LE POIREAU

par THEO




J’étais pelotonné sous mon drap, je lisais le Coran, le livre me tomba de la main et la lumière s’éteignit. Puis je sentis que je me détachai du sol et m’envolai, depuis longtemps je n’avais pas volé en rêve (ni autrement)

Mais cette nuit-là je planai dans les hauteurs d’un ciel rempli d’étoiles, où l’air était frais et agréable.

Je m’élevai au-dessus des lacs et des montagnes, je survolai plusieurs ilots entourés de récifs coralliens de toutes les couleurs. Je volai de plus en plus haut, et je grimpai jusqu’aux nuages, en couvrant de vastes distances.

Je planai donc à volonté au-dessus des montagnes sauvages, heureux de revivre enfin l’émerveillement du vol libre, lorsque quelque chose m’agrippa soudain à la cheville et m’arracha au ciel et me plaqua avec violence face contre terre dans un chemin boueux rempli d’ornières. Il y eut un coup de tonnerre, un éclair illumina le visage d’une fille que je ne connaissais pas. Subitement, une lumière irradia à travers elle, je vis sa présence en plusieurs endroits à la fois, donc elle n’était guère prévisible, je désirai l’approcher, mais elle m’intimidait...

Il y avait une allée bordée de séquoias géants percés d’un tunnel, probablement, pour laisser passer les voitures, mais je n’en vis aucune. Au détour des arbres millénaires, je vis un jardin et un verger magnifiques à perte de vue. La fille était à côté de moi et elle me fit remarquer une splendeur de couleurs… D’époustouflantes gerbes de fleurs explosaient parmi des légumes.  Ces végétaux ne ressemblaient à rien de ce que j’avais pu voir dans la vie.

C’était incroyablement beau !

Je suivis la fille. Elle était vêtue d’un voile translucide bleu-ciel, attaché à ses poignés. Je pouvais détailler à souhait son corps splendide, aux formes harmonieuses. Mais mon désir était à la hauteur de mon sexe. J’avais beau regarder dans les immenses miroirs qui nous entourait par moment : je n’avais pas de sexe, j’étais donc un eunuque. Ce constat me fut pénible.

Je la suivis à travers le jardin, sans me laisser distraire par le mariage des couleurs : rouge groseille et vermillon, parfois des tranches de fuchsia, d’innombrables nuances de vert et de brun. C’était merveilleux, déconcertant et enivrant.

Mais la fille semblait occupée à quelque chose. Elle flottait comme une brise tourbillonnante. Puis d’un seul coup elle s’arrêta devant moi et, me dit :

t-- « Qu’as-tu fais de ta zigounette ? »

Puis elle lévita vers un sentier qui semblait mener jusqu’au fond du jardin. Elle ralentit pour toucher une plante ou une fleur. Elle revint vers moi, elle avait changé de tenue et portait un bleu de travail, un poireau à la main … Elle me dit :

-- « Avec ce poireau je vais t’aider, aujourd’hui sera une journée importante pour toi. »

Le poireau disparu, et la fille aussi. Et il me poussa une belle zigounette avec des bourses. J’étais si content, émerveillé même, que je contractai mes muscles pour faire monter et descendre mes roubignoles. Une subite érection me fit me plier en deux et j’enfournai mon pénis dans ma bouche. J’ai failli m’étouffer. C’est alors qu’une violente toux me réveilla.  Elle ne dura pas. Et vite je portai ma main à mon entrejambe et je fus rassuré de trouver mon pénis au repos comme tous les jours.

? la fin, je me suis levé pour faire ma marche habituelle de sept à huit.

En faisant mes courses je me suis acheté un kg de poireaux… On ne sait jamais…

Ce rêve, je l’ai vraiment rêvé…

9/11/09

Théo



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