CURIOSITES

par Theo





Juin 1990. Arnaud a bientôt quatorze ans. Il habite l'arrière pays niçois, sur le plateau de Saint-Sylvestre, cerné par des collines arborées, disposées en arc, entre le vallon de la Montéga et Las-Plana. De très nombreux pavillons et quelques petits collectifs discrets , s'intégrant bien dans le paysage, ont envahi le plateau. Il y a aussi des maisons simples, gracieuses, construites sur le style rustique du mas provençal, avec leurs murs roses ou ocre, leurs toits débordants, leurs pergolas couvertes de glycines.

L'école primaire et le collège, implantés dans un parc, occupent le point central du quartier. Ce mardi, Arnaud quitte le collège et rattrape Claire qui sortait d'une autre classe. Ils habitaient les dernières maisons, au bout du chemin qui tournait, à droite, après l'épicerie. Arnaud s'arrête devant un olivier, au bord du chemin.

-Pourquoi tu restes debout pour faire pipi ?

Claire pose la question à Arnaud en train de se soulager. Sa voix était douce, légèrement, hésitante, dominée par l'idée de crainte. La question qu'elle venait de poser avait eu, un effet brusque, sur son sphincter et lui coupa le jet. La réponse n'était pas facile. Voyant son embarras, Claire vient à son secours :

- Tu sais, tu n'es pas obligé de me répondre. Ce que je n'arrive pas à comprendre, c'est pourquoi vous ne faites pas, comme nous, les filles.

Ils se remettent en route. Il lui dit :

- Tu as onze ans passés et tu ne sais pas ? Il faut qu'on en parle. Je peux te monter, mais il faudra que tu me montres, aussi. Tu es d'accord?

Elle hésite, et finit par accepter. Il la prend par la main et l'entraîne dans un lopin de vignes abandonné. Une cabane était dressée, au fond, juste au pied de la colline. A l'intérieur il y avait une paillasse encore convenable, une table et un banc. Elle était abandonnée depuis que son propriétaire était décédé. Claire, inquiète, lui demande

- Que veux-tu faire ?

- Nous ne ferons rien de mal. Mais, si tu veux savoir, il faut que tu ôtes ta petite culotte et que tu t'accroupisses comme pour faire pipi. Après, je descendrai mon short et mon slip. Alors tu comprendras que nous ne sommes pas faits pareils.

La curiosité l'emportant, Claire s'exécute. Comme elle ne voulait pas retirer ses chaussures, elle écarte bien les bords de sa culotte, pour ne pas la salir, quand elle y passe les pieds. Elle pose sa culotte, sur le banc, et reste debout, les bras ballants, sans bouger. Sa robe bleue la couvre jusqu'aux genoux. Tout en débouclant sa ceinture, Arnaud lui demande de soulever sa robe et de s'accroupir. Elle le fait mais les cuisses serrées. Arnaud défait son short, il est en slip. Il lui demande d'écarter ses cuisses. Sans en comprendre la raison, elle lui obéit. A la vue de sa fente imberbe qui se présente à mesure qu'elle écarte ses cuisses, Arnaud a une forte érection. Il jette son slip et s'approche d'elle. Son pénis s'érige presque à la verticale. Claire éprouve un sentiment de gène, mais n'arrive plus à détacher, son regard, de cet organe tout raide. Avec deux doigts, Arnaud le pointe, vers elle:

- Tiens, tu peux toucher.

Elle avance sa main avec précaution et pose ses doigts sur le gland décalotté. Il lui dit :

- Tu peux l'empoigner, tu verras, c'est dur.

En le faisant, elle ose lui dire :

- Maintenant, je comprends. Il est chaud et raide, mais la peau est douce. Comment tu fais pour bien marcher ? Comment tu l'appelles ?

