LAURENCE

par Theo




Brusquement, elle se releva et l'obligea à s'allonger à son tour avant de s'agenouiller au dessus de lui. Elle se pencha en avant pour lui souffler à l'oreille que maintenant c'était à son tour de ne plus bouger

Ses paroles furent suivies d'un petit fourmillement sur sa voute plantaire. Lentement, n'oubliant aucune parcelle de peau, elle fit progresser sa plume sur son corps, revenant parfois en arrière afin de mieux profiter de ce corps qui se tendait sous ses caresses aériennes

Cette lenteur stimulante devint très vite une véritable torture. Il commençait à se tortiller sur place, essayant d'éviter cette plume vengeresse. Plus il se tortillait et plus son sourire s'agrandissait, elle savourait avec joie cette petite victoire éphémère sur lui. Pour être éphémère et petite cette victoire le fut, jugeant qu'elle s'était suffisamment divertie de lui, il resserra rapidement ses bras et ses jambes autour d'elle, la rendant prisonnière de ses membres. Maintenant immobilisée, il reprenait les choses en mains

Il la fit rouler sous lui, et la pénétra lentement. Un soupir de contentement s'échappa de ses lèvres. Doucement il se retira ne laissant que le bout de son sexe en elle, s'attardant à l'orée avant de replonger brusquement en elle. Un petit feulement lui échappa lorsqu'il fut bien à fond. Il recommença son petit manège plusieurs fois, reculant doucement et s'avançant de nouveau rapidement, les faisant monter tous les deux en pression avant de finir par s'immobiliser bien au fond. Il voulait prendre son temps, que cela dure le plus longtemps possible

Elle se mit à gigoter pour lui faire comprendre qu'elle ne voulait pas qu'il s'arrête en si bon chemin bien au contraire. Maintenant qu'ils avaient commencé, elle ne voulait plus que cela s'arrête avant d'avoir atteint l'extase. Mais il ne l'entendait de cette oreille et il attendit que la tension redescende d'un cran avant de décider de son prochain mouvement

Il se retira et la fit rouler sur le ventre avant de la pénétrer de nouveau avec une lenteur calculée, la faisant se tortiller pour le retrouver plus rapidement en elle. Lentement elle le sentit se retirer et revenir instaurant un lent va et vient qui la mis à la torture. Lui demandant dans un souffle d'accélérer, il fit la sourde oreille et continua son mouvement avec toute la lenteur qu'il avait décidé d'y mettre

Au même rythme que celles des entrées et sorties de son sexe, elle sentit le plaisir se répandre dans toutes les fibres de son corps, s'imaginant qu'il en était de même pour lui. Elle rêvait du moment où enfin il exaucerait sa prière et accélérerait la cadence pour les porter tous les deux jusqu'au bout.


II.

Pour le moment, il avait décidé de faire durer le plaisir, ce n'était pas comme cela qu'il voulait jouir et qu'elle jouisse. Il voulait pouvoir la voir et qu'elle puisse le voir, se nourrir du plaisir de l'autre pour augmenter le leur. Mais pour le moment, il voulait que ce soit bon le plus longtemps possible

Elle se redressa sur les coudes, se cambrant au maximum, allant à sa rencontre à chacun de ses mouvements faisant grimper d'un échelon leur excitation mutuelle. Doucement il se mit à l'embrasser tandis qu'il augmentait sensiblement la vitesse de ses à-coups, absorbant ses gémissements directement à la source, se nourrissant de ses petits cris

Il se retira et s'allongea sur le dos, l'invitant un venir le chevaucher. Elle l'enfourcha le regardant droit dans les yeux, instaurant un lien supplémentaire entre eux. Elle le prit en elle jusqu'à ce qu'elle puisse reposer sur lui. Elle le sentait bien en elle et savourait sa présence et sa puissance. Il lui avait redonné le control pour qu'elle les mène tous les deux vers la délivrance

