LE SEXE FEMININ A TRAVERS LES SIECLES

par Théo




Il y a quelques milliers d’années, l’homme ne connaissait pas encore son rôle dans la procréation. Il se sentait exclus, alors que la femme participait à la création de la vie. En ce temps là l’homme en éprouvait de l’admiration. A tel point qu’il prêta à la femme  des pouvoir magiques, qui s’ajoutaient à celui de l’élevage de bébé, tandis que lui était à la chasse.

La femme devenait chef de famille et même chef de clan. Elle guérissait avec les plantes, elle inventait le jardinage, l’élevage, la couture, la poterie, le tissage. Et bien d’autres choses. Surtout son pouvoir érotique faisait naître chez l’homme le désir qui le poussait irrésistiblement vers elle. Dans ses bras il connaissait le plaisir le plus extraordinaire qu’il puisse éprouver. Dés lors, il ne pensait plus qu’à retourner vers elle pour retrouver la même ivresse. Ainsi il devint indépendant d’elle et perdit la maîtrise de son destin.

Probablement que la femme elle-même manifestait un plaisir qui paraissait encore plus violent que celui de l’homme. Elle était fascinante. Peut-être sorcière ? Car elle avait tous les pouvoirs : donner la vie, enivrer l’homme. Alors l’être surnaturel qui a créé le monde, et les humains ne pouvait être qu’une femme, et l’homme primitif en éprouva beaucoup d’admiration.
 
On nomme cela le « matriarcat », où les valeurs féminine prédominent : le respect de la vie, la tendresse, la paix. C’est l’époque de la Déesse Mère.
 
Mais un jour, à la faveur de diverses circonstances, l’homme fit la découverte de son rôle dans la procréation : son sperme est une semence à l’origine de la vie. Alors, tout se renversa : le Dieu Mâle renversa la Déesse Mère et la femme fut réduite en soumission. L’homme organisa le « patriarcat » de sorte que toute l’autorité, tous les privilèges se trouvèrent entre ses mains. Le phallus érigé devint l’emblème de la nouvelle civilisation. La femme perdit tous ses droits, à part celle de produire des enfants. Quant à son sexe, il fut l’objet de tous les mépris et de toutes les peurs masculines. La toison pubienne est aux yeux des hommes une preuve d’animalité ou pire de barbarie. L’intérieur même de la vulve, et à fortiori celui du vagin, ce creux qui saignait, ce sang rendait la femme impure et maléfique. Ainsi, peur et dégoût mêlés inspirait à l’homme quantité de fantasmes. Mais en temps normal, le sexe féminin par sa richesse érotique et par les passions sexuelles qu’il provoquait : désir, jalousie, rivalités entraînait des conflits entre les individus, voire entre tribus.
 
 
Les mâles théologiens chrétiens reprendront à leur compte ces peurs et cette répression. Leur lutte fut à base d’interdits, de culpabilisation, de contrôle par la confession et de punitions par les pénitences. Cela ne devait pas suffire aux mâles religieux. Pendant sept siècles l’Inquisition va poursuivre des millions de femmes sous l’accusation de sorcellerie, alors que leur seul crime était d’être des femmes. Elles furent soumises à la « question », à des tortures raffinées dont les seins, les organes sexuels, en particulier le clitoris sera la cible. Des centaines de milliers de femmes seront brûlées sur les bûchers. L’Eglise a voulu non seulement attenter au sexe de la femme, mais prenant le tout pour la partie, a tenté de détruire la gent féminine, réalisant ainsi une véritable tentative de « sexocide »
 
Notons aussi que Matteo Colomb, le plus grand anatomiste d’occident qui, en 1550, découvrit le clitoris, et pour sa découverte fut condamné au bûcher par l’Inquisition (l’Anatomiste de Federico Andahazi, Laffont 1997) (Je suppose fortement que les femmes l’avaient trouvé bien avant lui.)
 
Le XIX siècle, celui de nos arrière-grands-mères, a été atroce pour la sexualité féminine. Presque  tous les médecins d’Europe, les plus hautes autorités en tête, conseillèrent et pratiquèrent la section du clitoris par bistouri ou ciseaux. Voici quelques-uns de ces furieux jaloux :
 
-         en 1825, le docteur Rozier décrit que les femmes livrées à la masturbation présentent toutes sortes de maladie.
-          En 1827, le docteur Pavet de Courtelle, médecin du collège royal Saint Louis, propose pour les pensionnaires «  des chemises qui descendent au-dessous des pieds, munies d’un procédé que l’on devait serrer »
-         en 1836 le docteur Lallemand écrit un réquisitoire de 1784 pages, en trois volumes, contre la masturbation féminine (quelle débauche !)
-         en 1864 le professeur Broca, l’un des plus célèbres neurologues, préconise devant la Société de chirurgie, de réaliser la suture des grandes lèvres pour « mettre le clitoris à l’abri »
 
J’arrête ici la liste encore longue des docteurs influents qui voulurent s’attaquer au sexe de la femme. C’est Freud, pourtant misogyne, qui libérant les tabous, mit un terme à l’acharnement des médecins contre la masturbation. Pourtant en 1927, un médecin conseille des gants anti-masturbation à faire porter aux enfants la nuit.

 Tous ces siècles anti-femme et anti-onanisme ( anti-masturbation) ont empoisonné la vie sexuelle des humains jusqu’à nos jours. Aux Etats-Unis, 2000 bébés par an subissent encore des réductions de clitoris pour cause « d’hypertrophie » (Augier Nathalie, Femme ! Robert Laffont, 2000). On constate donc que les ennemis du plaisir de la femme ont toujours été des hommes. Les interdits émanaient des pouvoirs, en particulier des pouvoirs religieux, civils et médicaux : prêtres, fonctionnaires, enseignants, médecins.

Tout était conçu au point de vue de l’homme et organisé à son profit. C’est sa toute puissance qui lui fait définir le clitoris comme une atrophie par rapport au masculin, d’où son idée d’un clitoris qui serait un petit pénis insignifiant ( quelle folie !) C’est aussi lui qui décrète que le vagin est l’organe principal qui est fait pour le plaisir de l’homme et pour recueillir le sperme en vue de la production. Car  dans toutes les civilisations patriarcales, le seul but légitime de l’acte sexuel est la procréation.
 
On peut donc comprendre qu’une certaine catégorie d’hommes pratique encore le patriarcat. Mais depuis quelques décennies, beaucoup de femmes ont fait des  progrès positifs. Elles ont bâti leur propre indépendance sexuelle et débarrassé la société d’une partie de l’ignorance et des préjugés qui entouraient leur identité sexuelle. Sexuellement, les femmes semblent de plus en plus convaincues d’être en droit d’obtenir ce qu’elles veulent et, surtout, ce dont  elles ont besoin, moralement et physiquement, dans leurs relations et au travail, qu’elles soient mariées, célibataires ou seules, ou quelles vivent avec une autre femme.
 
Je souhaite qu’elles persistent dans cette direction et qu’elles réussissent à se débarrasser de l’idée imposée par l’homme d’une totale docilité limitant son rôle à l’écartement de ses cuisses.   

12/2/2008

Theo



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