MEURTRE EN COULISSE

Offert par Erotica51



Dans le dortoir les enfants paraissaient dormir profondément. Les couvertures se soulevaient en rythme suivant leur respiration. James eut un rictus. C’était une idée fabuleuse que cet emploi de surveillant de nuit ! Rien à faire à part quelques rondes de nuit, noter les infractions des gamins par rapport au règlement et la nuit était à lui …pour un salaire, ma fois, alléchant. Les gamins le craignaient pour de multiples raisons. Certains avaient encore sur leurs fesses le claquement sec de son ceinturon, ses sales mains et parfois même, bien pires comme punitions !

L’homme satisfait de voir que tout était en ordre, tourna les talons, se frottant la nuque nerveusement, comme si des dizaines d’yeux le fixaient, haineusement. Il entra dans sa chambre, se servit un verre d’alcool, espérant que cela lui anesthésierait le feu qui lui brulait le bas du ventre et cette désagréable impression d’être observé. Il jeta un œil sur le journal. Son horoscope n’était pas très brillant. Il le lut pourtant avec intérêt :

«La nuit, tous les chats ne sont pas forcément gris. Ne dormez que d’un œil pour éviter tout ennui.» Foutaises ! L’homme jeta un œil par la fenêtre. La nuit était sombre, avec pour seule lumière, la lune ronde et froide, donnant à la cour intérieure du pensionnat une lueur inquiétante.

L’homme n’arrivait à se décider d’aller se coucher Son instinct lui disait que quelque chose se tramait dans son dos Il se sentait bizarrement oppressé. Un second verre d’alcool lui fit du bien, en sentant le liquide lui brûler la gorge et le palais. Rien ne valait qu’un petit remontant dans ces moments où il se sentait inquiet.

Soudain quelque chose de blanc attira son attention dans la cour comme une silhouette furtive en train d’avancer. Il ouvrit nerveusement la fenêtre, tentant de percer du regard la nuit profonde. Il n’avait pas rêvé ! Encore un de ces maudits gamins qui tentait de s’enfuir du pensionnat ! Décidément, il y en avait toujours pour faire l’imbécile. Il remit ses chaussures, rapidement, enfila sa veste et sortit, muni d’une lampe qu’il garda éteinte, mais prête à s’en servir. Ce maudit gamin allait passer un sale quart d’heure, dès qu’il lui aurait mis la main dessus. Il en aurait pour son grade !

Quand il parcourut la cour intérieure, il n’y avait plus personne. Le hennissement des chevaux l’avertit que quelqu’un venait de pénétrer dans l’écurie. L’homme tendit l’oreille. Le gamin était caché la bas, en train de le guetter dans le noir, essayant de jouer avec lui comme le chat avec la souris. Il lui aurait suffit d’allumer sa lampe torche pour le débusquer mais l’idée lui parut trop facile. Ce sale môme se croyait malin !? Il allait voir lequel des deux était le plus malin !

Un léger bruit sur sa droite le fit sursauter ! Il aurait juré avoir vu bouger des ombres ! Soudain, une lampe s’alluma, l’aveuglant, complètement. Il cligna des yeux, essayant d’y voir quelque chose. Une autre lampe s’alluma, aussitôt, puis ce fut comme s’il était entouré de plusieurs lumières aveuglantes, l’empêchant de distinguer quoi que ce soit de net ! Ces petits salopards s’étaient donc ligués contre lui pour le narguer !

Gare à celui qui lui tomberait sous la main. Le môme ne serait pas prêt d’oublier le traitement particulier qu’il lui réservait ! Soudain, les mômes se mirent à fredonner quelque chose qu’il ne comprit pas immédiatement. Il tendit l’oreille :

- Pédophile! pédophile ! pédophile ! pédophile !
- Vous allez la fermer ! hurla-t-il, se sachant soudain démasqué

L’homme avait la gorge sèche, se sachant découvert. Ainsi plusieurs gamins venaient de parler !?
Enervé, il bondit vers une lumière, tentant d’agripper l’un d’eux. Mais l'enfant, plus vif, s’esquiva et se fondit dans le noir.

Soudain, il y eut un bruit étrange. L’homme émit un gémissement de douleur, sentant un bruit violent porté sur sa nuque. A moitié sonné, il pivota, cherchant à affronter son jeune agresseur mais un second coup, encore plus violent, lui brisa les tibias, le faisant chuter au sol, lourdement.

Une peur insidieuse commença à l’envahir, la douleur se diffusant dans ses jambes, l’empêchant de se remettre debout. Combien étaient-ils autour de lui pour se venger des sévices qu’il leur avait infligés ? Les petites voix se remirent à chantonner :

- Pédophile, pédophile, pédophile, pédophile, pédophile, etc…

L’homme n’eut pas le temps de relever la tête. Les coups se mirent à pleuvoir sur lui, violents, méthodiques, l’empêchant de se défendre, lui cassant les os, froidement, en dépit de ses cris de souffrance, étouffés par le hennissement des chevaux affolés, qui flairaient l’odeur du sang…

Quand l’homme ne fut plus qu’un tas de chair informe sanguinolent, immobile, les enfants sortirent, en silence, un à un, de l’écurie. Le plus grand des gamins commença à faire le feu à la paille, ouvrant les box des chevaux complètement affolés. Effrayés par les flammes. Grandissantes, les chevaux s’élancèrent, labourant au passage le corps de l’homme sans vie, dans leur affolement. Toute l’écurie s’enflamma brusquement en quelques minutes comme une torche vivante, livrant le corps sans vie de leur tortionnaire, aux flammes salvatrices.

Les gamins, encore étourdis de leur audace, étaient revenus dans leur dortoir. Debout devant leurs petits lits, ils chuchotaient, unis dans une vengeance froide qui leur avait fait commettre l’irréparable, les faisant quitter le monde de l’enfance pour passer à celui plus cruel des adultes :

- Tous pour un ! Un pour Tous !
- Le silence est d’or !
- Rappelez-vous qu’ils ne découvriront rien si aucun de vous ne parle…
- Il ne fera plus jamais de mal à personne !
- Chut ! au lit maintenant …

Les enfants sautèrent dans leurs lits, guettant l’instant ou l’alarme allait se déclencher d’une sonnerie stridente, sortant des trottoirs d’un air étonné…Finalement, ils l’avaient eu leur vengeance!

26/02/2008



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