui plaisait dans ce logement confortable, que ses parents lui avaient acheté, situé au cinquième et dernier étage d’un immeuble de la rue François-I. Le bruit de Paris entrait par la fenêtre entrouverte. Pourtant elle se leva, prit une douche et déjeuna sobrement. A midi elle prit un chocolat au lait.


En fin d’après-midi, elle se rendit au Louvre pour se refugier devant le tableau de la Joconde. Comme il y avait beaucoup de monde, elle ne put s’approcher. Sans se soucier des touristes, elle se mit à tourner doucement sur elle-même, faisant gonfler les plis de sa jupe qui lui arrivait juste au-dessus des genoux—une jolie jupe bleue ciel. Elle la portait avec un simple T-shirt de coton blanc et des ballerines. Ses cheveux, une belle tignasse de boucles lui tombaient jusque dans le milieu du dos.


Soudain un homme retint son attention. Il contemplait tout seul l’œuvre d’un peintre italien, d’un regard qui l’intéressait. Solange l’observa mieux. L’impression de familiarité qu’elle éprouvait, devant ce visiteur, l’intriguait. Où avait-elle vu cet homme grand ?, solidement bâti et aux épais cheveux noirs. L’homme avait l’air socialement à l’aise, en dépit de sa tenue décontracté—pantalon beige, veste, polo, pas de cravate. D’ailleurs, il portait une montre en or (?) au poignet droit. Gaucher ? Sans doute, puisqu’il tenait un programme de l’autre main. Il portait aussi une alliance.


A cet instant, il se tourna et lui présenta son visage. Bouche ferme bien dessinée, lèvres généreuses, nez droit. Menton fendu d’une fossette. Sourcils virilement dessinés, les yeux noirs. Il était réellement fascinant… Et cette impression de familiarité qui persistait…

Et soudain elle sut. Le mariage de son amie Colette avec Marcel Lepic. Elle le vit à l’église. Il était accompagné d’une jeune femme très belle, probablement sa femme. Ils ne restèrent pas longtemps, après la cérémonie, elle ne les vit plus.


Attirée malgré elle, Solange s’approcha de lui. Il fixait le tableau. Avec un culot qu’elle ne se connaissait pas, elle entama la conversation :


- C’est une œuvre très célèbre. Vous aimez ?

- On se connaît ?

- Vous ne vous souvenez sans doute pas de moi mais je me rappelle vous avoir vu, l’année dernière, à l’église du mariage des Lepic, nous étions dans le même banc, vous étiez accompagné d’une jolie femme.

- C’était ma sœur.

- Excusez-moi, je manque à toutes mes civilités, je m’appelle Solange Martinez.

- Et, moi, c’est Patrice Sabatier.

- Si je puis me permettre, je vois que vous portez une alliance, et vous êtes seul.

- J’ai perdu ma femme il y deux ans. La vie n’est faite que de déceptions.

- Décidemment ma curiosité… Je vous demande pardon… je suis vraiment désolée.

- Restons-en aux généralités, je vous prie, dit-il froidement.

- Je sais ce que vous éprouvez, affirma-elle. J’ai perdu un frère dans un accident de moto, il y a deux ans déjà. Il faut du temps, c’est tout. Et ne pas rester seul. Elle n’aurait pas voulu que vous restiez seul.

- Ecoutez, mademoiselle Solange, avec l’expérience, vous apprendrez qu’il vaut mieux ne pas se montrer si directe avec les étrangers.

- Je sais cela aussi. Je fonce toujours tête baissée. Alors, dites-vous que tout le monde a ses moments de déprime. Simplement, il ne faut jamais perdre de vue la petite lumière au bout du tunnel. Il y en a toujours une.


Tandis qu’elle parlait, Patrice Sabatier n’avait pas quitté son attitude glaciale. Il la dévisagea, s’attarda sur sa crinière noire.


- Qu’est-ce que vous faite dans la vie ?

- Je suis professeur d’anglais dans un lycée. Mais je pense bientôt être écrivain.

- Alors, bonne chance…

- Et vous ?

