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COUP DE FOUDRE

Offert par Erotica51


L'ascenseur s'ouvrit, libérant des gens pressés de sortir, de retrouver leurs habitudes, leurs activités. Il attendait, patiemment, que s'écoule la houle, regardant sa montre, craignant d'arriver en retard. Vingt heures! trop tard ! Pour la première fois, il était en retard ! Il fronça le sourcils, mécontent. Il s'avança, impatient, trébuchant contre deux mains, levées devant lui, comme pour se protéger.

Surpris, il s'arrêta, soudainement, dans son élan, contemplant ces mains, fines et délicates, aux ongles longs, discrètement, nacrés, des mains tendres, raffinées. Il leva les yeux, oubliant son rendez-vous, découvrant celle qui se trouvait devant lui. Un visage ovale, délicat, aux traits fins. Des lèvres pleines, fermes, aussi rouges qu'un beau fruit appétissant.

Il leva les yeux, découvrant son regard. Il ressentit un choc devant ses yeux immenses, d'un bleu étrange, où dansaient des flammes vertes, qui vous fixaient, intensément. Surpris, il tenta d'avaler sa salive avec difficulté. Elle le regardait, paraissant toute aussi étonnée, détaillant, avec avidité, son visage, ses grands yeux sombres, son demi sourire qui se dessinait, malgré lui, en se sentant, l'objet, d'une telle attention.

Combien de temps restèrent-ils, face à face, sans se parler, en s'observant, se dévorant, avec avidité. Ils ne le surent jamais. Ils semblaient suspendus, dans le temps, immobiles, comme pétrifiés, sans se soucier des gens, autour d'eux, qui les regardaient, d'un air surpris. Elle bougea, la première, se déplaçant, soudain, de son champ de vision, prête à le contourner :

- Pardon, murmura-t-elle, d'une voix douce

Il recula, subjugué, la regardant passer, s'en aller, s'échapper vers un monde où il était étranger. Interdit, il la détailla d'un air affamé, comme pour graver en lui, cette dernière vision, regardant sa démarche dansante, s'effacer, lentement.

Il était sorti, de l'ascenseur, lui aussi, sans même s'en rendre compte, ressentant une étrange souffrance de la voir partir, s'éloigner, s'échapper, à tout jamais.

Comme mue par un pressentiment étrange, elle se figea, se retourna, plongeant ses yeux lumineux, dans sa direction et le plus doux des sourires apparut, sur ses lèvres, éclairant son visage, d'un jour nouveau. Elle leva la main, lentement, l'agitant doucement, dans un ultime adieu.

Il la regardait avec une telle intensité, n'arrivant pas à croire qu'elle s'en allait, qu'elle partait, qu'il pourrait ne plus jamais la revoir. Et sans réfléchir, il s'élança, d'un air déterminé, allant vers elle, en courant, sachant, enfin, ce qu'il voulait.

Plus que quelques mètres, quelques pas. Il lui sourit, l'emprisonnant dans ses bras, en la faisant virevolter, tourbillonnant, l'un contre l'autre, joyeusement, découvrant son rire éclatant de bonheur, pour la première fois.



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