AI-JE EU UNE BELLE VIE

par TABE





La bataille de Marignan. Aujourd’hui Melegnano, ville à 16 km au sud-est de Milan eut lieu les 13 et 14 septembre 1515 et opposa François premier de France et ses alliés vénitiens aux mercenaires Suisses qui défendaient le duché de Milan.

J’ai eu une belle vie, à ma façon...

Heureusement, elle était là pour soigner ma blessure au ventre, c’était 1515, à Milan dans un château. Là, assise à mes côtés, elle veillait sur moi, moi qui l’avais enlevée à sa famille, après l’attaque de son village.

Sa longue chevelure noire flottait sur ses épaules.

Du haut de la colline dominant son village, de ce matin d’été, sur mon cheval Orion, je l’avais vue. Je regardais cette jeune femme. De loin. Je ne puis expliquer pourquoi je ressentis ce désir pour elle. Peut-être ce corps jeune, fin mais point trop. Perché sur ma monture. Je ne la quittais pas des yeux. Mes compagnons me regardaient, personne n’osait interrompre mes pensées. J’étais le chef.

Les soldats, piétons de ma troupe, forte d’une centaine d’hommes, attendaient aussi. Sans mot dire mais avec le sourire des guerriers. L’excitation d’avant le combat. Cette silhouette m’excitait bien plus qu’un combat qui était gagné d’avance.

- Que personne ne touche à cette fille ! Je la veux.

Dans le village en contrebas, la petite troupe armée qui s’organisait, la course des femmes vers le bois qui bordait le village.

C’est à cause d’elle que je fus clément et interrompis rapidement la curée de mes hommes.

Je descendis de cheval, je la cherchais. Nous fouillâmes les maisons et soudain, un soldat ressortit en tenant une furie par le bras. Sans doute avait-elle lutté, car sa robe de lin était déchirée sur le devant. Je vis ses seins. Elle avait une peau mate, soyeuse et brillante de sueur. Des seins ronds, fermes. Le désir me reprit.

Je m’avançai vers elle. Ses seins me captivaient. Elle allait être à moi..

Je me penchai et la saisis au poignet. Mon gant de cuir gratta la fine peau de son bras, elle rugit de colère. Elle était là, debout devant moi, poitrine offerte, soulevée au rythme de sa respiration haletante. Son regard me toisait, elle m’insulta.

- Partons, dis-je, il n’y a rien ici.

À l’époque, les gens simples étaient dociles, habituelles victimes des guerres entre seigneurs. Ils passaient de l’un à l’autre, c’était leur vie. Je ne voulais d’autres mains sur elle que les miennes. Je voulais que personne ne puisse soupeser ses seins, baiser ses tétons, tenir ses hanches.

Elle prit place derrière moi. Comme elle refusait de me tenir, je lançai ma monture au galop. De peur de tomber, elle finit par se soumettre et enfin, je sentis ses mains se placer sur mes hanches. J’avais finalement épargné son village et je sentis rapidement que mes hommes m’en voulaient.

Je décidai cependant de rester tranquille quelques temps au château. Je n’avais pas encore parlé à cette fille. Elle restait muette et je ne savais que lui dire. Ma passion ne fléchissait pas.

Elle dormait dans ma chambre sur une paillasse, bien que j’aie discrètement ordonné qu’on ajoute une couche. Jamais je n’avais autant attendu avant de consommer une femme. JAMAIS !

Je dus ordonner quelques attaques durant l’été pour satisfaire mes vues politiques et surtout stimuler ma troupe qui devenait nonchalante, faute d’action. Elle assista à tout, à mes côtés. La rage du début était passée. Cela devenait autre chose. Mais elle ne me parlait toujours pas. C’est dans la bataille du 14 septembre que fus blessé au ventre mais rien de grave.

Octobre arriva et les premières neiges. J’avais fait retirer la couche que je lui destinais dans ma chambre. Le froid devenait pinçant. La nuit, au chaud sous mes couvertures de peau, je l’écoutais grelotter et gémir sous la morsure du froid.

Une nuit, quelque chose me réveilla. Je prêtai l’oreille. Je perçus une respiration puissante, un soupir, des frottements de tissu. La lourde porte de ma chambre ne pouvait être ouverte sans bruit.

La pleine lune délivrait une lumière blafarde et le rideau de peau laissait passer un rai de cette lumière glaciale. Je levai la tête et observai la pièce vers l’endroit où elle dormait. J’aperçus une forme mouvante.

Je compris. Le gros drap grisâtre la couvrait en partie. La couverture de peau avait glissé au sol. Elle était à quatre pattes sur sa couche de paille. Son corps bougeait. Elle murmurait des mots que je ne compris pas pendant que son corps ondulait.

Elle avait la tête tournée vers le mur et, sans le savoir, m’offrait la vue de sa croupe agitée de spasmes.

Sa robe de nuit avait glissé sur la sensible cambrure de son dos. J’aperçus la forme d’un sein lourd qui balançait au même rythme que sa croupe. Le drap, je voulais qu’il glisse encore pour me laisser voir ses fesses que je n’avais pas encore visitées. Son corps, depuis le premier jour, me faisait envie. Je le voyais cette nuit dans un état dont j’aurais aimé être la cause, car elle se donnait un plaisir solitaire.

C’était la première fois que je voyais ça. Mes conquêtes n’avaient jamais osé ça devant moi. Le drap glissa. La lune éclaira un fessier rond, charnu. Une ombre séparait ses fesses. Son corps n’était qu’ombres et lumière blafarde.

Je bandais. Mon désir pour cette gueuse me tendait. En d’autres temps, j’aurais bondi pour la posséder immédiatement. Mais je voulais voir son plaisir.

Je vis son bras se crisper entre ses cuisses. Ses cheveux fouettaient l’air. Soudain, elle se figea. Vision du diable !

Le dos cambré comme jamais je n’avais vu.

Elle s’effondra, gardant la croupe levée. Lentement, elle tourna la tête vers moi. Elle me regardait...

Je pris conscience de ma main autour de ma hampe. Je jouis sous ma couverture de peau. Je sentis la chaleur de ma semence sur le dessus de ma main. Je ne pus retenir un bref gémissement.

Son regard ne me quittait pas. Elle eut un sourire étrange.

Elle s’allongea. Je fis de même. Je l’entendis se tourner.

Je restai un long moment, songeur, à contempler la voûte de ma chambre...



Retour


www.erotica51.com © 14.03.2003-14.03.2016 - Tous Droits Réservés