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COMME UN OISEAU AUX AILES ROGNEES

Offert par Erotica51



Ce soir, je m’étais enfin décidée à trier toutes ces photos, que j’avais faites, durant ces dernières années, pendant mes vacances. C’était un peu comme un besoin viscéral de tout jeter ce qui me rappelait ce maudit passé.

J’ai toujours aimé prendre en photos ceux qui ont partagé ma vie. Mais en revoyant certaines photos faites dans le Midi, avec lui, j’ai ressenti une véritable bouffée de colère pour cet homme qui avait partagé ma vie, à cette époque.

Tout avait été si vite depuis ce retour de vacances d’août 2007, qui avaient été un véritable désastre. Interdite je regardais ses photos, remarquant pour la première fois son sourire de travers, son air idiot, son air figé, manquant de naturel, comprenant combien tout avait été artificiel, calculé, en lui.

Les rares photos qu’il avait daignées prendre de moi étaient uniquement concentrées sur ma poitrine où mes fesses. Je n'avais été qu'une femme objet lui ayant servi à se valoriser.

Je regardais mon petit visage attristé, le cœur brusquement serré. J’avais les traits tirés par les nuits blanches qu'il m'avait fait endurées. Mon regard était devenu si triste. Il ressemblait à un appel au secours silencieux comme celui que l’on voit dans celui de ces enfants martyrisés. Pourquoi avais-je supporté ce cinglé, si longtemps ? Je l’ignore encore, sans doute, en avais-je eu pitié.

Pourquoi n’avais-je pas réussi à rompre plus tôt ? Sans doute, étais-je trop épuisée pour me battre, pour reconquérir ma liberté, comme un oiseau blessé à qui on aurait rogné les ailes et qui bien que tenté de s'envoler, n'y arrivait plus, trop épuisé.

Je n’en pouvais plus de ses colères soudaines, de ses réflexions blessantes, de ces sautes d’humeur imprévisibles, qui me finissaient plus de perturber ma vie. Je n’en pouvais plus de devoir le supporter…Il me poussait à bout, et savait que j’allais finir par exploser…Il faut dire qu’il avait su mettre le paquet durant cet dernier été, jusqu'à l'écoeurement… Il en jouissait de deviner dans mon regard cette rage rentrée qe je contenais...mais pour encore combien de temps ? Cela, il avait oublié de se le demander.

D’un doigt vengeur, je cliquais sur chaque photo qui le représentait, l’expédiant dun air assuré, dans la poubelle informatique, avec soulagement. Qu’il retourne au néant de sa vie superficielle, à ses mensonges, à ses personnages qu’il s’inventait sur le net…L’homme que j’avais cru aimer n’existait pas. Pire, même, je savais depuis qu’il n’avait jamais existé… Tout en lui n'avait été que comédie et mensonges. Ses pseudos étaient si nombreux qu'il finissait par s'emmêler les pieds dedans, lui-même.

C’est ainsi que plus de 80 photos qui le représentaient, se retrouvèrent dans la poubelle de mon ordinateur. Je respirais un bon coup puis d’un clic, les précipitais dans le vide sidéral et froid du net, sans aucun regret ! Adieu, veaux, vaches, cochons et homme menteur ! Je me sentis enfin soulagée d’un immense poids. Zou ! Du balai !

Un an avait passé depuis… Que de changements étaient arrivés dans ma vie depuis son départ fracassant ! Aucun amour n’est définitif. Les femmes ont cet avantage de savoir aimer, encore et encore, tant elles ont d’amour en elles à offrir. L’amour est une source qu’elles possèdent instinctivement et qui se déroule à l’infini. Mais quand elles cessent d’aimer, c’est vraiment définitif.

Cet homme n’était plus à mes yeux, qu’un pale souvenir qui s‘estompaittout àcoup, dans le brouillard comme ces bateaux fantômes qui s‘éloignent, silencieux, la nuit…

Je ne serai plus jamais un oiseau prisonnier aux ailes rognées…mais un ange qui a repris enfin sa liberté et retrouvé sa joie de vivre!


Mis à jour le 28/10/08

Marie Ange



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