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UN FANTOME PLEURAIT SOUS LA PLUIE

Offert par Erotica51



Marie : Il pleuvait des cordes en cette fin de journée. Je marchais, d’un pas rapide sous la pluie, respirant cette odeur humide que seule possède la terre quand elle est détrempée. Il n’y avait pas un chat dehors. Juste le chuintement de la pluie quand les voitures passaient. C’était un temps à ne pas mettre un chat dehors.

Je marchais, laissant mon esprit s’imprégner des images que je voyais. De ces éclairs brillants qu’ont les phares des voitures en traversant la pluie. Elles filaient, perdues dans cet étrange brouillard, sans s’arrêter.

Quelque chose attira mon attention. Sur un banc, l’air perdu, un homme se tenait adossé contre le bois, indifférent à cet entourage diluvien. Il était seul et son regard paraissait éperdu au milieu de cette pluie, son esprit égaré dans ses souvenirs. Son visage émacié portait les stigmates de ce chagrin d’amour qui le rongeait et qu’il n’arrivait pas à oublier.

Me vit-il approcher près de lui ? Je ne le pense pas. Il sanglotait silencieusement, se sachant seul au milieu de cette pluie. J’avançais lentement, vers lui, ne pouvant supporter de le laisser ainsi. Quel était donc ce chagrin si terrible qui oblige un homme à venir pleurer sous la pluie ?

Plus que des paroles, je savais que seul un cœur blessé pouvait agir ainsi. Je me suis avancée, sans qu’il paraisse surpris, me suis assise auprès de lui, mettant son visage au creux de mon épaule et sans un mot, laisser son chagrin s’écouler…Ma main apaisante est restée longtemps sur son dos, comme des vagues bienfaisantes, en doux va et viens tranquilles….

Ce fut la première fois où je vis un fantôme donner cours à son chagrin. Je sais aujourd’hui qu’il suffit de lui tenir la main, en silence et le laisser donner cours à son chagrin, sans parler.

Ce fut aussi la première fois qu'un fantôme reçut la bise douce d'un ange...

Le Fantôme : Qui est-elle cette femme assise près de moi ? Dont la main caressante est si douce à mon cœur. Venue de nulle part comme le voile d’un ange qui s’appelait bonheur.

Si l’automne est passé et que l’hiver s’attarde, aurais-je encore le temps de revoir, un matin, les roses du printemps ?

Au fil des mois qui passent, on s’habitue toujours aux grands chagrins d’amour. Pour en avoir subit déjà dans le passé, je sais que quelque fois, c’est très long à passer.

Qu’elle soit une petite fille, une femme dans sa splendeur ou une grand-mère coquine, les femmes dans ma vie ont enflammé mon cœur, en me donnant leur corps et le plus grand bonheur.

Aujourd’hui mon chagrin, pour une femme blonde qui est partie trop loin, me dit sans se lasser, que je ne verrai plus ses amours passer.

Mais un soir, une main, posée sur mon épaule a su sécher mes larmes.

Puis une autre est venue, cachée dans un miroir, elle n’avait pas de nom mais seulement un sourire. Du tréfonds de ma nuit, une petite fille m’a chuchoté :

- Elle s’appelle Espoir et c’est la plus jolie...



20/02/2006



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