ORGASME CLITORIDIEN OU VAGINAL?

par Theo




Divine surprise du désir et du mélange des corps, fulgurance de la jouissance qui plonge les femmes au fond du gouffre, les submerge, jusqu’au point de perdre la sensation d’exister.

Devant le mystère de l’érotisme féminin bien des hommes sont perplexes. Nous ne sommes pas égaux face à l’érotisme, dans la mesure où personne, même les femmes n’en ont pas fait le tour :

- suis-je normale ?

- ai-je un orgasme vaginal ?

- pourquoi je préfère le cunnilingus ?

- pourquoi je préfère me masturber ?

- pourquoi je préfère faire une fellation plutôt que d’être pénétrée ?

- pourquoi j’aimerais lécher la vulve d’une femme ?

- pourquoi j’aime me faire sodomiser ?

Donc, j’aimerais, j’aimerais, j’aimerais...

Que savons nous de l’érotisme ? Nous n’en savons pas grand chose, plutôt pas la même chose. Ce que chacun vit est vrai, mais partiel ! On en voudrait plus. Chacun détient sa vérité en fonction de son histoire, du vécu psychique et corporel, de ses fantasmes, de ses rencontres. Peut-être de la Rencontre qui fut le lieu de la jouissance érotique, ce moment où on ne fait pas seulement l’amour, mais « fait faire l’amour » Etats du corps et de l’âme complexes subtils, variés, que nous pourrons tout en dire, et rien à la fois, sauf qu’il n’y a pas de normes pour jouir en quelques leçons.

Beaucoup de femmes se sentent coupables de ne pas rencontrer, à chaque fois, le plaisir avec un grand P, de ne pas avoir encore connu l’orgasme noble, le vrai, bref : le vaginal, le complet, qui ferait d’elles des femmes complètes. Nous y voilà ! Le clitoridien ou le vaginal ?

L’orgasme de la femme, c’est un mélange de sensations intensément agréables, c’est le plaisir absolu, le soulagement total des ennuis de la vie quotidienne. Donc, une vie sexuelle bien comprise exprime l’amour, la détente, la réalisation de soi, le simple plaisir du corps. Quelle prodigieuse aventure ! Perte du contrôle du corps ; des désirs, des besoins, des choses qui ne seraient pas possibles dans un état normal, sensations extraordinaires qu’elle ne peut pas décrire. Voluptueux, délicieux, sensuel ; n’en avoir jamais assez !

L’orgasme chez la femme est certes différent avec ou sans pénis dan son vagin. Après le célèbre livre de Master et Johnson qui prouvait que l’orgasme féminin était toujours provoqué par une stimulation clitoridienne directe ou indirecte, il existe toujours une confusion entre les termes « orgasme clitoridien » et « orgasme vaginal » Cette confusion persiste parce que nous ne comprenons pas bien notre anatomie ; en grande partie parce que les organes sexuels de la femme, à la différence de ceux des hommes, sont situés à l’intérieur du corps. Les glandes et la tige du clitoris ne sont que la partie visible du système clitoridien, qui est aussi important et aussi sensible, si ce n’est plus, que le pénis, et réagit comme le fait le pénis.

Le pénis a deux racines, appelées « crura » qui se gorgent de sang pendant l’excitation, et contribuent à l’érection. Le clitoris a lui aussi deux grandes racines, à peu près de la même taille que celles de l’homme, et les crura clitoridiens se gorgent également de sang dés le début de l’excitation sexuelle de la femme. De même le pénis contient dans sa gaine deux compartiments, les corps caverneux qui au cours de l’excitation donnent sa forme au pénis en état d’érection. Le système clitoridien de la femme dispose d’une paire de corps caverneux qui, de même, se gorgent de sang au cours de la période d’excitation. Ils descendent sous les lèvres, pour se situer autour de l’orifice du vagin et dans son tiers supérieur. Ils sont connus sous le nom de « bulbes vestibulaires » Des muscles aident à maintenir le pénis en érection. D’autres muscles, chez l’homme se contractent pendant l’orgasme, provoquant l’éjaculation du sperme. Des muscles identiques entrent en action pendant l’orgasme féminin, entraînant une contraction rythmique du tiers supérieur du vagin.

Quand il se trouve gorgé de sang, le système clitoridien, dans son ensemble dépasse en importance les glandes et la tige clitoridiennes dans une proportion de 30 pour 1. L’engorgement total des vaisseaux sanguins du système clitoridien pendant l’excitation sexuelle peut dépasser l’engorgement visible de l’homme. La seule différence est que l’érection masculine se passe à l’extérieur du corps, donc visible, tandis que celle de la femme se situe sous la surface des lèvres vulvaires et autour du tiers supérieur du vagin.