- Ingénieur-chef, dans l’aviation à Charles de Gaulle. Je suis en vacance pendant trois semaines.


Sur ce, Patrice consulta sa montre, sans prêter attention au regard insistant que Solange posait sur lui. Tandis qu’il prenait conscience de l’heure, il lui dit :


- Il faut que je vous quitte, j’ai un rendez-vous avec un ami.


Et sans plus de formalités, il s’éclipsa. Solange le regarda disparaître dans l’escalier qui menait au rez-de-chaussée. Absorbée par le charme de Patrice, elle bouscula un groupe de touristes qui la regardèrent bizarrement. En s’excusant, elle revint à la réalité, puis emprunta l’escalier de sortie. Elle regarda par l’une des grandes fenêtres de la salle, qui donnait sur la cour Carrée. Elle n’aimait pas la Pyramide.


Dehors, l’obscurité était tombée sur Paris. La cacophonie familière de la circulation l’aida à reprendre pied dans la réalité présente. Elle éprouvait le besoin de marcher avant de prendre le chemin de son appartement qui n’était pas si loin. Ses pas la menèrent au hasard. Et soudain un bar attira son attention et lui donna envie de boire quelque chose. Elle traversa la rue et poussa la porte du bar, il s’agissait d’un établissement beaucoup plus sélect que ce qu’elle avait cru. Elle hésita un moment quand une main d’homme se referma sur son bras. Elle se tourna, surprise, et resta sans voix. Les yeux qui la fixaient étaient ce de Patrice Sabatier. Il lui avait donc menti, puisqu’il devait rencontrer un ami.


- Mademoiselle veut boire quelque chose ? -demanda-t-il. Eh, bien, je vous invite.


Sur ces mots, il la poussa dans un angle du bar, et la fit asseoir à une table. Il y avait une bouteille de whisky déjà à moitié vide et un verre.


- J’ai bu tout ça en deux minutes, j’avais peur de vous manquer.


Le timbre de Patrice était altéré. Une mèche de cheveux lui barrait le front. Visiblement, il avait trop bu.


- Est-ce que vous avez votre permis de conduire ?

- Oui !

- Alors, vous aller pouvoir me ramener chez moi à Neuilly. Allez, en route !.

- Vous ramenez, je n’ai pas ma voiture, j’habite tout près d’ici. Vous êtes complètement saoul.

- Vous savez, ma femme me manque tellement. Vous m’avez dit que c’est censé aller mieux avec le temps. Eh bien vous êtes une menteuse. Ça ne va pas mieux.


Son visage se tordit. Solange se glissa près de lui, ils se trouvaient dans un box discret. Doucement elle l’entoura de ses bras, sans qu’elle eu besoin de le mettre en confiance, il l’enlaça et enfouit la tête dans le creux de son épaule. Elle sentait couler les larmes qu’il versait.—« Ça va aller, ça va aller, vous verrez. »


Il se moquait pas mal de l’image qu’il offrait ce soir. Il leva la tête et la regarda sans honte et sans chercher à cacher ses larmes. Il prit le verre, bu une gorgée de whisky. Puis, il le tendit à Solange.


- Goûtez, c’est un vieux whisky écossais.


Elle avala une généreuse gorgée, puis resta figée, les yeux fixes, tandis que l’alcool la foudroyait. Puis elle avala une autre gorgée, ce n’était pas si mauvais. Mais Patrice lui confisqua le verre en lui disant qu’il ne voulait pas qu’on l’accuse de l’avoir entraînée dans la débauche.


- Et si je vous demandais de me débaucher, au contraire ? lui dit-elle avec un grand sourire.

- Mais vous n’avez aucune morale ! conclut-il.


Elle repensa à la scène torride qu’elle devait écrire dans son roman pour acquérir sa liberté totale, et lui répondit :


- J’espère bien, il faut que je travaille dur pour arriver à ma liberté.


Elle le dévisagea.


- Vous vous sentez mieux ?

- Je suis complètement ivre. Je n’ai pas l’habitude.


Attendrie, elle lui prit la main, une main chaude, virile, avec des ongles soignés et la caressa.


