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SEULE FACE A MOI-MEME

Offert par EROTICA51



Quand nous sommes tristes, malheureux, mal dans notre vie, nous nous réfugions chacun dans quelque chose : la nourriture, l'alcool, la vitesse au volant, la violence verbale, les larmes, la peinture, l'écriture les longues randonnées, le sport à outrance, des crises de colère, etc...

Quand j'allais trop mal, après la perte de ma fille, je me réfugiais des heures entières, dans deux choses indissociables pour moi : la musique et l'écriture. Apres ce drame, j'avais besoin de me retrouver face à face, et réfléchir pour comprendre ce qui s'était passé.

Des gens sont venus me voir. Mais six mois après. Même mon amant semblait s'être brusquement volatilité. Ma meilleure amie n'est jamais revenue me voir alors que nous étions comme deux soeurs jumelles. Des années plus tard, j'irai lui en demander la raison : Elle a eu peur que ce drame arrive aussi à ses enfants ! Je reconnais qu'écoeurée, je ne suis plus jamais la revoir...face à tant de stupidité.

Six mois ou je plongeais entre mes larmes et un sommeil sans fond, comme si j'étais murée moi même entre les murs d'une tombe. Six mois en oubliant immédiatement les rares visites que je recevais, trop tard... Je m'étais repliée sur moi même, incapable de soutenir une conversation, n'ayant qu'une envie de les voir s'en aller. La seule chose qui les intéresser était de me voler les photos de ma fille ! Je les observais sans rien dire, incapable de réagir, serrant les points d'une colère justifiée. Puis, partis, je notais le nom et la date à laquelle je les avais vus fouiner dans mes affaires. je ne voulais pas oublier, espérant que ces photos, ils me les rendraient.

Avec le temps, j'ai étais surprise par la bêtise de certaines personnes. Quand on me demandait comment j'allais, je répondais : comme une mère qui vient de perdre son enfant. Des personnes que je prenais pour des amis à cette époque me firent la réflexion que je ne riais plus. Incrédule, j'en arrivais à leur souhaiter le même drame pour voir s'ils réagiraient, différemment, s'ils arriveraient à garder le sourire après la mort brutale d'un enfant ? Le monde qui m'entourait était devenu un monde fait d'incompréhension. J'étais blessée par leur regard apitoyé que je fuyais comme la peste...

Je ne sortais plus, ne mangeais presque plus, ayant un mal fou à trouver le sommeil mais refusant tout médicament. Pourquoi faire ? ai-je dit à mon médecin. Ces pilules miracle ne me rendront jamais mon enfant ! Je dormais en moyenne trois à quatre heures, à peine. Le reste du temps, je m'étais remise à la peinture à l'huile, que j'avais abandonnée, i l y avait si longtemps. La musique m'apaisait pendant que je peignais inlassablement, arrivant enfin à faire le vide dans mon esprit. Quand je m'arrêtais, après un bref regard à ma montre, il était 4 heures du matin, l'heure de son accident...Je sentais inconsciemment qu'il valait mieux peindre durant ces moments que me réveiller hurlant de désespoir, rêvant de son accident...

La peinture et la musique furent durant tous ces six longs mois, ma seule échappatoire et le seul adoucissement à ma vie. Aujourd'hui, je sais pourquoi j'écris ceci; pour vous faire passer ce message si lourd de conséquences : n'abandonnez jamais vos amis dans des moments aussi terribles ...C'est TROP inhumain !


13/05/2007



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