ADIEU MA FILLE

par Marie51



Le téléphone avait retenti durant la nuit. Il n'est que 4h 12 du matin : cet appel téléphonique arrive, à travers les brumes de mon sommeil, de Paris. En voyant son nom, je suis soudain inquiète. C'est mon fils ! Affolée, je sais qu'il va m'annoncer une nouvelle de terrible ! Il pleure si fort, que je n'arrive pas à comprendre ce qu'il essaie de me dire.

- Calmes-toi, Gérard, je ne comprend rien à ce que tu me dis. Puis ces explications se font plus claires. Tout ce que j'ai compris, c'est que ma fille, sa jeune soeur, vient d'avoir un grave accident et soudain, je crains le pire.

- Nous arrivons, m'avait dit notre fils, d'une voix étranglée, de chagrin… La route allait être longue pour lui car il venait de Paris.

Puis, la sonnette de chez moi avait retenti : deux gendarmes se trouvaient devant la porte. Eux aussi venaient maladroitement m'annoncer l'accident, puis s'étaient retirés, rapidement, sans m'en apprendre plus.

Avais-je vu la fin de la nuit, perdue dans mes pensées, perdue dans mes pensées, au milieu de mes larmes ? Enfin le jour s'était levé. J'étais restée, assise, prostrée, immobile, attendant cet appel téléphonique, qui m'autoriserait à venir voir ma fille et lever aussi tous mes doutes. C'était impossible ! Il me fallait reconnaire ton corps, admettre l'inacceptable !

Ton père, averti par notre fils, venait d'arriver, les traits tirés, lui aussi, le regard ravagé de tristesse. Nous nous étions longuement regardés, incrédules, n'arrivant pas à y croire. Etait-ce vraiment de notre enfant qu'il s'agissait ? Il restait dans nos cœurs, pourtant, un espoir infime, auxquels nous nous raccrochions, désespérément. Mais nous n'aurions le droit de venir que le lendemain !?

Nous avions pris la route du funérarium. Il nous fallut attendre que celui-ci ouvre aux horaires affichés. Nous étions tous devant la porte austère du funérarium. Au premier coup de sonnette, la porte s'était ouverte. Une femme entre deux ages nous attendait dans l'entrée. Ton père avait murmuré ton nom.

D'un regard, j'avais compris, en voyant la femme arrêter son doigt, sur une liste, écrite sur son livre des entrées. Elle nous avait fait signe de la suivre, dans des couloirs qui me parurent interminables.

Mon coeur tambourinait, douloureusement, bien que j'essaie de rester calme. Ce n'est pas possible, ce n'est pas possible...Cette phrase passait en boucle dans ma tête.

Mon fils Gérard me soutenait par le bras. La porte s'ouvrit dans une petite pièce aux murs étroits.
La porte s'ouvrit dans une petite pièce aux murs étroits, me rappelant mon angoisse, des années en arrière, en allant voir mon petit beau frère Kaki, qui s'était noyé dans le canal, suite à un malaise.


Jessica était allongée, immobile, le corps caché d'un drap blanc posé sur Elle…Ses doigts fins étaient croisés comme dans une ultime prière. Mes jambes soudain se dérobèrent sous moi. Mes larmes se mirent à couler. J'avais espéré qu'ils s'étaient trompé mais c'était bien Toi !


Mes jambes soudain s'effondrèrent. Mes larmes s'écoulèrent sans pouvoir les retenir. Mon espoir d'une erreur possible venait de disparaitre. C'était vraiment Toi.

Ils me firent asseoir, près de ton corps. Tu étais immobile, paraissant presque endormie.


Quelqu'un me fit avaler un verre d'eau, je crois. Tout espoir d'une erreur venait de s'enfuir. Tu était là, sans vie, les lèvres closes, définitivement, immobile.

Combien de temps sommes-nous restés près de toi à te pleurer, en silence, le coeur brisé, je l'ignore ? Pressés tous les trois, près de toi, ayant fermé la porte à tes amis, qui demeuraient, dehors, nous laissant pudiquement unis dans notre douleur.

Combien de temps sommes-nous restés près de toi? A pleurer en silence…pressés tous les trois, près de toi, ayant fermé la porte, à tes amis qui demeuraient, dehors, nous laissant à notre douleur.

Un bref coup à la porte nous fit lever la tête. Déjà la machine administrative se mettait en marche. Il fallait remplir des papiers, répondre aux questions. Une enquête commençait. Quelqu'un vint vers moi.

- Désirez-vous faire un don d'organes, Madame ?

- Non! N'y touchez surtout pas!

Ma réponse avait fusé, sans leur laisser le temps d'objecter quoique ce soit. L'homme s'était retiré, discrètement, nous laissant plongés dans notre désaroi et notre peine.

J'étais revenue auprès de Toi.

J'avais soulevé le drap, soudain, inquiète, brusquement. Que t'avait-on fait ? Pourquoi nous avait-on fait attendre si longtemps pour reconnaitre ton corps ? L'accident avait eu lieu à 4H du matin. Mais ce n'est que le lendemain seulement que nous avions eu le droit de te voir ?! Pourquoi ?

Je remarquais ta cheville brisée, les hématomes sur ton petit corps endolori, le sang suintant de ton oreille droite, ta paupière tuméfiée, tes belles mains fines griffées par des bouts de verre, ta cheville de travers. Ce délai trop long pour te voir, éveilla ma méfiance. J'avais aporté une robe blanche que Jessica aimait porter et quelques vêtements compémentaires pour l'habiller.

