LE PARADIS BLANC

par Erotica51



Comment s'est passé, pour toi, ce voyage entre le monde des vivants et celui de ceux que l'on ne reverra plus ? Je l'ignore et il me faut encore attendre pour le savoir, à mon tour, quand sera mon jour.

Te voici, disparue, tragiquement, à l'age où ta vie commençait, à peine, par la faute d'un inconscient. Neuf ans plus tard, mon cœur continue de saigner, en te pleurant.

Où es-tu, aujourd'hui ? Je sonde le ciel immense, et me dis que ces étoiles qui le parsèment, chaque nuit, sont des vies volées, à la Vie, témoins secrets de tant d'absences involontaires.

Où se trouve ce monde dans lequel ton âme s'en est allée, à tire d'ailes? Pour moi, il représente le monde du silence. Tout autour de toi, ne règne qu'un brouillard blanc, épais, comme pour te protéger de nos regards…Tu es si loin de moi et pourtant si présente, comme si un fil tenu me reliait encore à toi…

Il n'y a plus ni rire ni musique autour de toi ; juste le silence où tu as froid. J'aurai tant voulu te rendre la vie, en t'étreignant une dernière fois dans mes bras …Je pleurais tant sachant que je demandais l'impossible. Tu reposais, si pâle, immobile et mes mains de désespoir, étreignaient les tiennes. J'espère désespérée, t'insuffler mon espoir de te rendre cette vie qui t'avait été volée.

Cette pièce ou je me recueillais, près de toi, était si petite qu'elle en devenait étouffante. Des fleurs se trouvaient déjà près de toi. Qui les avaient apportées ? Je ne le saurai jamais. Ta jeunesse avait ému cette personne, qui avait souhaité adoucir cette petite pièce froide. Malgré le froid qui y régnait, tu ressemblais à un ange.

A mon contact, tes mains se réchauffaient. Il me restait si peu de temps pour être auprès de toi…Choisir ton cercueil fut au dessus de mes forces. Ton frère, malgré son chagrin immense, dut s'y résigner, le cœur déchiré. Avec lui, je n'ai jamais osé en reparler. Il choisit pour toi, le plus beau bois, le plus fort pour résister au temps, comme pour te protéger.

Tu paraissais, soudain, si frêle, dedans. Malgré mon désespoir, il me fallait accepter de te voir partir, sans espoir de te voir revenir. Ce dernier jour, je m'en souviens encore tant tu demeures proche de moi, malgré ton absence qui me ronge comme une plaie demeurée béante…

Je me souviens encore de ce ciel, soudain, couleur de sang, le soir où tu es partie, définitivement. De ces rapaces, cherchant à me dépouiller, de tes photos, dans la maison. Tu étais si jolie. Pourquoi ne te photographiaient-ils jamais au cours de nos soirées ? me demandais-tu, blessée. La jalousie est un poison qui coule dans les veines des gens. Aujourd'hui, tu as disparu et ils se raccrochent à leur conscience, devant mon regard blessé, se souvenant combien un mot, de leur part, aurait pu te sauver.

Tu es partie, ce 5 Juillet, dans cet immense paradis blanc, mon Ange, loin de la bêtise humaine, bien que mon coeur se serre, douloureusement. Sur toi, le Temps ne marquera jamais son empreinte. Tu ressembleras toujours à un Ange. Mes yeux se portent sur ton portrait, taillé, sur ta pierre tombale et seul, ton Sourire, gravé à jamais dans ma mémoire, vient me rappeller ton absence...



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