- Bon, vous ne croyez pas qu’il serait temps de rentrer.

- Vous aller me ramener avec votre voiture ?

- Non, vous allez prendre un taxi.

- Ne me laissez pas ce soir. Je n’aime pas les taxis. Dans l’état où je suis, je ne vous ferai pas de mal.

- Alors, je vous propose de vous reposez chez moi cette nuit, c’est à deux pas. –Toujours ce culot qu’elle ne se connaissait -.

- C’et sérieux ? Je veux bien. Vous ne chercherez pas à me débaucher

- Promis, répondit-elle, la main sur le cœur.



?????



Arrivés chez Solange, Patrice lui dit :


— Je suis tout à fait soûl, en s’appuyant sur son bras, tu m’aides à me déshabiller ?, dans quel lit tu vas me coucher ?


Le déshabiller ? Avait-elle bien entendu ? Elle ne put que bredouiller un « Mais, je… »

Alors Patrice lui rappela qu’il y avait une première fois pour toute chose.


Elle hésita, puis raisonna. Il avait tellement bu qu’il n’était en mesure ni de se déshabiller tout seul ni de se rappeler quoi que ce soit demain matin. Rassurée, elle commença par lui délacer ses chaussures, qu’elle lui ôta. Elle lui trouva de beaux pieds. Quand elle réussit à le faire asseoir sur son grand lit, elle le débarrassa de sa veste, commença à déboutonner sa chemise. Il sentait bon. Au fur et à mesure que les boutons cédaient, les pans de la chemise s’écartaient sur son torse large, hâlé, couvert d’une toison brune.


Il caressa la joue de Solange, et lui dit ;


- Ma femme était vierge, tu crois qu’il y a encore des vierges de nos jours ?

- Est-ce que vous pourriez bouger votre bras ?... Voilà comme ça…


Elle en était à enlever sa chemise, il était musclé.


- Tu vois, si je te connaissais un peu mieux, poursuivit-il, je crois que je te ferais l’amour. Tu es très jolie, tu sais ça. Tes cheveux m’excitent, il y en a une telle masse.

- Et maintenant, je crois qu’il vaudrait mieux que ce soit vous qui défassiez votre pantalon.

- Non toi, répondit-il en baillant. Tu défais le ceinturon, puis la fermeture éclaire. Il se souleva pour l’aider.


L’instant d’après, il était nu. Solange sentit monter en elle une bouffée de chaleur, et toutes sortes de pensées délicieuses. Quel corps magnifique il avait, sans une once de graisse où que se soit. Elle ne pouvait plus détacher son regard de lui, surtout elle baissait les yeux sur cette partie de lui, entre les cuisses, offerte dans l’ombre de la toison.


- Pourquoi faut-il que les gens meurent si jeune murmura-t-il avec lassitude. Nous étions mariés depuis presque dix ans, et elle n’avait que trente et un ans.



Ces paroles ramenèrent Solange à la réalité et elle rabattit le drap et la couverture sur le corps nu de Patrice.



- Essayez de dormir, à présent, lui dit-elle.


Il était déjà endormi. Pendant un moment elle le regarda. Elle le trouva magnifique. Quelques secondes après elle était dans la chambre d’amis, se déshabilla et se coucha toute nue comme d’habitude.


?????



Dimanche matin, elle se réveilla de bonne heure, et se rendit compte que les souvenirs de la veille l’avaient tenue éveillée une partie de la nuit. Tandis qu’elle réfléchissait comment elle voyait la suite, elle entendit du bruit dans sa chambre où elle avait couché Patrice. Elle se leva enfila sa robe de chambre quelle ferma sur elle avec une ceinture. Elle frappa à la porte de sa chambre et entendit :


- Qui est là !

- C’est moi, Solange.

- Vous pouvez entrer.


