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OSMOSE NOCTURNE

Offert par Erotica51



Il y a des rencontres, parfois, que l'on ne devine pas, que l'on ne contrôle pas. Quelques mots parsemés, ici et la, vous surprennent, vous intriguent et vous donnent envie de dialoguer avec un inconnu que l'on ne connaît pas.

Savais-je ce qui m'attendait cette nuit là ? Je répondais, brièvement, comme si, déjà, je sentais que quelque chose d'inhabituel allait se passer. Ses phrases étaient d'une beauté à couper le souffle. Je ne savais que lui dire, soudain, effarouchée, pressentant, inconsciemment, où mes réponses pouvaient m'entraîner.

Très vite, nous nous somme pris au jeu, amusés, interrogatifs, avides de curiosité, derrière nos écrans, chacun désirant en savoir plus sur l'autre, intrigués, émerveillés par cette osmose que l'on découvrait. J'appréciais ses remarques intelligentes. Il devinait souvent mes réticences par la brièveté de mes réponses. Etonnamment, ma défense s'est mise à se fissurer. C'était une perle que je découvrais, émerveillée, dans un océan devenu sombre où souvent, je m'ennuyais.

Le bout de mes doigts me brûlait, tant j'allais vite, à lui répondre. Je devinais ses sourires dans ses réponses. Ses interrogations qui demeuraient puissantes. Je continuais à dialoguer, charmée, souriant, de plus en plus, derrière mon écran. Cet homme soudain m'intriguait. Allions-nous passer toute la nuit, à tapoter sur nos claviers ?

Ce fut lui qui, le premier, me proposa de continuer cette conversation , au téléphone. Joueuse, je m'amusais à le taquiner, lui donnant, un à un, les numéros qui le composait. Il en faisait tout autant et je le découvrais redoutablement patient, me laissant jouer, oubliant, volontairement, le dernier numéro que je lui demandais de deviner. Le temps passait, glissant dans la nuit, en silence. J'aimais cette conversation virtuelle avec cet inconnu qui venait de me captiver. J'abdiquais en lui donnant le numéro manquant. Il en fit tout autant. Puis j'éteignis mon écran, attendant, nerveuse, son appel...

Anxieuse, soudain, je m'interrogeais. Il y avait une telle entente entre nous que je craignais d'être déçue, par sa voix. La magie de cette rencontre allait-elle s'arrêter brusquement? Quand il m'appela, je serrai le portable, nerveusement, lui répondant, d'une voix enrouée, par l'émotion, qu'il déclencha, immédiatement. Je me mis à sourire, soudain, soulagée. La magie continuait, étrangement. Il déclencha, durant ces quelques heures de conversation, mille émotions, me faisant passer du rire, aux soupirs, des larmes quelquefois sur des sujets, trop graves qui m'empêchaient de lui répondre, la gorge nouée, affamée de tout connaître de lui.

Il devinait, mystérieusement, mes silences et mes attentes. Il percevait cette quête dans mes réponses, continuant, inlassablement, de m'interroger. La nuit, doucement, nous enveloppait, créant, autour de nous, un doux écran d'une complicité partagée. Je me sentais ébranlée, par cette voix qui me troublait, étrangement. J'étais ravie de son rire joyeux, qui lui échappait et me parvenait suivant mes réponses. Je percevais au fond de lui, une indicible souffrance, quand sa voix s'abaissait, vibrant suivant les souvenirs que mes questions éveillaient.

Les heures s'étaient écoulées. Ma fatigue, mystérieusement, s'était envolée. Nous restions reliés, par ce simple fil qui nous permettait de dialoguer, le sentant si proche, comme s'il était à mes cotés. J'aimais ses éclats de rire, irrépressibles, qu'il laissait parfois échapper. Mis en confiance, nous nous confiâmes, dévoilant des blessures que l'on croyait enfouies à jamais. Je découvrais en lui une écoute étonnante; une sensibilité émouvante comme s'il cherchait déjà à me protéger. Emue, mon émotion transparaissait en lui répondant. Il était cet inconnu que j'avais recherché, vainement ; qu'inconsciemment, j'attendais.

Sa voix était chaleureuse et réconfortante. Je me sentais, si proche de lui, que cela en était étourdissant. Le temps passait sans que nous ayons conscience, ayant tant, soudain, à nous dire, à nous confier, n'arrivant à nous quitter.

Il se faisait tendre, charmeur, respectueux de mes réponses ou de mes silences, n'osant me pousser plus loin, dans mes retranchements. Je frémissais en l'entendant et c'était comme si soudain, ses mots me caressaient, en silence. Les yeux fermés, je l'écoutais, savourant cette magnifique connivence.

La nuit s'était écoulée et je savais que nous allions devoir abréger cette passionnante conversation. Les mots se bousculaient dans mes pensées. C'était, soudain, comme si, depuis toujours, je le connaissais, qu'une étrange tendresse nous unissait, que notre désir se découvrait. Troublée, je passais mes doigts sur mes lèvres, en imaginant son baiser. Il m'attirait irrésistiblement et le savait. Il possédait une intuition qui m'ébranlait; sa délicatesse me soufflait. Cet inconnu m'émouvait, me laissant, étonnée; celui-ci me dénudait, avec une vérité stupéfiante, dans le silence de ma chambre, où je m'étais, réfugiée, pour me confier.

En l'écoutant, je me suis remise, doucement, à rêver. Il me faisait vibrer, je ne pouvais le nier. Est-ce qu'un jour, nos routes allaient se croiser ? une vérité criante se faisait jour, en silence. Nous rêvions, l'un et l'autre, de nous rencontrer. Nous nous somme séparés, à regret, vers 5 heures du matin, doucement, à regrets, le regard émerveillé d'une telle chance de s'être rencontrés, émus de devoir se quitter.



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