Je sortis de la pièce, appelant la femme, à l'entrée.

- Aidez-moi à la déshabiller, lui ai-je, ordonné, mue par un sombre pressentiment…

- Mais, Madame, vous ne pouvez pas !

- Elle est ma fille, ma chair, mon sang ! Elle est à moi. Je veux vérifier si vous n'y avez pas touché, lui ai-je crié, soudain, terrifiée à l'idée qu'on puisse t'avoir fait quelque chose, brusquement.

La femme avait compris, hoché la tête, puis avait soutenu ton corps pendant que je retirais ta robe légère, observant, chaque centimètre, sans m'expliquer ce que je recherchais. Tu fus bientôt en slip et soutien gorge. Quelque chose attira brusquement mon attention. Tu semblais blessée à l'aine, aussi. J'écartais, en tremblant, légèrement, ta petite culotte aux dessins fleuris.

Pétrifiée, je découvrais brusquement une vilaine et longue cicatrice, bien cachée sous le tissu, dans l'aine, recousue à grands coups de fil blanc, grossièrement, soudain, qui était là. Elle était longue de 20 centimètres environ. Mais que t'avait-on fait, mon enfant?

Je suis ressortie de la pièce où tu étais, hurlant ma colère, exigeant de voir un supérieur, immédiatement, qui ne s'est, évidement, jamais montré. Ton père et ton frère me regardaient, n'osant comprendre ce que cela voulait dire.

Un homme arriva, maladroit, m'expliquant qu'on t'avait vidé de ton sang, qu'on t'avait injecté un produit spécial, pour empêcher ton corps de se décomposer. Mais la cicatrice était si grande, bien trop grande...

J'ai compris, depuis, qu'on t'avait volé tes organes génitaux (Ovaires, utérus, etc). Qu'un jour, une jeune femme, grâce à Toi, aurait la chance de donner la Vie à un enfant, sans même te dire merci, mais nous n'avions même pas été consultés alors que tu étais encore "mineure" !

Mais il me serait impossible d'oublier cette affreuse cicatrice, faite d'un gros fil, comme un poulet recousu à toute vitesse, sans respecter notre décision, ni ton corps, Toi qui était partie, pour ne plus jamais revenir.

Que savons-nous de ce que dit la Loi, en de tels moments, sur le don d'organes?

IMPORTANT : Renseignez-vous avant qu'il ne soit trop tard, pour intervenir!

Voyez rapidement votre pharmacien qui vous remettra une documentation à ce sujet.

Vous devrez faire enregistrer votre décision officiellement sur le Fichier National des Donneurs d'organes qui se trouve à Paris !

1) Sans cette décision OFFICIELLE enregistrée, sachez que VOUS ETES UN DONNEUR POTENTIEL!
QUE L'ON PEUT PRENDRE N'IMPORTE QUEL ORGANE DE VOTRE CORPS !

2) Sauf sur un enfant "mineur", et encore, si votre décision est vraiment respectée! Car il faut impérativement l'accord des parents.
Pensez à le vérifier, si malheureusement, un tel événement, devait arriver!

3) Pensez à en parler aussi à vos parents, dns votre famille, à vos amis, autour de vous.

4) Surtout, mettez votre décision par ECRIT en précisant si vous voulez donner une partie de votre corps et surtout PENSEZ A PRECISER QUEL ORGANE vous acceptez de donner !

Puis Faites enregistrer votre dcision, sur le Fichier National des Donneurs d'Organes, en renvoyant cette fiche, signée, après en avoir fait la photocopie, à ranger précieusement.


Voyez ce que dit le Registre National Des Refus :

Registre National des Refus

si vous ne souhaitez pas donner vos organes et tissus après votre mort, "inscrivez-vous" sur le registre national des refus. Vous pourrez indiquer votre décision, par internet ou par courrier (Copie à conserver! ), sur ce site.

Adresse officielle :

Agence de la Biomédecine
Registre national des refus
1 avenue du Stade de France
93212 SAINT-DENIS LA PLAINE CEDEX

IMPORTANT : On croit à tort que l'accident n'arrive qu'aux autres, mais c'est une erreur ! Les cimetières sont remplis de jeunes, que la Mort a fauché, trop tôt !

Jessica est morte à 17ans et 4 mois, en plein été. Le chauffeur Laurent BAILLEUX était sous l'effet de l'alcool 2,87 gr et de cannabis !
Le petit ami de Jessica, Maxime THOMAS, s'était disputé avec elle, lui avait pris son argent, puis il s'était installé à coté du chauffeur, ou il s'est endormi.
Au moment de l'accident, sentant la voiture quitter la route, il s'était réveillé, puis avait donné, brusquement un coup de volant, provoquant cet accident MORTEL, par 2 tonneaux. Ils n'auront rien ! Seule, Jessica mourra, étouffée par son propre sang.
NE TOUCHEZ JAMAIS UN BLESSE sauf si vous connaissez les gestes de premiers secours


MON CONSEIL : Faites passer le plus vite possible le Permis de conduire à votre fille. Les jeunes hommes sont trop inconscients et dangereux au volant. Ils oublient que leurs amis leur confient leurs vies !


Le 5 juillet 1994



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