Elle poussa la porte. Patrice était debout, les mains dans les poches de son pantalon, la prunelle sombre. Une grande lassitude se remarquait sur son visage. Et la regardant avec ses yeux de chien battu, il lui dit :


- Je vous demande pardon pour tout. Je crains d’avoir abuser de votre gentillesse et de votre patience. J’étais vraiment sou hier soir, surtout que je n’ai pas l’habitude de boire. Si vous n’aviez pas été là, cette nuit, personne ne se serait inquiété de mon sort, ni même ma sœur parce qu’elle est en Amérique pour un an. Comment puis-je… Solange lui coupa la parole :

- Si vous vous sentez des obligations à mon égard : vous ne me devez rien, que votre amitié. Je serais prête à recommencer. Vous étiez tellement malheureux hier soir que je ne voulais pas vous laissez vous débrouiller tous seul. Je me sens bien avec vous. Que comptez-vous faire maintenant ?

- D’abord, vous remercier. Ensuite vous débarrasser de ma personne. Je prendrai un taxi. - Est-ce que vous êtes libre ses jours-ci, Solange ?

- Oui, je suis en vacance jusqu’au premier septembre ! Pourquoi ?

- Je pensais que nous pourrions aller au restaurant, et vous faire visiter mon pavillon, à Neuilly. Si vous aimez l’eau, il y a une piscine. Qu’en pensez-vous ?

Solange lui sourit. Elle laissa son regard glisser sur les belles mains viriles de Patrice. La sensation de leur contact, de leurs caresses monta en elle comme une irrépressible bouffée de désir et de plaisir. Que lui arrivait-il ?


- J’accepte, Patrice. Ce sera une occasion de nous connaître mieux. Et si vous restiez pour prendre le petit déjeuner avec moi ? Je n’ai pas envie de manger seule.

- Alors, d’accord.



?????



Ils roulaient vers Neuilly, Solange au volent de sa Peugeot 407, avait enlevé sa veste, elle était magnifique dans son bustier blanc joliment moulant, son corsaire noir en ligne fuselée. Ses épaules nues, pleines de grâce, flattaient agréablement l’œil. De temps à autre, elle adressait un sourire à Patrice assis à côté d’elle. C’est alors que Patrice lui apprit qu’il avait trente quatre ans, que son épouse avait été kinésithérapeute, qu’elle avait son cabinet dans leur résidence, et qu’avant de décéder d’un cancer, elle été enceinte de quatre mois.


- La vie est sans pitié parfois, vous ne méritiez pas cela, rétorqua Solange


A un moment donné, il lui dit :


- Lorsque vous arriverez au prochain rond-point vous prendrez la deuxième à votre droite. A partir de là je vous piloterai pour arriver chez moi.

- Bien, chef !


Depuis l’entrée de la propriété, une allée arborée, d’une centaine de mètres conduisait à la demeure. Solange gara sa voiture sur le parking.


- En étendant son bras, Patrice s’écria : voici la « Chaumière » ! Si vous voulez je vous montre le parc, derrière la maison. Puis il guida Solange à travers un immense jardin luxuriant et odorant, au milieu, se trouvait l’étendue bleue d’une grande piscine. A droite, près de la maison, sous un grand saule pleureur était aménagé une cuisine d’été, avec barbecue. Des charmes pyramidaux, des hêtres, des chênes, des sapins du Caucase occupaient le parc qui s’étendait assez loin.


- C’est un véritable enchantement…murmura Solange, émerveillée. La piscine est somptueuse… Vous aimez nager ?

- Oui, mais j’aime surtout m’allonger au soleil quand il veut bien briller.


Ils arrivèrent devant l’entrée de la demeure. Il l’invita à visiter l’intérieur. Elle fut émerveillée :


- L’intérieur est splendide. Vous n’êtes pas perdu tout seul ici ?

- Justement, on en parlera plus tard, si vous voulez. En attendant, pour midi, je vous invite à « La Belle Epoque », restaurant très bien, pas loin d’ici. Mai si vous permettez, je vais prendre ma douche et me préparer. En attendant, vous pourrez faire un petit tour, et si vous voulez vous désaltérer, il y a tout ce qu’il faut à la cuisine. Vous êtes une grande fille, non !

- Merci, je me débrouillerai.


?????



