PRES DE MOI PAR LA PENSEE

par Erotica51



Aujourd'hui, je suis retournée à ce parc que je t'ai fait découvrir, quant tu étais enfant. Les canards étaient revenus, heureux comme les humains, de profiter des rayons du soleil. Je suis restée pensive, immobile, observant le lac, en les contemplant.

Qu'ils étaient nombreux, aujourd'hui. Les colverts resplendissaient au soleil. Leurs femelles au plumage, gris et marron, les suivaient en caquetant. Je percevais un changement subtil dans l'air. Le Printemps était arrivé, sous le nez de ceux qui ne savaient pas regarder autour d'eux.

J'ai levé les yeux. Un bosquet était empli de fleurs jaunes vif. Les premiers genêts. Stupéfaite, face à ce ciel bleu magnifique, je les ai photographiés. Un peu plus loin, les premiers joncs faisaient, eux aussi, une timide apparition, dans quelques jours, ils formeront, dans ce parc, un superbe bouquet d'or.

Je me suis assise, un peu plus loin, observant, ces frémissements sur l'eau, provoqués par le vent, Tous ces gens qui marchaient : ces petits enfants nés, qui trottinaient, pendant que les parents ou grands parents leur donnaient la main. On aurait dit une armée de jeunes poussins, soudain, lâchés, illuminant le parc, de couleurs multicolores, en train de babiller.

Ils me fixaient de leurs grands yeux étonnés, me souriaient et c'était une bouffée d'amour et de fraîcheur, dans mon coeur endolori. Frimousses douces, si différentes, les unes à coté des autres, pourtant. Je contemplais, émue, la fraîcheur de leurs mains, encore toutes potelées.

Les plus jeunes étaient installés dans des poussettes. Je sentais leurs beaux regards confiants se poser, m'interroger, comme s'ils devinaient ma souffrance, puis, tentaient de se retourner en me voyant m'en aller. Que de souvenirs, ils ravivaient au fond de mon coeur, Toi qui était née au Printemps.

Ton sourire était une source de lumière. Ton regard, dans mon coeur, un rayon de soleil. Comme ce parc, tu l'adorais. Nous y marchions, en nous tenant la main. Que de questions, tu me posais. Tu voulais tout connaître. J'avais l'impression que tu ne serais jamais rassasiée d'apprendre.

Que de fous rires, nous avions partagés, roulant, chaque été, dans l'herbe tendre, en nous poursuivant ou bien, cachée derrière la colline, tu m'observais, te cherchant, avant de te précipiter dans mes jambes, joyeusement.

Que de tendresse, tu m'as donné. Tes bras potelés, posés autour de mon cou, était un collier de tendresse. Je me souviens de ces marguerites que tu cueillais, pour m'en faire un bouquet, t'obstinant à me les faire sentir, comme si elles étaient parfumées. .Tu aimais tellement voir le printemps arriver….

Aujourd'hui, tu es, définitivement, partie au ciel. Malgré la beauté du jour et l'arrivée du printemps, mes souvenirs affluent, comme des vagues, me laissant le coeur serré, malgré ton doux sourire. Tu demeure, si vivace, dans mes pensées, que j'ai l'impression de t'avoir parfois à mes cotés. : Toi, ma fille, disparue, pareille à un fugitif rayon de soleil…

5.7.2002



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