- On l'appelle pénis ou verge; il porte d'autres noms, mais les garçons le nomment zizi. Il est raide parce que je savais que tu n'étais pas faite, comme moi, et que la vue de ta fente me fait des choses que je n'arrive pas à expliquer. Mais autrement, il est plus petit et mou. Maintenant, c'est à moi de te toucher, pour voir ce qu'il y a, dans ta fente. Tu vas t'allonger, sur la paillasse, écarter tes cuisses et plier tes genoux vers ta poitrine. Tu m'as promis que tu me montrerais!

Elle avait l'impression de vivre un moment capital. Elle avait du mal à croire qu'un autre corps puisse être différent du sien. De là provenait sa curiosité et le désir de vérifier. Elle avait promis et elle fait ce qu'il lui demande. Lui, savait que les filles étaient différentes, et Claire lui donnait l'occasion de voir cette vulve, qui avait provoqué son érection.

- Je peux toucher ?

- Oui !

Il écarte les deux bourrelets, de part et d'autre, de la fente, et découvre deux replis de chair rose, qui se terminent, en haut, par un petit renflement. Il touche cette chair délicate, légèrement humide et chaude et glisse son index, plusieurs fois, entre les replis. Un frisson parcourt le petit corps de Claire. D'une petite voix, elle chuchote :

- Arrête, Arnaud, tu me chatouilles.

Il interrompt son manège et son érection disparaît.

- C'est parce que tu ne me touches plus que ton zizi s'est couché ?

- Oui !

Ils se rhabillent et partent. De retour sur le chemin, il s'informe :

- A présent tu sais pourquoi nous faisons pipi debout et non accroupis !

- Oui ! Je sais que les filles sont faites comme moi; je l'ai vu dans les toilettes de l'école.

- Il y a des filles qui ont des poils autour. Tu sais pourquoi ?

- Ce que je sais, c'est que bientôt, peut-être l'année prochaine, tu en auras aussi. Toutes les femmes et les grandes filles en ont.

-Toi aussi tu as des poils, mais pas beaucoup.

- C'est normale, je commence à avoir un peu de barbe.

Tu sais que nos parents sont timides, avec nous, quand il s'agit de sexe. Alors, ce que nous avons fait, aujourd'hui, c'est notre secret. Nous n'avons fait rien de mal, et tu as appris des choses importantes. Il ne faudra en parler à personne. Je veux que tu me le jures!

- Je te le jure, Arnaud. Alors les garçons ont un zizi et nous, les filles, nous avons une moule. C'est Annie qui nous l'a dit, et aussi que c'était le sexe. On en parle souvent à la télé. J'ai demandé à maman ce que ça voulait dire, elle m'a répondu que c'était ce qui permettait, aux filles et aux garçons, de faire pipi.

COMMENTAIRES

Certaines personnes seraient scandalisées, en lisant ce que je viens d'écrire. (Je leur pardonne car elles n'ont pas été affranchies). Et pourtant c'est la vérité même. Ce qu'il faut exprimer avec force, c'est que nous, les adultes, sommes de grands enfants, donc les enfants sont des adultes, en puissance. Ils ont leurs fantasmes, leurs rêves. Depuis la naissance jusqu'à la mort, la nature biologique de la femme et de l'homme reste la même. Bien entendu, elle est influencée par la culture qui varie d'une société à l'autre, et d'une époque à l'autre, si on veut faire référence à la culture historique. Elle peut aussi être influencée, par la santé, chez les uns et les autres. La curiosité, chez l'enfant, l'emporte presque toujours sur les interdits nombreux, et souvent stupides que les adultes leur imposent. Les enfants ont l'imagination fertile et des désirs sexuels qui s'apparentent à ceux des adultes, sans toutefois atteindre le même degré de pulsion, d'originalité et de besoins.