Après le déjeuner qui fut un savoureux mélange de délicatesses, de raffinement en bonne chair, en vins, dans une ambiance gastronomique, Patrice invita Solange à un après-midi « piscine ». Leur solitude respective les avait tellement rapprochés que Solange accepta avec joie, et ils retournèrent à la Chaumière.

Pour une fois, le soleil inondait la nature. Il faisait tellement chaud qu’après avoir nagé un peu, ils décidèrent de se refugier dans le salon.


Après la douche qu’ils prirent chacun dans une salle de bains différente, Solange mit avec son bustier blanc, une jupe courte de rechange qu’elle avait mise dans son sac. Elle prit place sur le canapé face à la télévision. Elle vit arriver Patrice en pantalon blanc et chemise de même couleur. En bon maître de maison, il lui proposa un verre. Il servit des jus de fruits avec quelques amuse- gueule. Et lui demanda s’il pouvait s’assoir à côté d’elle.


- Je tiens à vous remercier une nouvelle fois pour le dérangement que je vous ai causé hier soir.

- Vous n’allez peut-être pas me croire mais j’ai passé une bonne soirée, j’ai servi à quelque chose d’utile.

- Je ne me souviens presque de rien.


Puis, un silence troublant s’installa, un peu comme si chacun attendait qu’il se passa quelque chose. La main de Solange, posée sur sa cuisse attira celle de Patrice. Tournant la tête il vit qu’elle le regardait, un léger sourire aux lèvres. Sans la quitter des yeux, il posa sa main sur la sienne, presque timidement, à la fois impatient et anxieux de sa réaction. Elle leva légèrement la main, écartant ses doigts, emprisonnant les siens. Il la serra un peu plus et posa ses lèvres sur ses doigts.


- Je peux être indiscret ?

- Allez-y !

- J’ai du mal à comprendre, vous direz que cela ne me regarde pas, comment une aussi belle femme comme vous ne partage pas sa vie avec quelqu’un.

- J’ai rompu il y a deux ans, et depuis rien ne s’est présenté. Discrète sans être naïve, elle continua : j’ai perdu ma virginité à l’âge de vingt deux ans dans les bras d’un gentil garçon, sans douleur ni plaisir, et les quelques fois que j’ai ressayé, les expériences masculines se sont révélées bien ternes.


Son regard s’assombrit. La voir ainsi, presque fragile, renforça un peu plus sa beauté. Un silence s’installa et loin de le gêné, Patrice eut l’impression qu’il les rapprochait. Il l’attira contre lui et déposa un léger baiser sur sa bouche.


- Patrice, pas si vite. Vous ne m’avez pas montré le cabinet où pratiquait votre épouse.

- Nous y allons. Vous savez, elle m’a appris le massage, et souvent je la massais, c’était réciproque, et depuis j’aime le corps humain, j’aime le toucher, le caresser.


Ils traversèrent la bibliothèque, et avant d’arriver devant une porte close, Patrice, passa un bras autour de la taille de Solange qui ne fit aucun geste pour s’écarter. Alors, il l’attira contre lui et ils échangèrent un vrai baiser, passionné et tendre à la fois.


Puis, il ouvrit la porte qui donnait sur un long couloir. Chemin faisant Solange se prit à se demander ce qui allait lui arriver dans le cabinet qu’ils allaient visiter. Elle lui en avait parlé dans l’espoir, qu’enfin, il lui sortirait le grand jeu. Elle le voyait déjà regarder son corps, le caresser, en découvrir les recoins intimes, lui pétrir la poitrine. Tentant d’imaginer la scène, elle sentit son entrejambe s’humecter et ses seins furent parcourus de ce picotement qui la conduisait si souvent aux portes de la volupté. Dés qu’ils furent arrivés dans le cabinet, Solange se rendit compte que tout était aménagé, surtout, pour une clientèle féminine avertie et triée sur le volet.


