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DE L'AMOUR A LA HAINE

Offert par Erotica51



Ou est passée notre entente ? Nos regards complices ? Nos silences en se regardant attentivement ? Aujourd’hui, nous nous quittons. A cause de bêtises, à cause de non-dits, de silences qui détruisent, de tant de choses finalement puériles.

Aujourd’hui, j’écris mon ressenti, mes émotions tout en pleurant derrière cet écran. Tu sors en colère de ma vie, m’écrivant tout ce qui t’étouffait, sans oser me le dire. Nous travaillions tant sur nos projets que nous n’avions plus le temps de parler. Le dialogue avait fini par s’estomper, pour ne parler que de banalités, puis mourir dans un silence lourds de non dits.

Tu te réfugiais dans le virtuel, me laissant écrire. Je te regardais, immobile, comprenant qu’entre nous, tout avenir devenait soudain impossible. Je ne savais rien de tes pensées, et quand le téléphone sonnait, ce n’est plus avec moi que tu riais. Tu semblais si fatigué de moi. Me répondant du bout des lèvres ou m’ignorant tout à fait.

Je tentais de t’interroger, de comprendre soudain ce mur qui devenait aussi haut qu’un gratte ciel, en sous séparant. Tu esquivais, mal à l’aise. Quand je m’approchais, tu mettais sur ton ordinateur, en position réduite ce que tu aimais regarder. Je ne disais rien, blessée et mon sourire disparaissait. Tu t’abreuvais de pornographie incapable de comprendre ce que je pouvais ressentir. Je m’éloignais, vexée, blessée. Je ne pourrai jamais leur ressembler ni ne le souhaitais, refusant cet avilissement des chairs exposées. Dans ces moments, je me sentais particulièrement salie.

Combien d’heures ai-je passé sans que tu me parles sauf pour me demander de te préparer à manger. Tu m’aidais dans mes projets. J’avais faim de tes mains sur mon visage, de tes bras pour me réfugier, mais tu ne disais rien. Quand tu dormais, immobile, je pleurais et mon oreiller se retrouvait taché, au petit matin, sans que tu ne remarques mes yeux gonflés. Tu oubliais simplement de me regarder. Je faisais partie du pays des murs auxquels tu t’étais habitués.

Ma bonne humeur s’évanouissait comme le soleil qu’un vent rageur aurait chassé. Je me sentais si loin de toi. Parfois je sentais que tu m’en voulais. En revenant de conges, j’ai compris que je devais prendre cette décision qui te pesait. Nos échanges écrits furent soudain très longs, comme si tous nos silences se retrouvaient dedans, jetant au gré des mots, toutes leurs raisons.

Tes premiers mots m’arrivèrent, blessants comme des flèches empoisonnées. Ulcérée, j’avais immédiatement rétorqué, comprenant soudain que j’aurai du attendre, que la colère est toujours mauvaise conseillère. Ce fut un déluge de méchancetés que nous échangions, nous égratignant, avec cruauté et férocité pour se venger. Tu jouissais de me sentir blessée.

Ecoeurée, je cherchais à me protéger et répondais aussi vite, sans plus réfléchir. Mes mots se firent cruels, odieux, cherchant vraiment à te faire autant de mal que tu m’en faisais. Tu avais bien choisi le jour : celui de ma fête. J’étais vraiment comblée. Je cherchais à me dégoûter de toi, à n’avoir plus aucun regret de toi. Soudain, je réalisais combien je te détestais de me voir plus noire que je n’étais. Je devenais cruelle et méchante, tout ce que j’avais toujours repoussé.

Mes menaces pour te faire comprendre qu’il était temps d’arrêter te firent-elles peur, je ne sais ? Je l’ignore encore aujourd’hui Devinas-tu ma rage et ma colère profonde après m’avoir mise à sang par tes paroles ? Tu étais allé bien trop loin, déclenchant ce qui pouvait devenir pour toi la pire erreur de ta vie ? Depuis huit jours, je ne dormais plus; ne mangeais plus. J’étais à cran comme une bombe menaçant d’effacer ton sourire ironique. Je ne te détestais plus soudain mais te haïssais violemment, rêvant de te sauter au visage en te l’arrachant de mes ongles acérés comme des poignardsl. Tu venais de réveiller en moi une violence qui me terrifiait…

Il me fallait me calmer; éviter de te répondre mais c’était devenu impossible ; Nos griefs et notre colère étaient portés à leur comble. Tout se serait passé différemment en me prenant dans tes bras, chassant ma colère, aussi rapidement que tu m’avais blessée. Ultime coup de poignard dans le cœur, tu m’avais annoncé avoir un charmant rendez-vous, avec une fille. Je te jetais au visage que j’étais heureuse de te voir hors de ma vie, que je te remplacerai très vite. Qu’un autre était déjà sur la liste.

Quand ton dernier message arriva, je le lus en sanglotant. Je retrouvais dedans tous ces instants qui nous avaient rendu si heureux, il y a longtemps, que tu me rappelais sans m’en dire la raison. Te lire me fit pleurer. Ton désarroi soudain me fit pâlir en silence. L’envie d’entendre ta voix soudain me manquait. J’avais envie de te consoler et te murmurer : Je serai toujours là…Mais comment te dire tout ça me demandant si tu étais sincère ou si ce n’était qu’une de tes techniques habituelles pour m’amadouer ? Je te l’écrivais, découragée, te disant combien j’étais devenue sceptique sur ton ressenti tardif. Quelque chose en moi venait de se briser…irrémédiablement. Cet amour était désormais impossible. Nos routes se séparaient, me laissant méditer sur cette maudite tristesse qui m’envahissait. Sur ce désir soudain d’hurler cette peine qui m’étouffait.

Je te souhaitais d’être heureux avec cette autre qui t’attendait, même si mon cœur soudain se rebellait furieusement, à cette idée. Mon amour n’a pu résister à cette ultime tempête dévastatrice…

Adieu Sois heureux…Je t’aimais mais tout est allé beaucoup trop loin. Il m’est impossible de revenir en arrière après ce qui s’est passé.

15.8.05



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