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TOI QUI A PARTAGE MA VIE

Offert par Erotica51



De désillusion en désillusion, de déception en déception, le cœur d’une femme se referme doucement, hermétiquement, comme une huître. J’avais choisi de partager ma vie avec toi dans la joie, mais j’ai le cœur brisé une nouvelle fois. Faut-il se contenter derrière les persiennes fermées, de voir les heures d’une vie devenue vides s’écouler, sans plus sourire.

Est-ce ce monde-là que l’on nomme l’illusion du bonheur ? D’une belle femme au sourire enjoué, tu as fait de moi une femme au regard lourd de tristesse, en découvrant que tu me mentais une nouvelle fois. Aimer n’avait jamais eu de sens pour toi. Je t’avais dit un jour que ta soif de séduire te perdrait mais tu n’y croyais pas.

Mes chansons sur mes lèvres fermées, depuis, se sont estompées ; la joie et le bonheur ont quitté mon sourire. Ma joie de vivre un beau jour est partie. Mon appétit de vivre aussi s’est laissé grignoter par la jalousie. Le lit que nous partagions est devenu pour nous deux soudain trop petit. Je me suis levée, te recouvrant les épaules une dernière fois.

Tu dors et sur ton visage flotte ce sourire pour lequel tu m’as fait tomber amoureuse de toi. Sur le mien, ce sont des larmes qui s’écoulent à l’infini. Tu es heureux alors que je suis si triste. Ton regard ne s’éclaire plus en me voyant sur le pas de la porte en t’attendant. Je suis devenue une gène dans ta vie ; un poids lourd que tu traînes ; une femme dont tu t’es éloigné sans que l’on en prenne conscience.

Les disputes se sont faites rares entre nous ; à quoi bon. Tu ne comprends pas que je lis en toi comme un livre ouvert depuis. Ta vie est devenue un tissu de mensonges ; la mienne est devenue une plaie béante depuis qu’elle m’a appelée, m’a tout dit. De plus en plus, la télévision a remplacé nos silences maudits. La chambre n’est plus qu’un lieu ou chacun rumine sa colère ou sa peine comme un champ de ruines. Les murs peu à peu sont devenus si étroits que j’ai l’impression d’étouffer. Ta vie a basculé ailleurs. La mienne n’est plus qu’un torrent de pleurs la nuit. Tu ne vois même pas combien mon corps et mon visage s’amenuisent. Ma vie n’a plus de rêves, plus d’avenir, les rires en sont partis. Plus de tendresse, rien que des soupirs quand tu rêves d’Elle sans voir combien je me sens triste.

J’écoute ton souffle dans la nuit, si paisible alors que le mien est broyé dans un étau de chagrin. Mais tu ne vois rien, tu n’entends rien. Tu as vraiment tout détruit. Nous ne faisons plus de projets, ne parlons plus de rien. Nous sommes devenus deux étrangers qu’un immense fossé a fini par séparer. Nos faces à faces semblent devenus inévitables alors que je voudrais soudain te fuir. Tu ne dis rien mais tu fais pire : tu évites mon regard lourd de reproches, n’osant plus croiser le mien.

Est-ce cela une vie, me suis-je demandé, pleurant en silence dans la nuit, incapable de retenir cette douleur. Est-ce ce silence que les couples partagent alors que j’ai soudain la vision d’un avenir, sans plus aucun espoir d’un rapprochement entre nous.

Cette nuit était notre dernière nuit ensemble. Tu l’ignorais, partageant tes rêves avec une autre, croyant être plus heureux avec. Ma patience est devenue aussi sensible qu’une corde prête à craquer. Cet homme que je croyais aimer n’a jamais existé mais je n’en prends conscience que ce soir. Tu m’as menti pour la dernière fois, d’une façon dérisoire. J’ai découvert un homme pitoyable capable de passer une vie à mentir. L’homme que j’admirais est devenu un homme qui vit deux vie et ignore encore qu’il vient de tout détruire entre nous.

Tu dormais si bien. Ton torse se soulèvait en cadence alors que mon cœur se déchirait douloureusement. Demain, tu l’ignores mais tout sera fini entre nous. J’ai renoncé cette nuit à continuer de t’aimer ; je suis lasse de souffrir, de devoir encore te partager. Tes mensonges ont fini par tout détruire. Quand tu te réveilleras, je serai partie…sans un mot, sans rien te dire.Tu nous aimes autant l’une que l’autre, m’as-tu avoué, avant de t’endormir. Je ne te partagerai pas, ma décision est prise…Je ne te partagerai plus car j’ai pris la décision qu’entre nous tout est fini…Au petit matin, j’ai ouvert la porte, doucement.

L’aube s'était levée. Les oiseaux avaient commencé par s’éveiller, un à un. J’ai encore dans les oreilles leurs pépiements de plaisir. J’ai encore l’impression que mes jambes refusaient de me porter, d’avancer, de te quitter. Allons, il fait presque jour, il est l’heure de partir. Je ne dois pas faiblir. Je n’ai pris en m’en allant qu’une toute petite valise. Je ne veux rien garder de toi. Il me reste trop de larmes versées cette fois, à emporter en souvenirs.

J’avançais d’un pas mécanique, comme si une main me poussait dehors malgré moi. Je savais que ma survie était à ce prix, si je ne veux pas mourir de chagrin.

Je me retourne une dernière fois, la maison s’amenuise dans le rétroviseur. Les cerisiers sont devenus plus petits ; J’emporte une dernière chose que tu ne me prendras pas, que je ne te laisserai plus détruire : ma Vie.



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