- Vous voyez tout est en ordre. Mais il y a longtemps que je n’ai plus fais de massages. Cela me manque…


Leurs regards se croisèrent et Solange sentit passer entre eux une émotion qui la troubla. Leurs visages se rapprochèrent et leurs bras enlacèrent leurs corps, leurs lèvres se joignirent. Quand ce baiser fut fini, ils se regardèrent intensément et Patrice ne fit pas mystère de ses intentions.


- J’aimerais bien vous faire un massage. Qu’en pensez-vous ?


Avant de lui répondre, elle sentit sa petite fleur en train de s’ouvrir, le feu commença à l’envahir de partout. En s’approchant de lui, d’une petite voix elle lui dit :


- Nous avons beaucoup appris l’un sur l’autre et je suis sûre que votre massage me fera un bien énorme. Je n’attendais que ça, car je vous trouve séduisant.


- Il lui rendit un sourire.


Elle commença à faire glisser son bustier, qui était assez bas, ses bretelles placées largement sur le côté, cachaient peu de sa belle poitrine. De plus il descendait bien en dessous de ses seins, presque jusqu’au nombril, affinant généreusement sa taille. Elle voulait faire craquer Patrice, elle tira son bustier vers le bas de sorte que le haut dstier arriva à un doigt de ses mamelons.


Patrice s’approcha d’elle et tira sur son bustier, les mamelons apparurent. Quand sa langue s’enroula autour de leur pointe durcie, Solange eut l’impression que des flammes se propageaient jusque dans son ventre, et poussa un petit gémissement. Il prit. possession de sa bouche. Elle le repoussa gentiment et se mit à se dévêtir. Lorsqu’elle fut toute nue, elle l’attira et se mit à lui enlever sa chemise qui se trouva bientôt sur la moquette. Elle est attirez par deux bras qui se ferment autour d’elle, ses seins furent doucement compressés contre le torse de Patrice.


- Tu sais, j’ai une envie folle de caresser ton beau corps.

- Oui, oui… En lui prenant une main et en la dirigeant sur son intimité, elle lui lança : « sens comme je suis mouillée ! » Je suis nouée et tendue. S’il te plait, fait quelque chose…

Dans un état second, il la quitta pour préparer le massage. Il prit une

table de massage réglable avec étriers pour les pieds, et lui fait signe.


Elle s’allongea sur la table, toute nue sur le ventre, les bras le long du corps. Patrice prit une huile de massage tonifiant, entreprit de lui masser le dos. Sa peau était douce et souple, il la massa avec soin, attentif aux points de contraction musculaire. Solange se laissa aller complètement. Il détendit ses flancs crispés, le long des côtes et à la naissance des seins, puis lui massa la région des cervicales et les épaules.


Il se plaça ensuite au niveau de sa tête, et descendit ses mains tout le long de sa colonne, souligna le contour des fessiers avant de remonter par ses flancs jusqu’à ses épaules. Solange soupira et râla légèrement sous la pression ferme des mains de Patrice ; le massage faisait de l’effet.


Il ne lui resta plus que les jambes et au dessus. Elle avait un corps splendide et des jambes de rêve… Ses hanches s’évasaient admirablement et elle avait…- un cul magnifique. Il se plaça à ses pieds et pétrit ses mollets, puis ses cuisses et ses fesses. En pétrissant son derrière, au gré des torsions qu’il infligeait à ses globes, il aperçut par intermittence son mignon œillet froncé. Comme c’était beau !


A force de la masser, ses jambes s’écartèrent un peu, et il vit fort bien, à présent, les grandes lèvres douces et charnues de son sexe. Il eut une forte érection, et il ressentit un pincement au cœur quand il vit arriver la fin du massage.


- Voilà, mademoiselle, c’est fini !

- Oh non ! Patrice c’est si bon… Et puis tu n’as fait qu’un côté …



Il ôta son pantalon, et descendit son caleçon, sa verge raide fit un petit bond.


- Tourne ta tête et regarde l’effet que tu me fais, s’exclama-t-il.

- Elle est belle et toute droite. Moi, je suis trempée. Fais-moi des caresses maintenant. S’il te plait… on s’occupera de ton membre après. Tu veux bien ?

