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REVERIE

Offert par Erotica51



Une nouvelle semaine commence. La baie est grande ouverte, laissant entrer l’air frais. J’aime ce lundi qui commence plein de lumière. L’air est doux annonciateur de printemps.

Il flotte dans l’air ce quelque chose d’indéfinissable qui incite à la rêverie…

Mon esprit est apaisé, laissant derrière lui ces questions qui l’embarrassaient.

Mon cœur est calme, plein de paix. La vie continue d’avancer, comme ces pages sur lesquelles je dépose mes pensées.



La musique que j’aime emplit la pièce laissant les notes danser, légères. Le café est bientôt prêt. Son arôme emplit ma pièce plein de légèreté.

Il me tarde de le savourer, au calme, à l’abri loin des tempêtes, laissant la musique me bercer…

Le monde tourne pendant que je rêve….

Je rêve à cet inconnu, derrière ma fenêtre, dont j’imagine les traits ; ses mains glissent dans sa chevelure d’un geste en arrière.

Il ne me voit pas, ne me connaît pas, ignore que je l’observe. Ses yeux se portent au loin. Il parait indécis, regarde sa montre sans se presser puis se décide.

Où va-t-il ?

Il vérifie que sa portière est bien fermée. Lève les yeux comme s’il se sentait observé.

Je me recule, cachée derrière le fin voilage qui me permet de demeurer une inconnue en train de le regarder.



Il reste debout sur le trottoir, incapable de se décider. Jette de brefs coups d’œil dans la rue, attend sans se presser.

J’ai peur soudain qu’il s’en aille. Un inconnu sous ma fenêtre laisse son esprit rêver. Je ne suis qu’une femme qui l’observe, qui a déjà peur de le voir s’en aller.

Soudain je me précipite vers la porte, la fermant rapidement à clé, dévale l’escalier, me précipite dehors…

Il est là, venant de traverser.

Interdit, il m’observe, me découvrant essoufflée, sourit l’air amusé puis s’avance…

Quelques mètres nous séparent à peine. Sa main se tend… Je secoue la tête, incrédule. Mon rêve serait-il en train de se matérialiser ?

Ma gorge parait soudain bloquée. Il ne semble même pas étonné de ma présence. Ses lèvres s’entrouvrent et me chuchotent :



- Je vous attendais...



II. Auguste.



J'étais passé des milliers de fois dans cette rue. Je vous voyais dans votre jardin, belle et épanouie comme vos roses. Je vous voyais monter dans votre voiture.

Quelquefois, je vous suivais de loin.

Quelquefois, j'avais demandé à l'un de vos voisins à quel moment vous reveniez le soir.



Un jour, j'avais même lu votre nom sur votre boîte aux lettres. J'avais cherché votre numéro dans l'annuaire.

J'avais fait le numéro, décroché le combiné et l'avais aussitôt reposé.



Que pourrais-je bien dire à une aussi belle dame dont je connaissais les allées et venues.

Dont je connaissais le nom. Dont je connaissais le travail.



Savez-vous, qu'un jour, j'étais entré dans votre organisme. Que j'avais vu votre nom sur une plaque.

Mon coeur avait battu la chamade et j'étais reparti.

La dame de l'accueil m'avait rappelé. J'avais fui comme un voleur, le rouge aux joues.



Aujourd’hui, me voici devant vous, intimidé, les joues rougies, comme un adolescent intimidé.



III. Erotica51



- Bonjour, vous ai-je dit, en souriant pour vous mettre à l’aise. Voulez-vous vous asseoir ? en vous désignant le siège devant moi



- Je…



- Prenez votre temps…Voulez-vous un café ? J’allais m’en préparer un …

- Oui, merci, aviez-vous répondu en vous raclant la gorge avec difficulté



Je vous avais tourné le dos, un bref instant, préparant deux tasses, en un instant, espérant vous mettre à l’aise. Je vous sentais intimidé et ne voulais point vous effrayer. Alliez-vous oser me parler ?

Je vous avais aperçu quelques fois dans ma rue. Etait-ce bien l’effet du hasard ? Je commençais d'en douter.



Vous regardiez la tasse de café d’un air pensif, en tournant votre cuillère dans votre café.

Qu’aviez-vous de si embarrassant à me dire ? Je n’osais vous pousser dans vos retranchements. Il me fallait vous faire lever les yeux pourtant et croiser mon regard pour rompre ce pesant silence.



- Le café était bon ? Vous ai-je demandé en vous adressant un sourire apaisant

Je reçus en retour un sourire éblouissant, comme soudain libéré de toute spensées inquiétantes...



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