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ENSEMBLE ENFIN

Offert par Erotica51



Après des années et des mois à douter de cet amour, tu m’as donnée la plus belle preuve que tu m’aimais, n’hésitant plus à te libérer de ces chaines dans lesquelles tu étouffais. Tu devais venir lundi. Tu es arrivé deux jours avant : vendredi…Que dire face à cette immense surprise ? J’avais la gorge trop serrée.

Ma tête s’est mise brusquement à tourner, me demandant si j’avais bien tout compris, si nos rêves enfin venaient à se réaliser ? Ton regard ne me quittait pas, comme si soudain tu craignais que je refuse ce cadeau que tu te décidais enfin de m’apporter. Il t’avait fallu tant de temps pour te décider.

Je me disais que c’était impossible, qu’enfin cette longue attente de trois ans se soit enfin matérialisée. Je t’ai tendu les bras dans lesquels tu t’es précipité. Rivés l’un à l’autre, nous restions soudés, arrivant tout juste à respirer.

J’avais tant pleuré en décembre en ne te voyant pas venir. A quoi servait de me fixer une date si tu ne savais pas la respecter ? Ce jour-là, tous mes espoirs s’étaient effondrés. Comment pouvais-tu continuer à ce point de te sacrifier ? Le cœur ulcéré, je m’étais juré de ne plus jamais te le redemander. C'était la troisième fois que tu ne tenais pas ta promesse de venir vivre avec moi. Trop déçue, je n’étais plus sure de vouloir continuer cette vie avec toi ou tu continuais à te partager entre nous deux, à te mentir à toi-même.

Mais ce soir-là, tu es restée à mes cotés, l’écoutant me distiller son fiel. Tu lui avais enfin dit que tu partais. Comment cette femme pouvait-elle dire qu’elle t’avait porté à bout de bras durant 25 ans ? Te voyait-elle comme un enfant ? C’était incompréhensible ! Cela faisait déjà neuf ans que tu n’avais pas pris le moindre jour de vacances ! Pendant ce temps, elle s'en allait fièrement, sans toi, aux sports d’hiver ou d’été, sans s’inquiéter de ce que tu devenais, du moment que tu payais.

Puis elle a tenté de m’avoir par la pitié, me faisant croire qu’elle était malade. Qu'avez-vous ? ai-je demandé étonnée. Un cancer ! A-t-elle lâché ! Je me suis mise à sourire me demandant si elle me croyait aussi stupide. Les seuls examens qu’elle venait de faire étaient l’analyse de ses Gammas GT. Ceux-ci ne devaient pas être très bons, vu l’alcool qu’elle avait ingurgité durant toutes ces années !

J’avais perdu un frère et une sœur d’un cancer. Cette maladie et sa batterie d’examens impressionnants n’avaient plus, pour moi, aucun secret. Ce n'était pas en cumulant l'alcool, la nicorette, et le tabac que sa santé allait s'améliorer !

- Vous êtes vraiment prête à vivre avec lui ? m’a-t-elle demandé, d'un air incrédule, m’observant l’œil mauvais, comme un serpent prêt à fondre sur sa proie.

- Oui, je le veux vraiment ! lui ai-je dit, d’une voix ferme, la toisant, sans aucune crainte.

Tu me tenais par la main, sans rien dire, l’air soudain complètement épuisé. Il était grand temps pour nous, de rentrer, à la maison, en effet. Tu avais grand besoin de te reposer après toutes ces émotions.

- Viens, allons-nous-en, m’as-tu murmuré

Nous avons remis nos blousons de motards, sans plus la regarder et nous sommes repartis, la laissant ruminer sur ses neuf années d’ivrognerie, sous le regard stupéfait de nos amis qui nous observaient, un peu inquiets.

Non, je n’avatis pas brisé son ménage. Elle n'avait pas compris qu'il y avait bien longtemps qu’il était brisé ! Bien avant que tu ne m’ais rencontrée. Quand on se met à boire, il faut savoir assumer les conséquences de ce qui peut arriver !

Elle ignorait aussi ce que je pensais de Toi :

- A mes yeux tu étais l’homme le plus gentil et le plus courageux que j’ai jamais rencontré ! Tu étais aussi la plus belle chose qu'il me soit arrivée de croiser, sur mon chemin !

15/01/2011

Marie-Ange



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