Gardant son regard dans le sien, elle se mit à bouger faisant rouler son bassin d'avant en arrière. Elle vit ses mais se lever et venir se poser sur sa poitrine, les prenant bien dans ses paumes. Elle se mordit les lèvres alors que ses mouvements se faisaient de plus en plus rapide. Il délaissa un de ses seins et vint poser sa main libérée sur son clitoris, lui faisant subir de légères pressions qui visiblement la rendaient folle s'il en jugeait par ses déhanchements de plus en plus frénétiques et désordonnés. Son plaisir à lui avait atteint la limite et bientôt il allait jouir. Mais pas seul, avec elle, pour elle. Rapidement il sentit son éjaculation monter et avant de se perdre dans une explosion libératrice, il pinça son clitoris et son téton qu'il avait toujours en main afin qu'elle jouisse en même temps que lui

Elle sentit qu'il jouissait en elle alors que sous l'effet de ses mouvements et de ses pincements combinés elle partait le rejoindre en criant son prénom. Un dernier sursaut et elle se laissa retomber sur lui essayant de retrouver son souffle alors qu'il la caressait doucement, simple geste d'apaisement après se moment intense. Souplement, elle se laissa glisser à coté de lui avec un sourire épanoui sur les lèvres tandis qu'un autre avait fleurit sur les siennes


III.

Une voix envoûtante. Je viens de lire ton message ou plutôt ton lyrisme. Tu continues à me faire rêver, à porter notre relation dans une dimension qui transcende mon quotidien. Que de bonheur ! Tu me témoignes des preuves d'une amitié presque irréelle. Tu es encore une fleur qui demande à éclore.

Tu aimes les bons parfums et le champagne, c'est l'élixir des amoureux !!! Tu manies les mots avec brio, et c'est à moi que tu les destines. Encore du bonheur !!

Ta voix de jeune fille résonne encore dans mon oreille ; elle sent la fraise tagada et le gâteau au chocolat. A t'entendre, je ne sais plus quel âge que j'ai. Tu me gâtes trop, ma Belle, et tu m'attires de plus en plus.

Tango désir est une merveille, je me vois sur une piste de danse, TOI dans mes bras, ton corps souple s'éveillant au rythme d'une musique mystique. Assez Théo !!

Veux-tu, par un doux privilège,
Me mettre au-dessus des humains ?
Fais- moi boire au creux de tes mains,
Si l'eau n'en dissout point la neige.
Je me plains aux rochers et demande conseil
A ces vieilles forêts dont l'épaisse verdure
Fait de si belles nuits en dépit du soleil.


La vie est aussi un chef-d'œuvre. La nature est un chef-d'œuvre et Toi, tu es mon chef-d'œuvre.

Rien n'est plus fort que Toi dans la beauté du cœur, dans la Beauté tout court. Même s'il n'y a qu'un rêve et une illusion entre nous, le monde est beau. Le soleil est beau. Le ciel étoilé est beau. Je te vois partout ! -

L'Univers est une machine à créer, à fournir des histoires. Et il en fournira jusqu'au bout. Aucune, j'imagine n'a été aussi belle et ne sera aussi belle que la nôtre, parce qu'elle n'existe pas !! Elle est virtuelle. Et pourtant elle existe, c'est le mystère qui la rend si belle. Tu es d'accord, ma Belle ?

Tu as raison, malgré la tentation si près, je la regarderai avec les yeux d'un grand-père. Mais je me sens si jeune !!!!!!

Viens dans mes bras ! Je dépose un doux baiser sur ton front.


IV.

