L'OURSON BLANC

par Erotica51



Nous n’avions rien vu arriver. Le souffle de la Mort m’avait soudain pris à la gorge, brisant tout sur son passage. Je m’étais repliée, recroquevillée, me retenant soudain de hurler cette souffrance menaçant soudain de tout pulvériser.

Pourquoi n’étais-tu jamais là quand j’avais besoin de toi ? Ce qui venait de se passer me faisait trop mal. Ta mère t’avait appelé pour te prévenir. Depuis longtemps, elle connaissait la profondeur de nos sentiments et étais au fil des années, un peu notre complice. Elle t’adorait elle tant.

Tu étais une fois de plus en vacances avec ta femme, obligé de la suivre. Tu m’avais téléphoné, tentant de me consoler vainement. Mais peut-on consoler une mère qui vient de perdre sa fille ? Tes mots résonnaient sans me pénétrer; comme une rivière soudain trop vive, impossible à retenir.

J’étais encore sous le choc; blessée à mort, dans mon cœur et ma chair, tout en te maudissant quand tu me déclaras: Je te promets de venir te voir à la fin de mes vacances ! Notre aventure avait duré quinze ans ! Tu n’entendis pas le glass qui venait de sonner sur cet amour caché que tu venais, soudain, de condamner, sur ce nouveau chagrin que tu venais de provoquer.

Mon cœur était mort comme mon corps…Il me fallait t’oublier….oublier ton égoïsme, ta cruauté, ta lâcheté. J’avais juste oublié que tu n’étais pas un homme libre, prisonnier de tes mensonges, qui n’avait jamais pu passer une seule nuit complète avec son amante.

Le temps a passé ; onze ans se sont écoulées loin de toi, en silence, j’ignore encore comment. Mon téléphone a sonné : un message y était laissé. Ta voix n’avait pas changé ; tu te faisais du soucis mais à quoi bon.

Les souvenirs remontent soudain en m’emportant. Jessica t’avait embrassé pour te remercier de cet ourson blanc que tu venais de lui ramener. Je viens de le retrouver au fond d’une malle que je n’arrivais pas à vider, ou étaient rangés tous ses jouets d’enfant.

Ce soir, je viens de le donner à un petit enfant qui ignore son histoire. il vient de me remercier d’un gros baiser, puis l’a serré sur son cœur, tendrement, en me souriant….



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