LA BEAUTE DU JOUR

par Theo





I. Je me suis réveillé le coeur et l'esprit en paix. Mon sommeil a été profond et réparateur. Ai-je rêvé ? Je n'en ai nul souvenir.

Sabine ne s'est pas réveillée. Il fait tellement chaud dans l'appartement qu'elle n'a que le drap sur elle.

Au petit matin, j'ai voulu voir le jour d'été se lever. Il y avait si longtemps que je n'y avais assisté. Les limbes de la nuit se sont lentement dissipés, étirant leurs nuages sombres en fins lambeaux, échevelés. L'horizon peu à peu s'est éclairci. Comme une lumière douce s'élevant du sol, prenait au fil du temps plus d'intensité, plus de beauté aussi.

Un nouveau jour se lève et je suis tout seul en cet instant à l'admirer. C'est un jour d'été, le premier ! Je suis né le jour de l'été, il y a des lustres de cela. J'ai poussé un cri, peut-être de joie mais sûrement de Vie ! Combien de jours ai-je laissé passé depuis sans les regarder ?

Les ombres se sont dissimulées ; le jour revient en force maintenant. Les premiers chants d'oiseaux se font entendre, stridents pour me réveiller, réveiller la vie qui revient à toute volée, étourdissante, joyeuse, bruissante et, en les écoutant, c'est un chant joyeux à mes oreilles. C'est bien un matin d'été, à l'heure où la nature prend un aspect charmant au réveil, sous un ciel pur que la finesse de l'air rend plus clair et plus proche.

Je sens le souffle du vent se lever, m'envelopper, me caresser, m'entraîner vers cet horizon où le soleil commence à se lever, chassant du même coup la brillante Vénus, l'étoile du Berger, alors que ce n'est que la planète jumelle de la Terre.

Est-ce un hasard si je suis vivant, là, maintenant, " encore " sur cette boule ? Oui ! Car je ne suis pas seul, et qu'autour de moi on a besoin de moi ! Alors, je m'accroche à cette vie, je n'ai pas fini mon rôle, il me reste beaucoup à donner : à mes amis, surtout à ELLE, ma douce amie !

J'ai la certitude ou l'illusion d'être libre. Je ne suis que souvenir, que projet. L'espérance est une vertu qui nous rattache à la vie. Elle est la force qui nous habite et qui anime le " désir " de nous maintenir dans l'existence et de persévérer. Quand ce désir disparaît, le malheur fond sur nous. En revanche, quand il est là, nous attendons tout de demain, en dépit des chagrins, des souffrances, nous nous jetons dans l'avenir avec avidité.

Je me suis levé, me mettant à marcher, sans but, attiré par cette lumière emplissant mon regard devant tant de beauté, retrouvant les odeurs d'un sol reposé, laissant les premiers parfums de fleurs embaumer l'air et m'effleurer.

Je prends le chemin, il ne mène pas au pied d'une montagne mais d'une colline. Il n'est pas aussi long que le chemin qui mène à mon cœur, parfois tortueux, parfois sombre, parfois illuminé de tous les soleils de l'Univers. Alors, il est doux ce souffle de bonheur qui m'accompagne dans mon chemin, il est chaud ce rayon de lumière que je vois briller dans les yeux de ceux que j'aime. Il est précieux ce moment que je partage avec eux.

Ton coeur, ma douce Sabine, est tendre quand il est collé au mien. Ton regard est bleu comme le ciel d'été, parfois turquoise comme l'eau de la roche…alors, je l'aime mon chemin ; je passe de l'imagination à la foi et je franchis avec audace les limites de l'espace et du temps. Ainsi tout est bien et je supporte le reste.

Je fais partie des 80 milliards d'êtres humains qui sont passés sur cette Terre, incapable de savoir à quoi je vais servir. Je ne me poserai donc plus la question : " Mais qu'est-ce que je fais là ? " J'aurais pu ne pas être, si ma mère ne s'était donnée à un " lâche " C'était sa première fois ! Ce jour elle n'a pas eu de chance mais, finalement, elle ne l'a pas regretté car j'était là !

A un moment donné, j'ai eu le sentiment de ne pouvoir aller plus loin, mais je dois grimper cette colline pour libérer certains souvenirs liés au présent et au passé pour ressentir mon évolution, et je veux marcher encore, je n'ai pas les traits d'un vieillard, j'espère toujours car j'ai la mémoire du cœur. Je m'assois. Même si je me mettais à peindre, en cet instant, je sais que je ne saurais reproduire cette étrange luminosité, irréelle, éphémère, fugitive. Quelque chose d'infini que l'on ne maîtrise pas, qui se reproduit chaque fois sous nos yeux, et pourtant qu'on ne remarque pas, qu'on oublie…

Mais toi, ma tendre amie, je ne t'oublierai jamais. Entre nous c'est une affection noble, une affinité de sexe, dues à une certaine conformité d'idées et de goûts. Entre nous, il y a réciprocité, je ne doute point de notre sincérité. Pour toi je voudrais :

- que ton âme voit les choses avec charme et sourire
- que ton coeur s'éclaire et chante
- que tu fasses fête au présent en croyant au lendemain
- que le destin te mette dans ta main l'harmonie, la sérénité, du bonheur et longue vie.

