.">

LETTRE D'ADIEU D'UNE AMANTE

Offert par Erotica51



Gigi d'Alessio

Elle s'était installée à son bureau, les yeux perdus dans le vague, un court instant. Elle savait que sa décision était définitive.

Elle posa gravement ses doigts fins sur le clavier, sachant qu'un jour, il la lirait.

Etait-ce important de lui faire comprendre ou chacun s'était trompé, finalement ?

Elle hésitait mais ne dit-on pas que l'écriture est salvatrice pour cautériser les plaies ?

Elle fit glisser sa main dans ses cheveux longs, les rejetant en arrière puis poussant un soupir, se lança :

Monsieur

J'omettrai volontairement votre nom, prénom et pseudo, par discrétion mais vous vous reconnaîtrez, je le sais.

Il y a de cela un an, vous êtes devenu mon amant.

Je n'étais pas en quête d'un nouvel homme mais mon corps affamé m'a entraînée, vers vous, inconsciemment.

J'ai éprouvé au début beaucoup de retenue à me confier à vous. Votre façon de voir l'âme des gens m'effrayait et m'attirait en même temps.

Vous n'étiez pas beau ni attirant et pourtant je suis devenue votre amante. Mes sens émoussés par une trop longue abstinence ont fini par me faire craquer.

Vous fûtes un bon amant, résistant, mais réfractaire à toutes innovations en matière de sensualité. La lassitude a fini par nous accompagner. Le net a fini par nous séparer, vous laissant, à nouveau, vous égarer vers d'autres proies, plus alléchantes ; vers d'autres conquêtes imaginaires que vous devrez un jour rencontrer, devant affronter le réel.

Vous étiez immature, en quête de sensations. Vous manquiez d'amour et de tendresse. Je vous ai rendu confiance en vous, trop sans doute, vous laissant croire que vous pouviez me manipuler à votre guise.

A maintes reprises, vous vous êtes trahi. Vous vous êtes pris pour un homme irrésistible mais ne l'est-on pas toujours derrière un écran ?

Puis commença à s'ébaucher la découverte de vos mensonges, m'ouvrant enfin les yeux. Vint cette fille, qui sonna sans prévenir à votre porte, que je découvrais, pour la première fois de ma vie. Ensuite tous ces coups de fils qui vous firent rire, si bêtement, d'un rire niais, que je découvrais soudain affligeant.

Doucement se créa, entre nous, un vide immense, fait de silences impressionnants. Que ce soit dans notre vie comme dans notre lit.

La source de nos éclats de rire avait fini par se tarir.

Pour la première fois, la trahison venait d'entrer dans ma vie. Au début, amère de vous découvrir si laid, si infâme, j'ai versé des larmes, ébahie par votre violence verbale et vos cris devenus hystériques.

La seconde fois, j'ai serré les dents, sans plus répondre, évitant toute nouvelle escalade de votre violence. La troisième fois fut pour moi, une décision devenue définitive : J'ai pris la porte, calmement, sans vous répondre, sortant à tout jamais de votre vie.

Adieu, Monsieur, vous fûtes un amant qui ne dura qu'un an, en dépit de votre méchanceté et reflexions blessantes.

Sans vous, ma vie a retrouvé tout son bon sens. Mes yeux, à nouveau, se sont remis à pétiller. Mon sourire est réapparu. Vous ne me manquez pas, soyez-en soulagé, du fond de votre conscience.

C'est aussi le seul texte que vous aurez su m'inspirer, malheureusement, ce qui démontre combien j'ai été peu touchée par votre manque de sincérité; me devenant soudain, indifférent.



Retour




http://erotica51.com © 14.03.2003 - 14.03.2018 - Tous Droits Réservés