- J’en ai terriblement envie. Et il prit une huile essentielle délicatement parfumée.


Il savait qu’il ne devait plus masser mais effleurer. Il caressa du regard ce long corps offert. Ses mains se firent plus caressantes en remontant de ses cuisses, et arrivé à ses fesses, Solange écarta carrément ses cuisses et offrit à la vue de son amant les grandes lèvres ouvertes, et les petites toutes roses humectées. Il prit en main la totalité du membre inférieur du pied à la hanche, d’un geste sa main large glissa de bas en haut, liant mollet, genou et cuisse, spiralant d’une face à l’autre, en va-et-vient, en arabesques et autres figures, en revers, et refit le chemin en sens inverse. Sa bouche suivit les traces des doigts. Puis chaque doigt de pied fut baisé, mordillé, sucé, tété. Enfin tout le pied, dans un geste de gourmandise fut massé, plié, plissé, étendu, embrassé, léché.


- Oh, Patrice ! Je suis bien ! Continue s’il te plait.

- Allonge-toi sur le dos, ma belle !


Ce qu’elle fit les yeux fermés.


Avec sa main huilée, Patrice entama une douce et lente caresse qui, partant du genou, monta vers le haut des cuisses en les écartant doucement. Avec une infinie délicatesse ses doigts remontèrent vers le ventre, firent des cercles concentriques autour de l’ombilic.

Puis, il caressa la taille et les hanches. Ces effleurements faisaient vibrer tout le corps de Solange. Saisie, troublée, elle avait la chaire de poule. Dans un souffle :


- Oui, mon ami ! Tu peux monter plus haut !


Dans un massage ample, il remonta sur le ventre pour, enfin, s’arrêter sur les seins, en décrivant des cercles au pourtour de la sphère, pour arriver sur l’aréole et frôlant le mamelon, juste pour le taquiner, en passant. Les caresses se firent alors plus appuyées, au moyen de la main arrondie en conque. Ni tenant plus, Patrice, tour à tour, empauma les seins, pour les soutenir, les presser légèrement. A ce moment là, sa bouche ne put plus se contenir, et les mamelons furent pour ses lèvres, il les téta, les suça, les mordilla. Cela dura un moment.


- Arrête, Patrice, je n’en peux plus ! Je veux jouir ! Jouir ! Avec ta langue, ta verge… donne moi toutttttt !


Patrice tira sur ses jambes pour l’aider à mettre ses fesses au bord de l’extrémité de la table, et lui mit les pieds sur les étriers. Solange, les cuisses écartées, porta ses doigts à son sexe pour écarter ses grandes lèvres… Quelle merveille ! La verge de Patrice, fit plusieurs fois la révérence. Il n’en pouvait plus, aussi. Mais sa bouche avide de nouvelles caresses, se posa doucement sur sa vulve.


La bouche de Patrice est ici l’agent le plus agréable, les lèvres se promènent, glissent sur la surface des grandes lèvres, les aspirent, puis elles suivent les nymphes, les bordures. Sa langue de son plat large et souple, lape avidement les surfaces joufflues, gonflées de sang. La pointe se faufile dans une fossette, contourne une papille, soulève une nymphe, s’insinue dans le sillon, elle titille de –ci, de-là, elle goûte le nectar de la féminité, elle se risque au fond du vestibule.


Et elle continua de butiner, s’attardant sur la papille du méat urinaire, la face antérieure du vestibule, fit des caresses vers le clitoris, le vagin, l’anus, en même temps sur les seins.


- Tu me rends folle, cria-t-elle ! Mon clito, s’il te plait ! Oh… Je t’en prie !


La langue de Patrice s’égara dans sa fente humide et parfumée, ouvrit ses petites lèvres. Alors, elle lui offrit son corps, souleva ses fesses et lui présenta son clitoris superbement érigé, pointant son petit gland hors du capuchon. Les hanches de Solange commencèrent lentement une douce reptation pour placer son clito qui s’allongeait vers cette bouche qui l’emprisonna, le suça, l’aspira et le relâcha successivement.