L’orgasme féminin est un réflexe et en tant que tel, il comporte un élément moteur et un élément sensoriel. L’élément moteur est vaginal. Tout le problème tourne autour de la localisation de l’élément sensoriel. L’orgasme est-il déterminé par un frottement du vagin par le pénis, ou est-il produit par un frottement appliqué au clitoris ? Les spécialistes désignent nettement le clitoris. Et beaucoup de femmes aussi.

Ici, je pense apporter une précision personnelle qui ne concerne qu’une des femmes que j’ai aimée. Appelons la Louise. Elle avait une fente très grande. Son clitoris d’une dimension inhabituelle : environ 3 cm de long et 1 cm de diamètre, en érection, il était situé trop loin du vestibule vaginal pour qu’il soit massé par le pénis. Le cunnilingus était de rigueur. Elle obtenait un orgasme violent, assez rapide, par cette pratique, et terminait sa jouissance par une pénétration arrière après masturbation de son clitoris et ses petites lèvres par mon gland. Il est inutile de préciser que cela m’arrangeait parfaitement. Je dois ajouter que lorsqu’elle portait une culotte sous sa jupe ( le pantalon étant exclus parce que trop ajusté) il lui arrivait très souvent, où que nous étions, de me faire comprendre quelle était excitée, soit en marchant, soit en dansant, et encore plus en selle sur une bicyclette. La raison était simple : son clitoris à l’état normal dépassant d’environ un cm du capuchon, était sollicité par les frottements occasionnés par les mouvements jusqu’à l’excitation. Par conséquent elle sortait souvent sans rien sous sa jupe. A remarquer que les minijupes n’existaient pas à l’époque.

Encore une précision importante, les orgasmes les plus agréables, moins intenses sur le plan physique, mais plus délicieux sur le plan affectif, Louise les percevait en pratiquant le coït avec masturbation manuelle de son clitoris. On peut donc avancer, que pendant le coït les femmes auraient des sensations plus diffuses, plus satisfaisantes.

Avec votre permission, je citerais mes amours avec Christiane. Elle avait une vulve de dimension normale, si je puis employer ce terme. Des grandes lèvres bien dessinées et dodues qui enfermaient, comme un écrin, les petites légèrement dentelées. Le capuchon plutôt allongé dirigé vers le vestibule vaginal, mettait le petit bouton, en érection, assez près de l’entrée vaginale. Elle adorait les préliminaires longs et variés qui la mettaient au bord de l’orgasme, puis elle appréciait les positions face à face. Elle pouvait concentrer tout son intérêt sur nos corps et sur ses propres sensations. Là, s’établissait la détente et la confiance nécessaires à la pénétration, aux caresses de la verge sur le clitoris, à sa convenance, qui faisaient monter le plaisir par vagues jusqu’au premier orgasme. Puis, d’autres positions plus excitantes encore, déclanchaient des orgasmes plus intenses ; des contractions rythmées des muscles péri- vaginaux et de l’utérus. Un cri, des gémissements accompagnaient le vécu du dernier orgasme lorsque j’expulsais mon sperme dans son vagin.

Je lui demandais, un jour, si elle faisait une différence entre l’orgasme qui se produisait pendant le cunnilingus ou la masturbation de la vulve et du clitoris, et le coït. Après mûre réflexion, elle me dit à peu près ceci :

« Je sens qu’ils sont différents, mais il m’est difficile de dire de quelle manière. Avec l’orgasme clitoridien les sensations sont concentrées et plus intenses dans la région du clitoris, elles sont plus brèves et me laissent excitée. Quand je fais l’amour avec toi, j’aime sentir ton pénis en moi, les sensations sont plus diffuses et répandues dans tout mon corps. J’aime les deux types d’orgasmes ; mais je préfère ceux que me donne ta verge à ma convenance, et j’aime la sensation de ton corps contre le mien, les jambes entre- croisées. »

Elle n’a jamais su me dire si elle avait nettement perçu l’orgasme vaginal.

A part les expériences que chacun a connues, il faut tenir compte de toutes les expériences sérieuses qui ont été réalisées à travers le mondes par des spécialistes compétents avec la complicité de milliers de femmes, dont les témoignages établissent clairement, dans leur immense majorité, qu’elles sont capables d’avoir des orgasmes, par la masturbation manuelle ou orale, par elles- mêmes ou par leur partenaire. Elles sont très peu nombreuses à jouir par la pénétration ( environ 25%).Cela à été expliqué de la façon suivante :

