UNE FICHUE JOURNEE

Offert par Erotica51



Réveillé de mauvaise humeur, Bernard avait bu son café en faisant la grimace. Celui-ci trop corsé, avait un gout exécrable ! La journée commençait mal ! Déjà qu’il avait passé une nuit à faire des cauchemars Il sentait des ondes malfaisantes dirigées sur lui, avait il dit à ses collègues. Bien sur, ceux-ci s’étaient gaussés de lui, lui demandant aussi ironiquement s’il ne voyait pas des mirages.

Arrivé dans son garage, il laissa échapper un juron. Sa roue avant droite était crevée ! La dernière crevaison qu’il avait eue remontait à huit jours à peine. C’est à croire que la poisse le poursuivait Il donna un coup de fil au contremaitre l’avertissant qu’il serait en retard. Puis s’activa pour changer sa roue.

Sa femme s’était sauvée de la maison depuis un mois à peine. Il soupira d’un air dégouté. Et dire qu’elle s’était entiché de l’antiquaire du village d’à coté ! Depuis son départ, la maison était dans un état lamentable. La vaisselle continuait de s’entasser dans l’évier. Un peu partout se trouvaient des bouteilles de bière vides. Les cendriers étaient remplis à ras bord. Il s’était remis de plus belle à fumer. Au bout de ce temps, il était évident qu’elle ne comptait plus revenir. Il allait bien être obligé ce soir de se décider à tout nettoyer.

Bernard prit la route pour se rendre à son travail, pestant d’avance, en imaginant tout ce qui l’attendait ce soir, pour remettre un peu en ordre la maison. Perdu dans ses pensées, il sursauta quand le gyrophare d’une voiture de police le dépassa, toute sirène hurlante et l’obligea à s’arrêter.

- Bonjour, Gendarmerie Nationale ! Pourrais-je voir vos papiers du véhicule s’il vous plait ?
- Bien sur !
- Ah ! Il y a un problème, monsieur. Votre assurance est périmée depuis un mois et vous n’avez pas votre ceinture de sécurité !
- Oh merde ! J’ai complètement oublié ! C’est ma femme qui s’occupe d’habitude des papiers et comme elle s’est barrée, vous comprenez …Je suis un peu chamboulé depuis…
- Je compatis Monsieur mais je suis obligé de vous dresser deux procès verbaux comme le veut la loi…

Bernard était reparti, fou furieux, maudissant le gendarme consciencieux mais sans coeur, entre ses dents.

Arrivé au boulot, le contremaitre l’avertit que le patron voulait le voir immédiatement. Son bureau empestait le tabac singe qu’il n’était pas à prendre avec des pincettes, ce jour là.

- Bonjour Mr Dubreuil. Vous êtes une nouvelle fois en retard !
- Je sais mais j’ai prévenu pour dire que ma roue avant était crevée et que je serai légèrement en retard…
- Désolé mais c’est une fois de trop ! Dégagez ! Vous êtes viré ! Inutile de faire votre préavis !
- Quoi ? !
- Dehors ! Hurla son patron, excédé
- Et merde ! Jura Bernard, furieux, une nouvelle fois, claquant la porte vitrée si fort que celle-ci se mit à vibrer dangereusement sous le choc

Il reprit la route, se disant que finalement, il allait en profiter pour décompresser et aller pêcher. Demain, une fois reposé, il irait chercher du travail. La sonnerie de son portable se mit à résonner. C’était son voisin qui l’appelait. Il décrocha, mu par un mauvais pressentiment :

- Allo, Thierry, qu’est ce qui se passe encore ?
- Heu, tu devrais vite rentrer. Ta baraque est en train de bruler ! Je me suis permis d’appeler les pompiers, juste avant…Cela a l’air sérieux ! Dépêches-toi !!!
- Punaise, ce n’est pas possible  d’avoir une poisse pareille aujourd’hui ! C’est bon, j’arrive ! Merci quand même !

Fou de colère et d’énervement, il appuya rageusement sur l’accélérateur, se demandant avec inquiétude quelle allait être l’étendue des dégâts qu’il allait découvrir. Juste au moment ou il arrivait à toute vitesse dans le virage, une biche se dressa devant lui, le faisant sursauter en la voyant bondir. Il donna un violent coup de volant pour l’éviter, crissa sur le gravier, et la voiture partit brusquement en vrille avant d’aller s’écraser contre un arbre !

Quand les secours arrivèrent, il était déjà trop tard pour Bernard. Durant son transfert, il avait brièvement ouvert les yeux, murmurant : Ce n’est pas possible d’avoir une poisse pareille ! Puis il avait exhalé un ultime soupir, laissant apparaitre sur ses traits ensanglantés un léger sourire comme s’il se sentait enfin libéré.

Moralité :

Le Destin n’aimant pas être contrarié, il y a des jours où il vaudrait mieux rester couché !



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