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MA PREMIERE DECLARATION

Offert par Erotica51



Peu à peu, mes souvenirs se font plus précis. Pourquoi certains évènements se sont-ils fixés dans ma mémoire ? Existe-il une période de notre vie où nous sommes plus sensibles ? Sans doute. Ces premiers pas dans la Vie auront tracé aussi la route à suivre.

Je suis rentrée au lycée Godard Roger à Epernay. Sauvage, je plonge mon nez dans mes livres en étudiant sérieusement. Bien que jeune, j'ai faim d'apprendre, de comprendre ce qui se passe dans d'autres pays. Un jeune garçon attire mon attention par son sérieux et sa soif d'apprendre, lui aussi.

Il se nommait Bertrand. J'ai oublié son nom de famille; tout ce que je me souviens, c'est qu'il était brun, assez timide et se mélangeait, peu aux autres, sauf quand il ne pouvait fait faire autrement durant les cours de sport.

J'avais du mal à grimper à la corde lisse. N'ayant pas assez de force dans les poignets, je faiblissais rapidement et finissais par me laisser glisser au sol, malgré de nombreux essais. Un jour, Bertrand s'approcha de moi et m'expliqua pourquoi je n'y arrivais pas. En le regardant faire, je compris très vite ce que le professeur de sport avait omis de m'expliquer. Qu'il suffisait d'entortiller son pied pour se mettre en appui dessus et ainsi réussir à monter à la corde à la force du poignet, sans s'épuiser.

Quand j'arrivais pour la première fois en haut, je pleurais de joie. Je me laissais glisser en bas rapidement, m'arrachant la paume des mains. Bertrand m'attendait en bas, en sautant de joie. Son plaisir était communicatif.

Très vite, quand l'un était en difficulté, l'autre l'aidait. C'est ainsi que toute l'année, lui fut premier, parmi les garçons et moi, première des filles. C'était vraiment stimulant de travailler ainsi ensemble.

Un jour où j'étais assise en train d'écouter le professeur de français, la fille derrière moi me tapa dans le dos, me glissant un petit mot, discrètement. Malheureusement, la prof s'en aperçut et exigea que je lui remette.

Rouge de confusion, je l'entendis clairement annoncer devant tout le monde, d'un air goguenard :

"Marie, je t'aime. Bertrand "!

Je n'osais pas me retourner pour le regarder mais je sentais son regard fixé douloureusement sur ma nuque. Qu'importait les ricanements des autres. Ces deux petits mots m'avaient bouleversée d'une joie immense.

La vie nous a séparés mais j'aurai aimé dire à Bertrand que je ne l'ai jamais oublié...

17/1/07



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