LES COULEURS DU TEMPS

par Marie





Sur le trottoir, nos regards se croisent, puis incrédules, se fixent puis se sourient. Il y a dans cette rencontre, quelque chose d'étonnant qui fait se retourner, les passants. Trois générations différentes. Tu t'approches et mon cœur bat, violemment. Je garde, au fond de moi, le rayonnement surprenant de ton regard qui me fixe longuement. Les gens passent et pourtant nous paraissons seuls sur le trottoir de la gare.

Nous marchons, tranquillement, oubliant, peu à peu, la foule disparatre. Il y a, dans mes yeux, de l'étonnement et de l'émerveillement, comme dans le regard d'un enfant qui découvre une surprise. Mes yeux parcourent, en silence, ton visage, à la recherche des couleurs du temps où je te lis comme l'aveugle de ses doigts sur les lignes de la vie .

Quand ton regard se fait lointain, j'imagine de légères vagues s'échouant, en silence.

Tes mains demeurent sont sages et immobiles. Tes yeux pétillent en me racontant des passages de ta vie. Je te souris complice. Tu possèdes un charme étrange auquel je ne suis pas insensible. J'en oublie le temps qui nous sépare quand tu me souris et pourrais t'écouter des heures durant.

Aux souvenirs de doux moments, tes lèvres s'étirent, tes yeux se plissent et rient. Les couleurs du temps sont présentes, aujourd'hui, dans mon esprit, en me rappelant tes sourires. Quand tu racontes, je t'imagine, ta main parcourant le ventre d'une femme, caressant, doucement, l'intérieur de ses cuisses. Ta voix se fait plus tendre à l'appel de tes souvenirs. Puis tes yeux brillent de plaisir.

Parfois, je vois des ombres passer, dans ton regard, mais tu les chasses, rapidement. Tu as, deux jours, pour te détendre et oublier ce qui t'oppresse. Tu observes le feuillage jauni que l'automne vient de toucher et ton regard balaie l'herbe encore luxuriante. Sur une pelouse, une pie sautille, vêtue d'une tenue élégante, dans son habit queue de pie. Il fait beau et déjà je soupire. Les couleurs du temps projettent des ombres sur les visages engourdis par le soleil et le temps a passé si vite. Il est temps de repartir…

Ton train t'attend. J'observe ton regard qui me paraît plus triste. Une gravité soudaine vient de l'envahir. Tu me murmures des mots, que j'ai peine à comprendre, derrière ta vitre. J'aimerai poser ma main sur ton visage pour adoucir ton coeur, en cet instant. Il y a tant de beauté dans ton visage, aux couleurs du temps, que ce souvenir illumine, aujourd'hui, ma vie comme un soleil qui brille.

Marie 5.10.2004



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