Lettre à une amie (presque muette, mais intelligente, chef d'entreprise de transport , divorcée)


Ma très chère et tendre Laurence. Par la confiance que tu me prêtes, tu viens de lever le pan le plus douloureux de ta vie. Je ne sais comment te remercier pour ce « Don » de ta personne.
Tendre Laurence, j'imagine les humiliations que tu as du subir dans notre monde dépourvu d'indulgence, pétri d'ignorance. Mais j'admire le courage avec lequel tu as su organiser ta vie. Contrairement à ce que tu crois, tu as su mettre en jeu ton identité personnelle qui se trouve dans la bonne connaissance de toi-même, où tu sais puiser ta force, ton inspiration et ton imagination

Si j'ai bien compris, tu es seule avec ton fils. Mais je ne te sens pas tout à fait heureuse car tu m'as écrit ceci :

- Je viens de mesurer à quel point ta présence m'apporte beaucoup pour que je t'écrive tout ça alors qu'il m'aurait suffi de mettre un terme à nos échanges sous un fallacieux prétexte Sur le Net, nos mots s'égrainaient comme des notes de musique, je les lisais en silence, n'osant d'abord pas trop m'approcher de toi eu égard à mon âge qui ne pouvait que te bouleverser, derrière ton écran, et sonner le glas de notre relation, mais toi, dévouée, sensible, honnête, tu as fait face au problème sans issue, sans intérêt quant à ton avenir Quand tant d'autres élaborent les meilleures excuses pour se soustraire aux tâches ingrates que la vie nous réserve, (tu en as eu ta part) toi tu t'en es acquittée avec ton intelligence, le sourire et la gentillesse

Alors, tu t'es interrogée sur cette soudaine attirance. Elle éveillait tant de rêves, tant de douceur comme un songe d'une nuit d'été en toi. Mais je m'inquiétais de voir te délecter, te nourrir de mes mots. Surtout, qu'à présent j'ai réveillé en toi des souvenirs tellement tristes que j'en culpabilise. Je n'en suis pas fier. Ta vérité est pour moi une valeur cardinale

J'écris la fenêtre ouverte, le printemps entre déjà sans bruit, la pelouse lentement prend de la couleur, le ciel est dégagé, l'air s'est adouci. Quelques perce-neige sont apparues, fragiles et timides, jetant autour d'elles un regard étonné en découvrant les premières fleurs rouges du groseillier que le printemps a réveillées. Le charme pyramidal de mon jardin est immobile, frémissant à peine. Peu à peu ses branches se sont étendues, agrandies. Son feuillage, à peine sorti des bourgeons, s'étoffe à nouveau, offrant des espaces de repos bien cachés aux oiseaux fatigués de cet hiver.

V.

Ils sont épuisés après avoir surmonté tant de dangers. Ils se posent sur les branches, près des boules que j'y ai accrochées. Ils sont effrayés par les écoliers qui passent en jouant. Demain, ils reviendront fidèles. Ils feront leur nid dans les niches que je leur ai préparées, et fonderont une famille, et nous entendrons émus les pépiements des petits.

Eternel recommencement de la vie.

Je viens de donner le change, ça renforce l'amitié que je te vénère, et j'accepte que tu te cantonnes à l'écriture. Ne sois pas triste, tu resteras toujours ma petite Amie, chère Laurence. Quand tu voudras, je te prendrai par la taille, tu te blottiras contre moi, nue si tu le désires, et tu y trouveras la force qui te manque quelques fois pour continuer vers le chemin du bonheur.

Demain, debout, tu regarderas la Nature, puis tu marcheras, levant les yeux vers le ciel dégagé de sa grisaille. Autour de toi tout sera inondé de soleil, les gens joyeux te souriront. Tu découvriras que la vie est belle, car il te reste encore tant de choses à faire. Peut-être que dans les yeux d'un homme digne de toi, tu te sentiras belle.

Et, sans comprendre ce qui t'arrive, tu entendras résonner ton rire d'allégresse. Tu découvriras que ta vie est plus belle, tu es jeune, tu oublieras tous tes problèmes, tous mes mots tendres, ignorant que l'amour vers toi, doucement pas à pas s'achemine.

Quant à moi, en attendant demain, j'ai envie de te prendre par la main et t'entraîner vers les berges du sourire pour te changer à nouveau les idées en attendant. Et moi, j'éprouverai quelque chose d'indéfinissable de tendre et, ensemble, nous ouvrirons les yeux vers ces beautés que la nature nous offre avec tant de générosité et d'amour.