«Lorsque le clitoris est très près du vestibule vaginal, pendant le coït les poussées du pénis, en allant et venant dans le vagin, exerce une traction sur les petites lèvres bien gonflées par le désir, cette traction mécanique se produit des deux côtés du capuchon clitoridien, par suite de la dilatation de l’orifice du vagin due à la pénétration du pénis. Autrement dit, le clitoris est entouré par la portion de peau connue sous le nom de capuchon qui, à son tour est relié aux petites lèvres. On suppose que, pendant le coït, le pénis en mouvement exerce une traction rythmique et mécanique sur les petites lèvres gonflées et produit la stimulation du clitoris par l’intermédiaire des mouvements du capuchon qui est alors animé d’un mouvement sur le clitoris en érection, finalement l’excitation du clitoris est provoqué par son propre frottement contre son capuchon. C’est absolument vrai que le capuchon sur le clitoris est responsable de l’orgasme. »

Cette stimulation du clitoris ne peut pas se produire dans toutes les positions adoptées quand le pénis en érection pénètre entièrement le vagin. L’élaboration de cette théorie a constitué un progrès en ce qu’elle a éliminé, comme cause directe de l’orgasme féminin, le frottement du pénis sur les parois du vagin.

Il y a d’autres façons, pour la femme, de parvenir à l’orgasme pendant le coït. La femme en position dominante lui donne une liberté de mouvements qui lui permet de rechercher sa propre satisfaction. Assise sur le pubis de l’homme elle peut frotter son clitoris de haut en bas sur la base du pénis enfoncé dans son vagin. Bien sûr, il y a d’autres positions qui permettent à la femme d’avoir son clitoris en contact étroit avec le pénis ou le bas du pubis de son partenaire. Pour la femme, la position est une façon très délicate d’avoir un orgasme. Il faut que le partenaire soit coopératif. Et même s’il l’est, on peut constater que les mêmes causes ne produisent pas toujours les mêmes effets et que si elle change de partenaire, la méthode qui lui plaisait avec l’autre cesse de fonctionner, parce que son corps est conformé différemment ou parce que son rythme naturel n’est pas le même.

En dehors des femmes qui obtiennent l’orgasme pendant le coït (25%), il y en a beaucoup d’autres qui l’obtiennent par la stimulation du clitoris pendant le coït. Cette pratique est très répandue parce qu’elle permet à la femme d’être stimulée au bon endroit, soit par elle-même ou par son partenaire. Donc pour avoir un orgasme en faisant l’amour, la femme a deux façons d’accroître ses chances. La première consiste a essayer d’appliquer au coït les techniques qu’elle utilise pour se masturber. La seconde est d’établir une relation sexuelle suivie avec un partenaire qui est capable de répondre à ses besoins.

Les femmes les plus comblées sont celles qui ont su adapter leurs techniques masturbatoires, sans gène ni honte, à leurs relations sexuelles avec autrui. C’est leur droit sans reculer devant quoi que ce soit. Ou alors il faut qu’elles soient claires et précises dans les demandes à leur partenaire. Le modèle des rapports sexuels qui domine notre culture exploite et réprime les femmes : prélude- pénétration- coït, suivi de l’orgasme masculin comme conclusion, ne laissant que très peu de chance à l’orgasme féminin, et excite souvent la femme d’une façon inhumaine, en ignorant les sentiments sexuels de la femme, sauf ceux qui satisfont les besoins de l’homme.

Aujourd’hui encore, en matière de sexualité, comme en d’autres domaines, la femme en est toujours à attendre des hommes qu’ils leur donnent son orgasme. J’estime que la femme peut se servir de sa main pour se conduire à l’orgasme si l’homme en est incapable. Il n’y a aucune raison que cet orgasme ne soit pas aussi partagé que n’importe quelle autre activité sexuelle. La femme a des droits sur son propre corps. L’homme a bien la responsabilité de son orgasme, pendant le coït il frotte son pénis contre les parois du vagin et personne ne dit que ce comportement est égoïste. Alors que la femme est amenée à solliciter quelque chose de spéciale, une stimulation supplémentaire, qu ‘elle doit essayer de transmettre des messages à son partenaire qui, souvent, n’a même pas conscience qu’il devrait être attentif. Si elle obtient cette stimulation supplémentaire, la femme se sens pleine de gratitude envers l’homme qui a su se montrer si attentif, si sensible. C’est ainsi que les femmes doivent trop souvent se passer d’orgasme, ou faire semblant d’en avoir.

