L'OEUF DE NOEL

par Erotica51



Chaque soir, j’avais regardé le ciel, contemplant ces milliers d’étoiles, qui illuminaient silencieusement le firmament. Quand une étoile passait, enfant, je fermais les yeux en me concentrant, faisant un voeu, silencieusement. J’ai compris, un jour, qu’aucune étoile ne pouvait réaliser l’impossible, et j’ai cessé de faire des vœux, à ce moment.Mais j’ai continué à regarder, le ciel, durant des nuits entières, émerveillée par ces étoiles qui semblaient illuminer l’espace, doucement, comme pour nous rappeler qu’une autre vie existe ailleurs, que notre vie n’est sur Terre, qu’un passage, seulement, que tout est fugitif..

Apres ton départ, j’ai laissé les jours puis les nuits passer en oubliant que le temps ne peut s’arrêter. Mais, pour Toi, il s’était soudain stoppé, en te découvrant, sans vie, si pâle, immobile à jamais. Dans le silence de cette petite chambre blanche, soudain, le coeur brisé, je me suis effondrée.

Il m’a fallu, longtemps, pour décider de continuer à vivre. Six mois d’un noir immense dans lequel j’ai plongé, seule, luttant contre mes larmes et ce silence qui m’entourait. Je n’avais aucune réponse. Impossible de comprendre ce qui venait de se passer. Les amis étaient partis mystérieusement, sans doute, effrayés, par cette tristesse, dans laquelle, je sombrais

Neuf années viennent de passer et mon chagrin est demeuré aussi vivace, que ce jour où tu m’as définitivement quitté. Rien n’est aussi douloureux que l’absence d’un enfant, que l’on ne reverra plus jamais. Aucun mot de consolation ne peut l’atténuer.

Les fêtes sont devenues des moments à redouter. La date de ton absence un jour de larmes où je demande à mes amis de m’éviter. J’ai besoin, avec Elle, de communier par la pensée. Neuf longues années de souffrance dans lesquelles j’ai plongé. Neuf longues années me demandant où ma vie, sans Elle, me menait.

Noël, à nouveau, est arrivé. En décorant ce sapin, j’ai retrouvé un petit oeuf tout scintillant de paillettes que tes mains d’enfant avait fabriqué. Malgré les années, je l’ai conservé et le remets chaque année, comme pour me remémorer ta présence, si brève, a-t-elle été.

Avec quelle fierté, tu me l’avais ramené. Comme ton regard brillait quand je l’avais accroché à ces branches. C’était ton premier présent d’enfant. Un cadeau unique que tu m’offrais puisque tu venais, de tes petites mains, le fabriquer, du haut de tes cinq ans.

Aujourd’hui, je contemple, émue, ce petit oeuf, tendrement qui me rappelle ta présence. Il porte encore la marque de tes dents, quand tu avais voulu le goûter. C’est un modeste présent comme le font, chaque année, tant d’enfants à leurs parents. Mais, à mes yeux, il reste le plus précieux des présents que j’ai voulu conserver et retrouver, en le posant, sur ce sapin, que tu aimais tant décorer, pour me rappeler cette nuit de Noël que tu savais si bien égayer…

Tu t’en es allée, en silence, mais mes souvenirs de toi, sont restés, laissant mon sourire refleurir, en me souvenant, de ton sourire radieux d’enfant, en m’offrant ce modeste présent.



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