LA SATISFACTION EN SOLO

par Theo




Je réponds à une amie du Net qui a mal pris la chose.Chère amie,



Ce qu’il y a de mieux dans la pensée, c’est sa souplesse. Elle invente, elle imagine, elle suppose, elle se souvient du passé et elle se projette dans l’avenir. Elle se déploie dans l’abstraction. La mienne compare, désire, sépare, et elle combine. Surtout elle m’étonne car elle peut partir dans les directions pas toujours appréciées.

Depuis des mois nous correspondons comme si nous-nous connaissions. Mais nous ne sommes que des mots, des pensées qui circulent sous nos doigts avec agilité. Nous avons compris qu’il se passait quelque chose en nous, une espèce d’alchimie que nous n’aurions pu imaginer. Tout cela semble finit !

Un coup de fil, des paroles qui blessent, qui choquent plutôt, qu’il ne fallait pas prononcer :

« la satisfaction en solo »

Voilà le problème ! Pourtant elle ne manque pas d’arguments en sa faveur – source inépuisable de plaisir -. Mais malheureusement, il y a encore des femmes qui souffrent, à un certain degré, d’une culture qui la met à l’index. Ce préjugé, profondément enraciné, est reflété par la définition et l’usage des mots qui posent problème. C’est ainsi que tu as été profondément choquée par ma question au téléphone.

Je vais être direct. Le fait d’appeler « coït » l’excitation vaginale par le pénis, et « masturbation » la stimulation manuelle du clitoris et de la vulve, t’affecte et te met en colère. Sans parler des hommes, l’immense majorité des femmes comprend parfaitement le mot « masturber » Mais certaines détestent ce qu’il implique. Toutes les activités sexuelles sont légitimes, mais cette activité que presque tout le monde pratique, ou a pratiqué, on l’avilit encore.

Pourtant la masturbation est importante, parce qu’il est toujours possible d’y recourir. Certaines femmes voient dans la masturbation un moyen de parvenir à l’indépendance, et elle n’ont pas peur d’être enceintes ni d’attraper une maladie vénérienne. Ce plaisir qu’une femme se donne toute seule, est important parce qu’il permet à la femme de s’aimer, de s’occuper d’elle-même totalement. C’est une façon toute naturelle de se mettre en relation avec son propre corps.

Il s’agit donc d’une activité normale qui devrait, logiquement, avoir sa place dans la vie de toutes les femmes normalement constituées, à un moment de leur vie. Dernières statistiques sérieuses :

France, Royaume Uni, Allemagne, Russie,Espagne, Etats Unis, Inde, Brésil et Argentine, 90% des femmes se donnent du plaisir selon les circonstances, qui sont : - inassouvies en couple, envies subites, vivant seules.

Mais certaines femmes, tout en se donnant ce plaisir, pour décrire leur état psychologique, emploient des mots comme : mal à l’aise, gênées, honteuse, vulgaire, anormale.

L’autosatisfaction a surtout de l’importance dans la mesure où elle se substitue aux relations sexuelles avec un partenaire. C’est une activité sexuelle comme les autres et doit être considérée comme telle. C’est un événement naturel. Les femmes que j’ai connues, les amies mariées ou non qui se sont confiées ont pratiqué, à un moment ou à un autre, l’autosatisfaction.

Depuis une vingtaine d’années, les femmes des pays occidentaux et probablement d’ailleurs, ont fait des progrès étonnants. Elles ont bâti leur propre indépendance sexuelle et débarrassé la société d’une partie de l’ignorance, des préjugés qui entouraient l’identité sexuelle de la femme.

N’oublions pas la « Déclaration des Droits de la Femme des Nations Unies » qui établit les principaux domaines dans les quels les femmes ont le droit à l’autonomie et à la maîtrise de leur corps, en particulier en matière de sexualité et de procréation.

La majorité des femmes est convaincue d’être en droit d’obtenir ce qu’elles veulent et ce dont elles ont besoin moralement et physiquement, dans leurs relations et au travail. Elles sont plus convaincues que jamais, d’être en droit de choisir un mode de vie qui, pour elles, a un sens et les comble – qu’elles soient célibataires ou seules, qu’elles soient mariées ou vivent avec une autre femme, ou qu’elles soient abstinentes.

La psychologie des femmes a énormément évolué ou, pour tout dire, les Femmes, car l’histoire a censuré, pendant des siècles, tout ce qui touchait à la sexualité féminine, sa connaissance et son fonctionnement. Le déni culturel de leurs besoins sexuels a fait des femmes des individus de deuxième zone.

Je n’ai jamais toléré ça !





Théo



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