Le sujet traité ici étant inépuisable, il me faut conclure, sans toutefois apporter une réponse positive ou négative à la controverse « orgasme clitoridien / orgasme vaginal »

La majorité des sexologues qui font autorité croient aujourd’hui que les orgasmes féminins sont tous déclenchés par la stimulation du clitoris, quelle que soit la façon dont les caresses sont exercées, c’est à dire par la langue, les doigts de la femme ou du partenaire, pendant le coït indirectement par l’intermédiaire des petites lèvres, ou le vibromasseur, et s’expriment par des contractions rythmées du périnée et de l’utérus, des décharges musculaires à l’entrée vaginale et au tiers supérieur du vagin. Autrement dit la stimulation du clitoris par les moyens que je viens de citer provoquent l’orgasme de la femme qui est ressenti plus profondément dans son corps, autour du vagin. Rappelons ici que l’orgasme est un phénomène psychophysiologique( terme barbare) qui se déclenche dans le cerveau et s’accompagne des manifestations physiques précitées. De même que la stimulation du gland du pénis provoque l’orgasme masculin qui est ressenti dans la partie inférieure du corps et plus précisément dans la zone du périnée.

Au fil des expériences la sexualité évolue et la femme découvre les chemins de l’orgasme qui lui sont propres, par les stimulations et les positions qu’elle préfère. Actuellement seule la qualité du plaisir entre deux adultes consentants a son importance, qu’importe le moyen de l’obtenir.

Le point « G » se situerait sur la face antérieure du vagin (côté ventre) entre 3 et 8 cm à l’intérieur, le long de l’urètre où celui-ci rejoint la vessie. Il a la forme d’une petite boule d’environ un cm qui augmente de taille lors d’une stimulation. Ces dimensions varient d’une femme à une autre. Pour certaines toute la paroi antérieure serait sensible.

Si ce point existait vraiment chez toutes les femmes, pourquoi masturbent-elles plus volontiers leur zone clitoridienne et non leur vagin ? Mystère !

Une enquête publiée récemment par les Américains, explorait la perception du point G . Parmi les quelques milliers de femmes, 66% ont répondu ne sentir une zone dans leur vagin que si elle était stimulée, et leur procurait des sensations de plaisir. Pour les chercheurs Français, le point G est à rattacher au sphincter urétral. L’examen clinique et échographique ainsi que des examens anatomiques des femmes les ont amené à conclure que la sensibilité vaginale s’intègre dans l ‘ensemble anatomique uréthro- clitorido- vulvaire.

Nous sommes loin d’avoir l’unanimité. Il est certain que l’anatomie du clitoris et des lèvres varie d’une femme à l’autre en raison de leurs dimensions, leur forme, l’emplacement et leur texture. Aussi certaines conformations du vagin peuvent empêcher le pénis en action d’exercer une traction sur les petites lèvres et le capuchon du clitoris.

Il n’y a donc que la femme elle- même qui détient le mystère de ce fameux point G. A condition qu’elle en soit consciente, et qu’elle lève ce mystère à son partenaire.

Je terminerai avec la pratique sexuelle de la sodomie. Cette pratique n’est pas exceptionnelle. Elle fait partie des fantasmes masculins. L’homme souhaite vivre cette sensation, le pénis étant plus serré dans l’anus. La femme peut avoir peur de la gène et de la douleur provoquée par la pénétration. Elle peut également trouver cette pratique dégoûtante ou dégradante. Pourtant, il y a des femmes qui trouvent un plaisir certain à se faire sodomiser, par derrière, de plus dans cette position le clitoris peut être manipulé par l’homme ou la femme. Ces femmes peuvent atteindre un orgasme très satisfaisant lors de rapport sexuel qui s’accompagne d’une stimulation clitoridienne, de la masturbation des petites lèvres et de l’intromission des doigts dans le vagin.

Cette pratique ne peut se faire sans le consentement de la femme, et demande quelques précautions.

Voici ce que dit le docteur Albert Ohayon, en 2001, sur le site Doctissimo.fr :

« Cette pratique, ça n’est certainement pas celle qui satisfait le mieux les deux partenaires. Elle fait partie des fantasmes masculins, principalement inspirés des films pornos où les femmes feignent de trouver du plaisir à la chose.

Il y a en effet des récepteurs du plaisir sur la muqueuse anale mais il y a aussi des fibres musculaires qui , étirées brutalement, risquent de se déchirer. Elles forment le sphincter, garant de la continence, qu’il ne faut pas léser. Par ailleurs, la muqueuse annale est fragile. Les processus de cicatrisation sont retardés par le passage des selles et la présence de la flore fécale, bactéries, champignons.. En clair si le partenaire bouge violemment, aussi violemment que s’il était dans le vagin, le sphincter perdra un peu de sa force de clôture. Preuve en est que les sodomies qui suivent sont plus faciles, le sphincter étant plus complaisant. En plus il y a ce risque de fissure. Par contre, les couples qui se contentent de l’intromission simple, immobile, accompagnée de caresses vaginales ou clitoridiennes, limitent les dégâts. Ces informations données à titre indicatif, ne dispensent en rien d’une consultation auprès d’un praticien. »



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