LES CHAMPIGNONS

par TABE





Je me suis revue, moi, Frédérique, en ce matin d’été où tu m’as entraînée a la recherche de prétendues girolles, qui selon toi, auraient poussé dans la nuit au pied des sapins, dans un vallon qui entrait dans une forêt.

Main dans la main, nous sommes partis vêtus de nippes légères, toi, un short et un tee-shirt à trous, moi, une légère chemise et une culotte rouge. Aux pieds nous avions des espadrilles avachies.

- Tu es sûr qu’on va aux champignons, Théo ?
- Oui, oui, tu vas voir, je les sens d’ici !

Orion, le cabot du quartier, gambade devant nous en aboyant après les piafs posés sur le chemin.

La chaleur se pose sur mes épaules, des envies montent dans mes jambes. La caresse de l’air glisse sur mes cuisses et coule sur mon jardin du palais que j’ai laissé poussé, à ta demande.


En descendant le chemin, tu poses ta main au creux de mes reins, manière de me faire avancer (je crois que ce n’est pas tout à fait ça). Je sens effectivement ta main juste posée en haut de mes fesses. Humm !

-Tu crois qu’on va trouver des champignons, Théo?

Il m’a poussée gentiment contre un arbre au bord du chemin. Ses mains sur mes seins, sa bouche sur la mienne ma condamnée au silence. Devant nous s’ouvre la forêt de sapins et de charmes. Théo m’a poussée sur la mousse, je me suis assise à côté de lui. Sentant mon désir et le sien, je me suis posée sur ta verge et mon sexe trempé l’a absorbée.

- Tu la sens ma girole ?

S’il y a eu jouissance, je ne sais plus, le Temps s’est arrêté là, dans l’odeur du bois, dans le silence de l’étreinte.

Après longtemps, nous sommes repartis sous les arbres dans le chemin. Plus bas un ruisseau chaud murmurait sur les cailloux. Ta main a retrouvé mes fesses. Le soleil filtre à peine au travers des branches épaisses des sapins. Un rai de soleil éclaire une plaque de mousse, une espèce de lit d’elfe, qui nous invite à nous reposer.

Dans la semi-obscurité apparaît une vasque en forme de U d’où s’élève une vapeur blanche.

Théo me dit :

« Entre la dedans, je te suis –Avec les vêtements ? – Oui, vas-y ! »

Je sens dans mon dos, ses mains sur mes hanches qui me guident. L’eau monte peu à peu jusqu’à mes genoux, elle est chaude. Elle atteint mes cuisses, puis mon sexe. Je sens sa verge derrière mon dos qui enfle. L’eau est au niveau de mon ventre, le sol sous nos pieds est plat, doux et chaud. Il me semble que nous marchons depuis longtemps quand soudain la brume disparaît. En levant la tête, je vois un rayon de soleil qui tombe sur une île. Théo me dit :

- Vas, vas sur la rive !

Sa voix est plus chaude. Je me tourne, des yeux vifs et rieurs me regardent. Des mains qui se veulent rassurantes me retournent et se posent sur ma poitrine. Je sens la pointe de mes seins se dresser.

Où est passé Théo, je ne le vois plus ! Où suis-je ? Pourtant malgré les changements, je ne me sens pas en danger.

Le sol remonte peu à peu, je touche terre. Devant c’est un bois tropicale. Des fleurs étranges, des feuilles larges et luisantes, des arbres très hauts, une forêt vierge primitive, je n’ai jamais vu ça.

Un sentier tapissé d’herbe rouge s’enfonce dans le bois et je me trouve dans une clairière ensoleillée. Au-dessus le ciel bleu. Quelle chaleur, et pas de Théo !

Des mains douces me déshabillent. Les mains ont disparu, remplacées par deux créatures nues à pattes de chèvres. Sur une sorte de chameau, un faune entre dans la clairière. Tête cornue, barbe en broussaille, torse velu et verge dressée.

A un moment, je me suis étendue, j’ai crié ! Je sens encore son poids sur moi. Je suis baisée par un Dieu. J’ai l’impression de le sentir au creux de mon corps.

Je suis allongée dans l’eau tiède, le regard de Théo interrogatif se pose sur moi. Il me dit :

«Tu es bien, là?»

«Où est la forêt, l’île, le Dieu ? Théo, qu’est-ce qui se passe?»

«Tu as dormi, cinq minutes, je te regardais, tu es si belle! Raconte- moi.»

En remontant, je parle, les mots s’écoulent de ma bouche.

Théo m’écoute, sans un mot.

Le chien qui nous avait attendus gambade derrière les papillons.

Théo me dit :

« Sur ce vallon circule de vieilles légendes. Des femmes se seraient égarées, auraient passé des nuits en compagnie d’êtres surnaturels dont on ne sait pas trop quoi. »

De retour à la maison, Théo a refait surface et il m’a fait l’amour comme jamais.

Après j’ai cherché à comprendre. Rien qui me satisfasse. J’ai pensé aux légendes. Je me suis endormie et j’ai peut-être rêvé, à côté de Théo, dans le bois…

6/07/2013

Théo



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