LE PALAIS DE L'AMOUR

par Theo





J’ai cité le vagin féminin… La partie du corps de la femme la plus secrète. Vérité de Lapalisse, son orifice d’entrée est placé dans la partie inférieure de la vulve. Son canal s’enfonce profondément au centre du corps, le col à environ à 6 cm, les culs- de- sac vaginaux à environ 8 cm (c’est une moyenne). Le vagin est donc inaccessible au regard et inconfortablement accessible aux doigts, donc souvent peu exploré.

D’après les différentes enquêtes globales seulement un tiers des femmes obtiennent l’orgasme au cours du coït (pénétration du pénis dans le vagin). Peu importent ces chiffres, ce qu’il faut retenir, c’est que l’orgasme par coït n’est pas accessible d’emblé par 100 % des femmes. Car l’homme accède, en général, à l’orgasme dans 100 % des cas et trop rapidement.

Par contre, la jouissance de la femme est assurée, par auto caresse du clito et du vagin, dans presque 100 % des cas. On peut donc se poser la question : la difficulté pour la femme d’obtenir l’orgasme par coït est-elle due au vagin ou au pénis ?

Depuis des millénaires nous avons vécu dans une civilisation patriarcale. L’homme s’est emparé du pouvoir et en a exclu la femme qu’il a réduite en quasi-esclavage, en ayant réduit l’activité sexuelle à la pénétration du vagin. Programme simpliste de l’homme et pour l’homme : pénétration--éjaculation – point final, au mépris des innombrables autres jeux érotiques, dont le clitoris.

Ceci étant précisé, revenons au vagin. Le vagin féminin a des possibilités érotiques étonnantes. La muqueuse vaginale perçoit, le frottement, la pression, le chaud, le froid. Les capteurs sensoriels ont la forme de corpuscules à l’intérieur des cellules épithéliales. Toutefois, il n’existe pas de capteurs de la volupté (les fameux corpuscules de Kraus qu’on trouve sur le gland du clitoris et du pénis). Les capteurs tactiles sont peu nombreux le long du canal. En revanche, ils sont innombrables à l’entrée du vagin et dans les culs-de-sac et donc leur tactilité importante. Une autre source de sensibilité vient de l’épaisseur du fourreau vaginal qui perçoit la distension (le comblement), les tiraillements et aussi les relâchements.

Trois manchons entourent le canal vaginal : le manchon conjonctif fait de fibres élastiques, le manchon musculeux fait de fibres musculaires lisses et le manchon vasculaire fait d’un réseau de vaisseaux à larges mailles. Quand dans un de ces manchons se produit une dilatation ou un relâchement, celle-ci stimule les capteurs d’où naît la sensation de plaisir. Par exemple, en cas d’excitation du manchon musculeux, les fibres musculaires situées à l’entrée du vagin se contractent et forme un anneau autour de la base du pénis introduit, alors que les fibres situées en haut du vagin, dans les culs-de-sac se relâchent et forment une sorte de ballon autour du gland du pénis qui pourra alors s’ébattre à son aise. (Lorsque toutes les conditions sont réunies, et qu’on explore le vagin avec deux doigts enfoncés, on perçoit ce fameux ballon).

Lorsque le manchon vasculaire est repli de sang (turgescent), il constitue une enveloppe plus volumineuse que les corps érectiles du pénis. Le temps de remplissage de ces tissus érectiles est assez long et donc la montée en puissance du plaisir lent mais d’une grande intensité. Le temps de désemplissage (déturgescence) est également long et permet à la femme de faire rebondir ce plaisir.

Les zones exquises du vagin sont nombreuses. Ces points agréables se trouvent près de l’entrée du vagin sur sa paroi antérieure (côté ventre), c’est le point G. Sur sa paroi postérieure, en face du point G, mais vers le milieu du vagin, c’est le point P, rendu plus sensible par sa contiguïté avec la muqueuse rectale, quelques millimètres les séparant. En son fond, dans les culs-de-sac se trouve le point A, à droite de l’utérus, rendu plus sensible par sa profondeur et l’oblicité du vagin Sans oublier le col utérin qui est très sensible aux contacts délicats. Dans toutes ces zones la turgescence multiplie la sensibilité.

Le vagin n’est pas le seul organe concerné par les mouvements des doigts ou du pénis. En effet les mouvements du pénis lorsqu’ils heurte les culs-de-sac vaginaux et le col, se transmettent à tout le bassin : l’utérus est soumis à des mouvements d’ascension et de descente, et à des mouvements de bascule, il se met alors en contraction de façon rythmique, les trompes présentent également des spasmes ondulatoires, les ovaires, la vessie, le rectum sont plus ou moins impliqués. C’est dans ses profondeurs que la femme fait l’amour. Par ses deux pôles orgasmiques principaux : le clitoris (point capital) et le vagin, la femme est très riche en érotisation.

Mais d’après toutes les études qui ont été faites dans le monde entier, on a constaté qu’une femme sur trois attend l’âge de trente ans pour connaître l’orgasme par coït. On peut réduire ce délai en responsabilisant la femme et l’homme.

Il importe donc que la femme prenne en charge sa sexualité sans tabou. Bien avant le premier coït, la femme doit entreprendre l’érotisation de son sexe et particulièrement de son vagin, par l’auto caresse. Elle doit se découvrir, reconnaître ses besoins, ses désirs, et surtout prendre confiance en elle. Elle doit être patiente car la jouissance plénière ( clitoridienne et vaginale) est une longue conquête. Pendant l’acte elle doit être active, et non pas se limiter à l’écartement de ses cuisses. Quand elle désire l’orgasme, elle doit s’occuper en priorité de ses propres besoins. Il est bon de rappeler que c’est la position d’Andromaque qui permet à la femme le plus d’initiatives. C’est du reste pourquoi les macho la refusent, et l’Eglise la condamnait, en prétextant que la femme, être inférieur et responsable de la faute originelle (Eve a séduit Adam), devait être en dessous et subir la loi de l’homme.

Bien entendu, il existe d’autres positions qui sont favorables au plaisir de la femme et de l’homme.

A force de s’occuper de ses besoins, d’être attentive à elle-même, la femme aura conscience de son sexe et particulièrement de son vagin, qui saura capter, le pénis, le retenir, le serrer, le faire glisser, jouer avec lui. Une dernière façon d’être active pour la femme, est d’apprendre à demander à l’homme ce qu’elle aime et comment il peut lui offrir.

Longtemps en Occident, les hommes se sont contentés d’utiliser le corps de la femme, sans l’épanouir, axés exclusivement sur le coït : pénétration brefs, mouvements de piston, éjaculation, scénario auquel ils ont ajouté récemment des préliminaires trop courts. Ils leur restent beaucoup à apprendre de la femme. C’est en harmonisant la dissymétrie entre la sexualité de la femme et celle de l’homme, et en accordant une grande importance psychique à l’activité sexuelle, qu’on trouvera le bonheur érotique. C’est, je crois, le rêve de toute femme.



Retour


www.erotica51.com © 14.03.2003-14.03.2016 - Tous Droits Réservés