Je suis revenu lentement sur mes pas, les yeux remplis de lumière, et, soudain, en entendant le chant d'un merle, une image fulgurante a traversé mon esprit :

" Les yeux clos, elle gisait sur un lit de fer simplement couvert d'un matelas et d'une couverture. Son visage amaigri dégageait une extrême quiétude. Elle était en robe, chaussée de légères chaussures fermées. On aurait dit qu'elle était prête à sortir, si ce n'était ses mains qu'on avait jointes sur sa poitrine, ses mains couvertes de tâches brunes comme si elles avaient été éclaboussées de peinture.

La tranquillité froide de la mort se dégageait de son corps raidi et froid. Je me tenais, en silence, au milieu de cette pièce qui faisait office de morgue dans la maison de retraite où ma mère s'était installée avec son mari, mon beau-père.

Je me penchai sur son front et l'embrassai. Mes larmes chaudes n'eurent aucun effet sur son front glacé, trop mort….La porte s'ouvrit, une jeune femme, voyant mon désarroi, s'approcha :

-Je vous présente toutes mes condoléances. Si cela peut diminuer votre peine, sachez que votre mère s'est éteinte subitement au milieu du repas de midi. Elle n'a pas souffert.-

Sabine, en pleurs, me tenait la main. Dehors, un merle chantait, variant sa mélodie qui pénétrait dans la pièce par la fenêtre ouverte sur la verte campagne de Lorraine "

Un doux sourire fleurit sur mes lèvres, découvrant la beauté de la vie, jamais identique, toujours renouvelée.

Je suis rentré. Sabine dormait encore. La chaleur l'avait poussée à se découvrir. Elle était allongée sur le dos, une jambe légèrement repliée, avec une main elle repousse encore un peu le drap vers le bas qui laisse apparaître la toison sombre de son sexe, la naissance de sa fente. Ses seins se soulèvent doucement au rythme de sa respiration. Les images négatives qui m'avaient assailli sont chassées.

Une tension érotique flottait dans la chambre. Je me déshabille, et je m'assoie sur le bord du lit. Ce mouvement l'incite à se retourner et, se met sur son ventre, les jambes légèrement écartées, révélant discrètement les lèvres de son sexe. Une vive sensation m'envahit, et je me retiens pour ne pas les effleurer.

Son corps ruisselle de soleil qui entre par la fenêtre, un peu voilé par les volets entre -ouverts. Ses yeux mi-clos n'arrivent pas à donner le change et à me faire croire qu'elle sommeille. Elle se retourne lentement, un sourire aux lèvres. Elle me regarde nu aussi dans la lumière douce du matin. Elle voit mes yeux qui brillent, ma verge déjà tendue de désir.

J'ai envie de sa bouche, de sa peau, de ses seins, de son sexe. Elle écarte ses cuisses….

" Je suis contente que tu sois de retour "

" Je croyais que tu dormais ! "

Elle tourne sa tête :

" Oh là ! Ton gland est tout luisant, j'aime ta verge "

Elle descend ses doigts, écarte ses grandes lèvres.

" Tu vois, je suis déjà à toi "

Son intimité est belle, fascinante, faite pour la jouissance. Je me couche à ses côtés en me tournant vers son magnifique corps, et nous nous livrons à nos jeux favoris des caresses. Les frissons que nous déclenchons sont un émerveillement mutuel. Tournée sur son ventre, je m'active sur ses reins, ses fesses, dans sa raie, entre ses cuisses. Elle veux ma bouche et m'entraîne sur elle en se mettant sur le dos. Je reprends mes caresses sur ses seins, son ventre et je m'égare dans ses chairs délicates. Elle respire fort, émet des gémissements. Premier orgasme ! Je la prends doucement.

Nous sommes entraînés dans un plaisir savouré, dominé par une volupté recherchée, raffinée. Et, enfin des contractions rythmées, involontaires, secouent le corps de Sabine, raidissent le bassin, les fesses, les cuisses. Elle se projette en avant, accompagne mes mouvements, gémit, et aboutit plusieurs fois à un point culminant de plaisir intense. Elle agrippe mes fesses lorsque je m'épanche en elle.

Puis, c'est une soudaine sensation de relaxe, accompagnée d'un sentiment de satisfaction réciproque, de plénitude.



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