LE CHIFFRE 5 : DOUCEUR ET DOULEUR

par MARIE-ANGE



Le chiffre 5 restera toujours pour moi un émerveillement en te voyant si belle dès ta naissance. Ta peau était si veloutée que je n’osais poser mes lèvres dessus et t’embrasser, tout doucement. Enfin, après de longs mois, tu étais enfin née. J’avais eu du mal à me décider sur ton prénom : Jessica.

Tu étais si jolie que j’ai failli t’appeler à la dernière minute « Aurore ». Tu étais aussi belle comme le jour, ce jour-là. Mais j'ai voulu t'appeller "Jessica" ignorant que c'était aussi un diminutif du prénom de ma mère biologique. Mon petit ange blond aux grands yeux déjà tout éveillés qui regardait déjà le monde avec tant de curiosité. Tu m’étonnais déjà, serrant mon doigt, dans ta petite main, avec une force insoupçonnée, dans la poigne d’un si petit bébé.

Dix ans venaient de passer. Ton grand frère te contemplait, d’un air tout surpris, contemplant enfin cette petite fille, toute rose, que dans mon ventre, bien à l’abri, durant des mois, j’avais si bien caché. Cette petite sœur était enfin arrivée, et déjà tu piaffais d’impatience pour avoir le droit de la porter dans tes bras, d’un geste protecteur.

Nous ne parlions pas mais chuchotions comme des conspirateurs, à la clinique, de peur déjà, de la réveiller…Tu la tenais serrée contre toi, comme si tu craignais déjà de la voir s’échapper. Tu ignorais déjà que cette petite sœur serait pour toi un véritable tourbillon de vie et un jour, le pire cauchemar aussi qui hanterait tes jours et tes nuits.

Jessica en effet était née un 5 mars…Elle avait toute la vie devant elle. Mais Elle ne sera jamais "maman", à son tour. Elle ne me donnera jamais de petits enfants non plus. Dix sept ans plus tard, elle quittera ce monde, étouffée dans son propre sang, dans un terrible accident, un 5 juillet, la voiture où elle se trouvait lui servant de tombeau, à jamais.

Ce jour-là, aucun mot ne sera assez fort pour dire la douleur que l’on ressent. Toute notre vie semble voler en éclats. Nos larmes auraient pu faire naitre un fleuve dévastateur impossible à retenir…Malgré ton absence, ton silence, pourtant, Jessica, tu es là, si présente, à chaque évènement auprès de nous. Dans la famille, des petites nièces portent depuis tes prénoms : Jessica, et Virginie…La fille de ton oncle Kaky aussi se nomme Virginie.

Les années ont passé. Plusieurs de tes amies se sont mariées depuis. Leur première petite fille s’appelle comme toi, aujourd’hui, comme si chacun refusait de te savoir définitivement partie. Cela me comble de joie et de reconnaissance. Mais cela me fait mal, parfois, aussi en entendant ton prénom lancé au cours de nos discutions. C'est comme si la blessure de mon coeur se remettait à saigner une nouvelle fois et me rappelle que tu es définitivement partie.

La violence routière continue de tuer toujours, autour de nous. Ton meurtrier est resté impuni. La Justice doit gérer tant de dossiers, m’a-t-on dit, comme pour s’excuser. L’alcool, la drogue au volant et l’inconscience continuent d’entrainer des flots de victimes innocentes et de briser à jamais de nombreuses vies et familles.

Chaque année, à cette date, c’est une nouvelle souffrance qui rejaillit dans mon cœur endolori. C’est un flot de larmes brûlantes qui ravagent mon visage au souvenir de ce jour si terrible…Tu me manques tant ma fille, trop vite partie, ma douce enfant chérie….Tu me manques tant et je ne peux m’empêcher de serrer les poings de colère en sachant ton meurtrier, libre et impuni et qui, lui, a refait sa vie…

* Vous n'allez pas me faire chier, m'a-t-il dit agressif, à l'agence où je travaillais. C'était "une connerie" a-t-il...comme pour tout excuser

Ce 5 juillet, le visage rempli de larmes, une fois encore, j'ai envie de lever le poingt de rage et de hurler mon chagrin et ma colère, à la face du monde entier !

Vous qui roulez comme des fous parfois, est-ce trop vous demander de lever un tout petit peu le pied ?

Vous posez-vous parfois la question, si, en roulant trop vite, vous n'allez pas briser une vie voire même, plusieurs vies !?

Si la voiture reste utile pour se déplacer, elle reste aussi une arme qui détruit bien des familles, ce que bien des inconscients oublient. Est-il si important de rouler comme un fou sur la route ? Que cherchez-vous à vous prouver ? Que vous êtes les plus forts ? que vous etes invincibles ? Non, vous n'êtes que des imbéciles et des crétins sans cervele, trop égoïstes !

Est-ce si important pour vous de vouloir dépasser à tout prix quelques voitures en prenant des risques stupides ? Est-ce si important pour Vous, de chercher à gagner sur le Temps, quelques minutes aussi ?

Malgré le Temps, mon chagrin ne s'atténue pas. Il ne s'atténuera JAMAIS! Il reste toujours aussi présent dans mon coeur meurtri et mon ronge à jamais.

L'accident n'arrive pas qu'aux autres, pensez-y. Un jour, cela peut vous arriver, à vous aussi. Restez prudents sur la route !

Mis à jour le 31/10/2016

Marie-Ange



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