Faute de maturité, ils sont encore bridés dans leurs besoins. A cela s'ajoutent l'éducation, les interdits, les silences des adultes. Leurs glandes encore endormies, mais prêtent à remplir leurs fonctions, se réveillent un peu plus tôt ou un peu plus tard, selon l'organisme de l'enfant. Et les inattendus... qui marquent un certain dérangement dans le cours ordinaire des choses. Dés le plus jeune âge, les glandes fonctionnent, mais à un niveau tel qu'elles influencent d'abord faiblement le comportement sexuel de l'enfant. Mais avec l'âge, et bien avant la puberté, ces manifestations se font plus pressantes.

Pendant la période de transition entre l'enfance et âge adulte, très variable suivant les individus, l'adolescence est vécue comme un grand bouleversement, par des changements, tant physiologiques que psychologiques, transformant l'enfant en adulte. Au fond, cette période redoutée, est-elle si redoutable ? Certainement pas si les adultes responsables avaient la sagesse d'en informer l'enfant de ce qui l 'attend aux différents stades de son évolution.

Nous, les adultes, savons pour l'avoir vécu que la raison, les conventions, et l'éducation, sont des barrières fragiles que le premier contact anéantit en un éclair. Les filles sont les premières concernées.

Toute femme qui se propose de parler d'elle et de son rôle dans la société, peut raconter son histoire de petite fille, de jeune fille, et l'histoire de ce qu'elle a subi à cause de son sexe. Lorsque petite fille, elle découvre qu'elle a quelque "chose, en moins, que les garçons", personne ne la rassure sur la valeur, oh ! combien sérieuse de son propre sexe. Il faudrait donc la rassurer qu'elle a d'autres choses aussi importantes.

Si certaines petites filles ont découvert, très tôt, la différence anatomique entre elles et les petits garçons, d'autres n'ont jamais eu cette possibilité, et pourtant elles se sont rendues compte de la supériorité qu'on prête aux garçons. Elles se sentent victimes d'un conditionnement négatif, persuadées d'appartenir à une espèce inférieure.

Les fillettes trouvent bien des obstacles insurmontables, sur leur chemin, uniquement, à cause de leur sexe. Depuis le début, on leur inculque la pudeur. L'organe féminin est moins apparent, il existe pourtant, mais on l'ignore, volontairement. On peut dire que la sexualité du petit garçon est montrée et acceptée, tandis que celle de la petite fille est passée, sous silence, inexistante. Il est vrai que l'organe sexuel masculin est plus visible que l'organe féminin, et susceptible d'exhibition qui suscite, souvent, l'hilarité et, parfois, la curiosité et l'intérêt lorsque son sexe est en érection - phénomène qui se produit à un âge très précoce.

Lorsque le nourrisson a exploré son corps, avec ses mains, il arrive de saisir ses organes génitaux, et trouve un beau jouet pour s'amuser. La petite fille ne trouve rien d'aussi évidant; Les petits garçons et les petites filles parviennent, pourtant, à la même période, à s'amuser avec leurs organes génitaux, en y trouvant un plaisir certain. Mais nous, dans notre société, nous arrivons à mieux tolérer les activités érotiques du petit garçon, alors que, la petite fille est tenue, en bride. On prétend qu'une petite fille peut, très bien, devenir une femme sans vivre sa propre sexualité, alors qu'on ne peut devenir un homme, si on ne la vit pas pleinement. (1)

Certains des épisodes, les plus importants, de la vie d'un enfant se produisent aux toilettes des écoles, surtout que ce lieu est privé et est à usage multiple. C'est là que surviennent les premières découvertes importantes des différents sexes, découvertes qui suscitent les premières questions et les premiers gestes d'exhibition, et que se nouent des dialogues et des faits intimes entre les enfants, que s'ébauchent des situations très délicates.

L'éducation des enfants ne devrait pas consister à former les filles soumises au modèle masculin mais faire en sorte que chaque enfant ait la possibilité de se développer de la façon naturelle qui lui convient le mieux, indépendamment du sexe auquel il appartient.

