LES RADICAUX LIBRES

par Theo





Tout l’Univers, connu, terrestre ou céleste, est composé de particules microscopiques : les atomes.

Un peu de chimie. Les atomes contiennent un noyau ; des électrons se déplacent autour du noyau, généralement par paires. Les radicaux libres sont des molécules réactives qui comportent un électron célibataire. (Il existe des exceptions où les électrons sont transférés sous la forme d’électrons célibataires, mais cela ne concerne pas les radicaux libres)

Elles sont donc prêtes à tout pour lui trouver un partenaire, prêtes en particulier à aller arracher à un acide gras son atome d’hydrogène, porteur d’un seul électron. L’acide gras, ainsi dépouillé, (oxydé) devient à son tour radical libre, et va dévaliser son voisin en lui prenant un des deux électrons périphériques. On appelle ça une réaction en chaîne, très dangereuse pour l’organisme. Cette anomalie endommage les cellules partout dans le corps.

A tout moment, des radicaux libres se forment dans l’organisme. Ils ont pour origine les sous produits de l’oxygène. Le simple fait de s’exposer à la lumière du jour, de respirer, de s’alimenter, déclenche un orage cellulaire dans nos 80 ou 100 mille milliards de cellules. Chacune de nos cellules utilise quotidiennement mille milliards de molécules d’oxygène pour se procurer de l’énergie, mais une petite partie échappe à la combustion pour donner naissance à un radical libre !

Ces radicaux libres sont si redoutables que certains de nos globules blancs, chargés de nous protéger contre tous les ennemis potentiels qui pourraient envahir note corps, sont passés maîtres dans l’art de les produire pour s’en servir comme armes. Grâce aux radicaux libres, ils liquident des bactéries, des champignons, et neutralisent les virus. Mais cette manipulation doit obéir à un contrôle très strict sous peine de se retourner contre ses utilisateurs. C’est ce qui se passe chez les personnes qui souffrent d’inflammations chroniques, comme l’arthrite rhumatoïde. Les globules blancs déversent sans contrôle leurs radicaux libres, entretenant l’inflammation.

A ces sources naturelles, souvent inévitables, il faut ajouter toutes les autres qui nous sont imposées par notre mode de vie, par nos choix alimentaires, par nos stress. C’est également le cas chez les fumeurs, qu’ils soient actifs ou passifs, chaque bouffée de cigarette fait pénétrer 10 suivi de 14 zéros radicaux libres dans les poumons. A ce jour, plus de cent maladies sont attribuées aux radicaux libres.

Parmi les cibles favorites des radicaux libres figurent les corps gras. En s’attaquant au cholestérol sanguin, qu’ils oxydent, les radicaux libres précipitent son dépôt le long des artères, jusqu’à former des plaques qui freinent le passage du sang vers le cœur, et l’infarctus guette. Ils sont aussi redoutés pour leur capacité à atteindre, au cœur même de nos cellules l’ADN, support du code génétique. D’après les spécialistes, l’ADN d’une cellule essuie chaque jour environ 10 mille attaques dues aux radicaux libres. Lorsque des lésions apparaissent sur le brin de l’ADN, elles doivent être réparées, pour éviter que l’anomalie ne soit transmise aux cellules filles. Mais si la quantité des lésions est trop importante, ou si les systèmes de réparation sont eux-mêmes lésés, c’est un code génétique altéré qui va servir de modèle aux futures cellules. Ces cellules anormales peuvent alors proliférer et conduire au cancer. C’est ainsi que les radicaux libres sont à l’origine de nombreux cancers.

Ce sont des réactions de ce genre qui font que le beurre rancit, mais les organismes vivants sont exposés à une oxydation bien plus intense encore.

Avant de poursuivre, il faut savoir que les cellules sont les unités de base de la matière vivante, qu’elle soit animale ou végétale. De forme à peu près sphérique, les cellules ont un diamètre de 25 millièmes de millimètre. Serrées les unes contre les autres, on pourrait en aligner 400 sur un centimètre.

Elles portent en elles les attributs fondamentaux de la vie. Elles sont essentiellement constituées de Protéines. Notre corps en contient des dizaines de milliers de milliards, composées de quelques centaines de types, agencés, avec la plus extrême cohérence. Chaque cellule contient, en moyenne, cent mille milliards d’atomes. Chaque seconde il en meurent des millions dans notre corps, tandis que des millions d’autres se multiplient en se divisant en deux. Les cellules susceptibles de se diviser dans un organisme adulte donnent deux cellules filles qui se divisent à leur tour, ect. Mais le nombre de générations est limité génétiquement et variable selon les tissus. Après un certain nombre de divisions le phénomène s’arrête, du moins pour les cellules normales. Seules les cellules cancéreuses prolifèrent indéfiniment aux dépens des tissus sains.

