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ALYSEE

Offert par Erotica51



Elle tournait dans la maison comme une âme en peine, regardant chaque objet, qu'il lui avait offert, avec émotion. Depuis, combien de temps ne s'étaient plus vus ? Huit mois, jour pour jour.

Elle ne supportait plus de demeurer seule, dans la maison. Combien de fois avait-elle regardé le téléphone avec l'envie irraisonnée de l'appeler ? D'entendre à nouveau sa voix simplement. Il lui manquait douloureusement.



Elle se souvenait de ce café, devant lequel elle était passée. Un regard bref vers la salle vitrée où les consommateurs se trouvaient. Son cœur s'était soudain arrêté. Il était penché vers une jolie brune qui lui souriait. D'un regard atterré, elle avait vu leurs mains, complices, se toucher, ne plus se quitter.



Le coeur en lambeaux, elle s'était enfuie en pleurant douloureusement, sous le regard désolé des passants. Cela faisait deux ans, qu'ils vivaient ensembles. Que de bonheur ils avaient pourtant partagé ! Que d'éclats de rire, ils avaient échangés ! Que d'amour ils avaient su se donner.

Et aujourd'hui, elle découvrait, stupéfaite, qu'il l'avait trompée !

Elle était rentrée chez elle, rapidement, attrapant sa valise, qu'elle avait remplie, en jetant dedans des vêtements, en dépit du bon sens.

Quel gâchis ! Elle avait soudain envie d'hurler toute sa souffrance. C'était décidé, elle partirait, sans même lui laisser la moindre chance de s'expliquer !



Quand il était rentré, ce soir là, la maison lui avait parue plongée dans un silence oppressant. Il avait allumé la lumière, soudain, inquiet. Ce n'était pas les habitudes de sa femme, à cette heure, de n'être pas rentrée !

Il entra nerveusement dans le salon, à grandes enjambées, cherchant un indice pour la trouver.

Un simple mot était posé, sur le guéridon, bien en évidence :




- Je vous ai vu ensembles ! Tout est fini entre nous ! Adieu !



En parcourant ces lignes, son coeur avait brusquement marqué un arrêt. Mais qu'est-ce qu'elle racontait ?! Il s'était précipité dehors, comme un fou, en hurlant son prénom en plein vent.

Mais personne ne semblait savoir où elle était partie. Il était allé chez ses parents, leur remettant la clé de leur appartement. Il n'avait plus le cœur à d'y entrer, seul.

Le silence qui y régnait était devenu bien trop pesant.

Elle semblait avoir disparu, mystérieusement. C'était incompréhensible. Elle avait juste donné un coup de fil à ses parents, expliquant qu'elle s'absentait pour un long moment.

Il avait cru devenir fou d'inquiétude durant tout ce temps. Il évitait sa rue, maintenant. Inutile de rouvrir ses blessures. Il avait changé de métier, repris un autre appartement qu'il n'arrivait même pas à décorer. Il rentrait, regardant dehors, par la fenêtre, les yeux absents. Il s'était remis à fumer, sur un rythme inquiétant. Son visage s'était creusé, son regard semblait vide, brusquement. Ses amis s'étaient éloignés, le sentant ombrageux et peu incité à leur répondre. Il avait, soudain, l'impression d'étouffer. Même Hélène n'avait pas réussi à le réconforter.

Il était 23h 30 quand le téléphone s'était mis à sonner. Il avait décroché nerveusement :


- allo ?
- Mr Xavier DEMANGE ?
- Oui. Qui êtes-vous ?
- Le service des urgences, Hôpital Maison Blanche, où votre épouse vient d'être transférée. Pourriez-vous venir de toute urgence ?
- J'arrive de suite, avait-il murmuré, soudain, livide

Sur la route, il s'était posé tant de questions. Qu'avait-il fait pour qu'elle le quitte brusquement ? Que lui était-il arrivé ? Arriverait-il seulement à temps ? S'il la perdait définitivement, jamais il ne s'en remettrait. Il en avait soudain pris conscience. Il avait roulé comme un fou, pestant contre ces idiots qui avançaient lentement.

Enfin, il était arrivé, se précipitant, en oubliant de fermer sa voiture à clés, allant en courant aux urgences.

Heureusement, il y avait peu de monde au guichet. Pour une fois, il en avait oublié sa bonne éducation, en bousculant ceux qui attendaient. Il sentait son cœur battre douloureusement.



- Bonjour, je suis Mr DELMANGE ! Mon épouse vient d'être hospitalisée. Vous venez de m'appeler, à l'instant ! que se passe-t-il ?



Une infirmière s'était avancée, lui demandant de le suivre, immédiatement, lui demandant de se calmer. Facile à dire !

Fou d'inquiétude, il avançait dans les couloirs en marchant à grandes enjambées. Il avait dû mettre une blouse aseptisée, un bonnet en papier et des chaussons désinfectés puis elle l'avait fait entrer dans une pièce immense.



Immédiatement il avait reconnu son petit visage, si blanc, tiraillé par la douleur, les yeux agrandis de frayeur. Un homme en blouse blanche lui disait, sèchement :




- Poussez ! Madame ! Poussez ! Ne fermez pas les yeux ! Ne vous endormez pas ! Pensez à votre enfant !



L'enfant ? Il était demeuré, soudain, pétrifié puis s'était avancé vers elle, totalement bouleversé. Elle lui avait caché qu'elle attendait un enfant ! Son enfant ! Voilà donc la raison pour laquelle elle s'était sauvée ?

Le médecin l'avait pris en aparté, lui signifiant qu'elle était très agitée, qu'elle devait se calmer et penser à pousser pour sauver son bébé.

Il s'était rapprochée d'elle, lui prenant la main doucement, l'embrassant tendrement :




- N'aie pas peur, mon amour, je suis là maintenant et jamais plus, tu ne me quitteras.



Elle avait senti ses yeux soudain se remplir de larmes, soulagée de le sentir enfin à ses cotés. Tout se passerait bien, maintenant. Il était revenu pour elle et plus rien d'autre ne comptait. L'accouchement lui avait paru long… Il fut bref, pourtant.

Dans un ultime effort, elle se mit à pousser, expulsant enfin l'enfant. Celui-ci se mit à hurler à pleins poumons, vigoureusement !




- Félicitations ! C'est une superbe petite fille ! Comment voulez-vous l'appeler ?



Ils s'étaient contemplés, amoureusement. Elle était encore plus belle que dans son souvenir, malgré ses traits épuisés par l'effort de l'accouchement. La sage-femme venait de lui mettre dans les bras, un minuscule bébé, qui gigotait, déjà, nerveusement.

Il la regarda, indécis, guettant sa réponse. Elle lui sourit, le visage inondé de larmes de bonheur :



- Nous l'appellerons Alysée. C'est notre premier enfant, murmura-t-elle, les yeux brillants d 'amour et de fierté...



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