LLES FLEURS

par Theo





Ma douce Amie

Aujourd'hui, pendant ma promenade, je me suis passionné des merveilles de la nature, des choses les plus humbles : un rai de soleil sur les petites fleurs au bord du chemin, sous une voûte verte d'arbres, entre ciel et terre.

Ces fleurs sont si belles! Personne ne les sème, personne ne le cueille. Cependant, il n'y a pas, si longtemps, elles représentaient, seules, les joies de la nature. Il y a quelques centaines d'années, avant que leurs parentes, éclatantes et frileuses, ne soient arrivées des Iles, du Japon ou des Indes, elles étaient seules à égayer nos regards ; elles seules égayaient la porte des chaumières, les prés, les parvis des châteaux. Mais ces temps n'étant plus, elles sont détrônées.

On leur fait la guerre sans merci. Le paysan avec la charrue les poursuit; le jardinier les hait et s'est armé, contre elles, de bêches, de râteaux, de houes, de sarcloirs et de binettes. Elles se réfugient le long des grands chemins ; le passant les écrase et les voitures les broient. Malgré tout, elles sont là, permanentes, tranquilles. Elles suivent les saisons. Elles ignorent tous ceux qui cherchent à les vaincre.

Aussi, aujourd'hui, j'ai fait une moisson de marguerites, de bleuets, de boutons d'or, quelques coquelicots, et bien d'autres dont j'ignore les noms, mais toutes aussi jolies. J'en ai fait un petit bouquet qui fut, très apprécié, à la maison.

Pendant ma promenade, la tête dans le ciel, mais les pieds sur terre, mon jardin secret, celui de mes rêves, avait éparpillé mes pensées. Elles allaient tantôt vers ELLE, tantôt vers TOI. Toi tu me fascinais par ta douceur ; elle me chagrinait par son corps meurtri. Ma balance n'est plus en équilibre. Mais je résiste. Ma philosophie me soutient, ton amitié me réconforte.

Tu m'as appris à aimer une amie, et non une femme. Tu me comprends ? N'est-ce pas ? Notre amitié est à l'unisson. Je connais tes émotions, tu connais les miennes. Enfin, presque! Sur cette terre, chaque seconde compte, alors il faut que tu vives, à fond, dans les limites que tu t'es imposées. Ne penses pas à la vieillesse, tu es encore jeune, tu es la plus belle fleur de ton jardin. Et je respire ton parfum.

Avant, tout était simple, maintenant tout est compliqué. Le Destin, je le déteste. Je vis d'espoir, mais je sais qu'un jour, il me laissera choir. Ne fait pas attention, ma Douce! Il faut que je trouve de nouvelles marques.

J'ai tant à faire, je sais m'y prendre ; je sais où sont mes priorités. J'y fais face !

Voilà les inepties que tu m'as écrites: Je sais, je le sens, je le devine, que le jour où je n'aurai plus envie de bouger, plus envie de découvrir..plus, plus, plus...ce jour-là sera le début, de quelque chose, auquel je ne veux pas penser.

A mon âge, que tu connais, je n'en suis encore pas arrivé au point de penser à ces choses. Alors, fais-moi plaisir. Fais appel à tes grandes qualités: ton courage, ton honnêteté, ta sincérité, ton intelligence, ta générosité, ta sagesse...

Je n'ai pas cueilli de fleurs, pour Toi, aussi je t'envoie, un bouquet virtuel, en pensant, très fort à toi.



Retour


www.erotica51.com © 14.03.2003-14.03.2016 - Tous Droits Réservés