Pour revenir aux radicaux libres, notre talon d’Achille ce sont les mitochondries, petites organelles contenues dans chacune de nos cellules. Elles sont le siège de nombreuses activités biochimiques : l’oxydation des acides gras (transfert d’électrons pour donner des lipides) ; concentration de fer, de protéines ; production d’énergie, on peu les considérer comme des poumons, car l’oxygène absorbé par la respiration arrive à la membrane cellulaire par la circulation sanguine. Il pénètre dans la cellule et rejoint les mitochondries, où il est utilisé.

La respiration cellulaire EST la respiration, le va et vient de nos poumons n’est que le moyen d’amener l’air jusqu’aux mitochondries. Ces organelles contiennent de l’ADN qui leur est propre, et sont capables de se diviser et leur nombre s’accroît dans la cellule. Elles contiennent la totalité de la chaîne respiratoire, et on peut dire que ce sont de véritables générateurs d’énergie cellulaire.

Présentes dans toutes les cellules, les mitochondries mettent donc en réserve, sous forme d’adénosine triphosphate ( ATP), l’énergie libérée par l’oxydation des molécules nutritives, et interviennent aussi dans son transport sur les lieux où la cellule en a besoin. L’individu compte des dizaines de milliards de mitochondries responsables, chaque jour, de la production d’environ 40 kilos d’ATP, énergie qu’utilisent les cellules pour effectuer tous les travaux nécessaires à leur maintient en vie.

Pour toutes ces raisons les mitochondries, sites sensibles, sont donc les plus vulnérables aux radicaux libres.

Le jeudi 27 mai 2004, des scientifiques suédois ont publié, dans la revue scientifique britannique « Nature », avoir découvert une des principales explications du processus du vieillissement chez l’homme et l’animal.

Depuis trois ans, les scientifiques du Karolinska Institute à Stockholm ont vérifié leur théorie selon laquelle les mitochondries qui convertissent la nourriture en énergie utilisable par la cellule, produisent en même temps des radicaux libres susceptibles d’endommager leur ADN , et pouvaient de ce fait causer de nombreuses maladies associées au vieillissement comme l’ostéoporose, les maladies cardiovasculaires, les cancers, les maladies neuro-dégénératives, ainsi que certaines formes d’anémies.

Dans ces cas, les disfonctionnements des mitochondries sont responsables du stress oxydant qui aboutit à la destruction de molécules par les radicaux libres. L’équipe du Karolinska Institute est la première à avoir prouvé un lien direct de cause à effet. Tout en reconnaissant que ces mutations étaient l’une des principales causes du vieillissement, et que le mystère n’était pas complètement résolu pour autant.

Nos cellules ont mis au point des systèmes anti-radicalaires pour éviter d’être détruites. Le premier système est celui d’une enzyme qui a besoin de zinc ou de manganèse pour fonctionner. Elle transforme certains radicaux libres en eau oxygénée également instable. Un autre système transforme l’eau oxygénée en eau, il utilise le sélénium. Si le fonctionnement de ces systèmes de défense est normal, le danger des radicaux libres est balayé.

Par contre, si ce fonctionnement est perturbé notamment par une insuffisance de sélénium, l’eau oxygéné s ‘accumule et, spontanément, va arracher un électron à un atome comme par exemple, le fer ferreux qui va se transformer en fer ferrique, et l’eau oxygéné se transforme alors en une molécule des plus dangereuses auxquelles nos cellules ont à faire face.

On peut dire que le système de défense anti- radicalaire est donc efficace. Le problème est que les systèmes de défense dépendent de l’alimentation. Une déficience en zinc, en manganèse, en sélénium, en cuivre, est de nature à exclure les systèmes de défense anti- oxydants.

Il faut souligner que les mitochondries sont indispensables à la synthèse des hormones comme la testostérone, les oeustrogènes, et la DHEA . La chute des taux de DHEA est considérée comme une conséquence et non une cause de vieillissement. Ainsi pour être en bonne santé et vieillir dans de bonnes conditions, il est impératif de maintenir les mitochondries dans un état nutritionnel optimal.

Les mitochondries peuvent bénéficier de nombreux anti-oxydants tels les acide gras oméga-6, oméga-3, le sélénium, le manganèse ,le cuivre, le zinc, les flavonoïdes apportés par le monde végétal, les vitamines A,E,C , et B.

Pour prévenir un vieillissement prématuré et retarder le développement des maladies dégénératives qui l’accompagne, tout professionnel de santé devrait aider les patients à se soumettre aux technologies exploratoires mises au point par des laboratoires, permettant d’évaluer d’abord les réserves en sélénium, zinc, cuivre, vitamines E, A, B,C, de l’organisme. On peut également mesurer le stress oxydant des mitochondries par dosages urinaires. D’autre part si les mitochondries ne fonctionnent pas bien, elles arrêtent de transformer certaines molécules qui vont s’accumuler ( pyruvate, lactate) et que l’on peut doser dans les urines.

On pourrait donc vivre mieux et plus longtemps en consommant plus d’antioxydants. Mais les études menées sur les animaux ont permis de constater que les antioxydants connus ne parviennent pas en quantité suffisante aux sites sensibles des mitochondries.



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