- Oh, là, làaààà ! Oui, oui, lèche plus fortttttt ! Je viensssss ! Oh, chériiiii !


Il lécha son clito plus fort d’un mouvement circulaire. Solange explosa dans un orgasme foudroyant, en l’agrippant par les épaules. Mais apparemment elle n’en eut pas fini, puisqu’elle murmura :


- Prends-moi ! Je t’en supplie !


Il posa son gland sur son vestibule vaginal. Un grand frisson parcourut tout le corps de Solange. Elle sentit enfin la verge pénétrer son vagin et un sentiment de comblement lui succéda, Il commença ses mouvements. Il sentait autour de sa hampe la gaine chaude de la femme ; il en sentait les pulsations.


Leurs caresses douces et lentes firent monter à leurs lèvres des murmures et des gémissements. Parfois, un élan plus vif, plus profond, sollicitant un point exquis, déclenchait un éclair de plaisir et arrachait un cri à Solange. Et, il lui caressait son visage, ses seins, ses hanches. Elle avait la faim du pénis et, lui la faim de vagin.


Patrice diversifiait la direction de la caresse en déplaçant son bassin, il donnait au gland des trajectoires visant les différentes faces du vagin. Tous ses mouvements étaient lents, tendres, souples. Il les interrompait pour varier le plaisir, et Solange produisait des petites contractions des muscles de l’orifice vaginal, pressant tendrement la verge.


Alors, que Patrice était immobile dans elle, Solange fut prise d’une frénésie qui la fit reprendre les mouvements, elle avait envie de jouir. Tout son corps se contracta, et la convulsion se communiqua à Patrice qui gémit, empoigna plus fermement Solange, et la pressa fortement contre lui. Puis une fois qu’ils furent ainsi rivés l’un à l’autre, tandis qu’il sentait Solange céder à la puissance de l’extase qui l’emportait, il donna le dernier assaut . Un spasme foudroyant le fit se tendre comme un arc, un cri rauque monta de sa gorge. L’instant d’après, il s’effondrait contre Solange dans une longue plainte de plaisir.


Ils demeuraient l’un contre l’autre, hors d’haleine, ruisselant de sueur, épuisés. Solange essayait de reprendre son souffle. Son corps palpitait encore, secoué d’exquis frissons, Patrice, toujours en elle, cherchait à prolonger leur intimité et les dernières vague de plaisir. Puis il caressa son visage, elle ouvrit les yeux, d’une petite voix elle lui dit :


- Je suis morte ! C’est la première fois que j’ai joui avec un homme. Et c’est avec toi, Patrice. Tu as était merveilleux !

- Tu as été ma première femme depuis que mon épouse est partie. Et, je considère que tu es d’une étonnante maturité. J’ai eu beaucoup de plaisir avec toi.


Pour récupérer, ils s’allongèrent sur le lit qui était près de la grande baie qui donnait accès à la piscine. Ils restèrent ainsi un long moment immobiles, tout nus, à respirer à l’unisson. Solange finit par ouvrir les yeux, lui sourit gentiment. En se tournant vers lui, elle lui caressa le torse. Il se mit sur un coude, avec sa main lui empauma un sein.


Après l’avoir embrassée, il lui dit :


- Cela fait à peine deux jours que nous nous connaissons, pourtant c’est comme si je t’avais toujours connue. J’ai trois semaines devant moi. Puis-je te poser une question ?

- Dès que je t’ai vu au Louvre, tu m’as fascinée, et ensuite je n’ai pas voulu te quitter parce que tu étais seul et malheureux, et ensuite dans un état déplorable. Je crois que j’ai eu le coup de foudre. Qu’elle est ta question ?

- Est-ce que tu veux rester avec moi ces trois semaines ?- après nous verrons.

- C’est vrai ? Oh ! Patrice, Je veux bien ! Nous ferons plus ample connaissance. Mais il me faudra deux jours pour terminer mon roman. Et je pourrai donner ma démission au lycée, pour me consacrer à mes écrits.


- Je suis le plus heureux des hommes !


Et, ils s’embrassèrent tendrement.


Le29 06 2009



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