Je suis fier que tu restes mon amie, j'aimerais bien t'imaginer le plus près possible de la réalité. Par exemple de quelle hauteur jettes-tu un coup d'œil sur le monde ? Avec quelle force es-tu attirée vers le centre de la Terre par l'attraction universelle ? Je ne te demande pas la taille de ton soutien-gorge, ce ne serait pas convenable Par contre quel est ton plat préféré ?


VI.

A mon tour, je vais te donner d'autres renseignements sur moi.
Je suis un enfant « naturel ». Je porte le nom de ma mère et j'en suis fier. Elle a offert son corps à mon géniteur le jour d'été de ses 21 ans, c'est à dire le 22 juin 1919, et je suis né 9 mois après, à trois jours près. C'étaient des amis d'enfance du même village près du lac d'Iséo, au pied des Alpes, en Italie. Ma maman a résisté des années avant de succomber par une soirée de nuit d'été dans la forêt toute proche. L'époque était différente de celle d'aujourd'hui

Ma mère était l'aînée d'une famille pauvre de neuf enfants. Quand sa mère a su qu'elle portait un futur enfant, et malgré l'opposition de mon grand –père, elle a mis ma mère à la porte.
Elle a pu se réfugier chez sa grand-mère, veuve de surcroît, qui l'a hébergé pendant toute sa grossesse, et même trois années après ma naissance. Ma mère gagnait sa vie en confectionnant, à domicile, des chemises pour une société.

Mon grand-père venait souvent voir sa fille. C'est lui qui a fait les cent pas à la maternité de Brescia, le jour où je vis le jour, le 19 mars 1920, à 10 h 20. Ma grand-mère n'a pas résisté longtemps à la curiosité. Elle a reconnu son intolérance en versant des larmes. J'ai eu une sœur de lait, un bébé d'une voisine de mon arrière grand- mère. Il arrivait parfois que maman me donne le sein en même temps qu'à la petite voisine. J'aurais aimé avoir une photo de ces instants.

Lorsque j'ai eu près de trois ans, (sur la photo que je te joins) ma mère s'est mariée avec un journaliste de 21 ans son aîné. Six mois après, il s'expatriait en France pour échapper à la vindicte de Mussolini (de triste mémoire) Nous l'avons rejoint quelques mois après.

Qui était mon géniteur ?

Instituteur, fils du maire de la commune qui cumulait aussi la plus belle fortune de la région, et qui a exigé de son fils qu'il se marie avec la fille d'un gros cultivateur d'un village voisin. Il a épousé cette fille et lui a fait trois enfants : un fils et deux filles
Ma mère m'en a parlé, toujours en termes élogieux.

J'ai respecté sa délicatesse. Mais pour moi, cet homme était un lâche qui a manqué totalement de respect, de courage au point de se dégrader complètement. Je ne l'ai pas connu, ni même vu, il est mort à l'âge de 65 ans. Ma mère a pleuré.

Qui était ma mère ?

Une femme exceptionnelle. Elle était l'Amour, la Vérité, la Liberté, la Tolérance, l'Intelligence. Elle était tout simplement la Vie, telle qu'on devait la concevoir. Elle m'a tout appris, surtout le respect de la femme.

Voici ce qu'elle m'a appris :

Quand ta route est remplie d'obstacles,
Et que tu n'attends aucun miracle,
Il est permis de t'arrêter
Mais non d'abandonner.
Quand le succès te fuit,
Peut-être qu'à ton insu,
C'est quand tu as tout essayé
Qu'il ne faut pas abandonner.


Tendre Laurence, je te serre dans mes bras. Je te réserve mon énergie à mettre de belles couleurs dans ta vie.

Je t'embrasse respectueusement, mais avec tendresse.

Nous sommes toujours Amis

Merci.

Tabe

5/12/2011



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