Il est temps de réhabiliter la condition de la femme en modifiant la philosophie machiste des hommes que l'église catholique a toujours entretenue en multipliant les moyens d'éducation désuets et de répression à l'encontre du sexe féminin : ainsi la femme doit procréer et doit obéir au mari. Il s'agit d'une hiérarchisation des sexes avec prévalence masculine. C'est une discrimination négative. On cite souvent la chasteté des religieux, mais rarement la déviation pédophile dans ce milieu.L'église, encore très influente, compte, dans ses rangs, des gens qui sont fermés et qui se permettent de juger. Mais, heureusement, la jeune génération se pose des questions et ne croit plus à la création du Monde en sept jours. Elle n'accepte plus que l'église lui impose, comme auparavant, leurs valeurs par la loi, la dictature. Le dogme aberrant et contraignant commence à s'effriter.

D'un autre côté, il est réconfortant de constater que le temps commence à jouer en faveur des femmes. Elles jugent les hommes. Elles reconnaissent qu'ils commencent à changer. Mais pas encore assez vite. Elles aimeraient aussi que leurs performances sexuelles durent plus de trois minutes. Alors les hommes cherchent les nouvelles règles de la virilité.Pour vivre au côté des femmes qui s'épanouissent, l'homme sent qu'il doit s'adapter. Il se rend compte qu'être un homme n'est plus seulement dominer, mais comprendre et participer. Les femmes prétendent que les hommes vont perdre le pouvoir, mais toujours aussi indulgentes, elles les imaginent fragiles, gentils, courageux et même ambitieux. Alors !!! Tout peut s'arranger

.(1)- On sait qu'une grande majorité des garçons se masturbent ( très souvent aussi à l'âge adulte) mais on en savait moins sur le compte des filles. Depuis les travaux de Masters et Johnson et ceux de Hélène Singer Kaplan,( le bonheur dans le couple et Une nouvelle thérapie sexuelle- R. Lafond) les sexologues ont tendance à considérer la masturbation féminine comme indispensable à la découverte et à l'épanouissement de la sexualité, et la proposent même comme thérapie des anorgasmies.

Selon les enquêtes menées à travers le monde occidental, 80% des adolescentes de 15 ans se seraient déjà masturbées. A l'âge adulte bien des femmes abandonnent cette pratique si elles trouvent satisfaction avec leur partenaire. La masturbation n'est pas nocive. Elle est une façon naturelle de se mettre en relation avec son propre corps, et ne doit pas donner lieu à des sentiments de honte.Les femmes se masturbent pour s'endormir ou pour atténuer leurs douleurs menstruelles, d'autres simplement pour libérer leur tension sexuelle. ( Rapport Hitte- Collection Réponses -R. Lafond).

La masturbation est donc bénéfique pour la femme. Elle est le moyen le plus rapide et le plus sûr d'accéder à un orgasme intense en stimulant le clitoris et la vulve. En permettant l'exploration et la découverte des zones érogènes et des sensations voluptueuses qu'elle procure, elle abrège l'apprentissage de la sexualité, toujours plus long chez les femmes, et favorise, par la même occasion, l'épanouissement sexuel du couple. Une meilleure connaissance de ses propres réactions sensuelles permet à la femme de mieux guider son compagnon, elle lui montre, ainsi, le chemin du plaisir.

Les statistiques sont éloquentes : sur 204 femmes qui n'avaient pas pratiqué la masturbation pendant leur adolescence, 94 % se sont révélées frigides pendant la première année de leur mariage, contre 13 % seulement d'un groupe témoin qui s'était livré à la caresse auto-érotique (Tordjman- La femme et son plaisir.) La femme est revalorisée sur le plan de sa féminité et la rassure sur ces capacités à jouir. Elle est libérée d'une dépendance trop stricte au coït qui n'est plus considéré, dans beaucoup de couples, comme l'unique voie qui conduit au plaisir.



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