L'APPRENTIE MECANO

Offert par Erotica51



L'appartement d'en face était devenu libre depuis six mois. Bien des visiteurs venaient mais personne ne se décidait à y emménager. J'en avais conclu qu'il devait être mal plutôt mal exposé ou trop froid.

Après un long week-end passé à me relaxer au soleil, j'avais pris la décision d'aller bosser à l'heure, le lundi suivant. Ce lundi là, bien sur, fut gris, maussade et de surcroît commençait avec un début de pluie. Pas de quoi arriver au boulot en chantonnant. Comme toute journée commençant du pied gauche, bien que je me sois levée du pied droit, une fois au volant, je dus déchanter. Ma batterie était à plat. J'avais laissé mes lumières allumées durant tout le week-end, ayant de quoi m'alimenter durant six mois. Quelle poisse !

J'étais perdue dans mes réflexions, me demandant où j'allais pouvoir dénicher un garagiste, sachant que ceux ci bossent le samedi mais sont fermés le lundi, quand un bruit de freins me fit sursauter. C'était une amie qui passait dans le coin et m'emmena au travail. Je verrai mon problème en rentrant ce soir.

Heureusement, la journée passa très vite. Il faut dire que la paperasserie est devenue si importante dans les moindres gestes de la vie que ça occupe des heures durant. A 17 h, je filais sans attendre. La pluie avait cessé depuis midi et le soleil était enfin de retour, me rendant le sourire.

Je remontais à toute vitesse dans l'appartement, pris un jeu de clés, de l'anti-grippant et ma nouvelle batterie que je venais d'acheter. Encore heureux qu'il y ait une poignée pour la porter. Son poids me parUt monstrueux ! J'avais l'impression que mon bras se mettait à s'allonger! Je pestais. Même au 21 siècle, les batteries allégées n'existaient pas encore ? Avec 7 millions de femmes vivant seules, aucun homme n'avait pensé à créer ça ?

Je commençais par tourner autour du capot me demandant par où l'ouvrir. Il est vrai que c'était loin d'être aussi facile qu'une boite de sardines ! Je fis un premier essai, tentant de le soulever. Aie! Mes doigts ! Saleté de ferraille ! Quand je pense que je n'étais plus à jour depuis bien longtemps dans mes vaccins pour arranger le tout ! C'était bien ma chance de m'arracher un doigt! Voila que je saignais comme un goret qu'on aurait égorgé ! Enfin, je réussis à ouvrir ce satané capot. De toute façon, c'était lui ou moi mais un des deux aurait fini par céder.

Bou diou! C'était d'un compliqué à l'intérieur ! Je me fis l'effet d'un chirurgien prêt à tout disséquer. Bon, ce gros machin, c'est sûrement le moteur. Ah, je reconnais aussi le radiateur. Tiens, il y a deux vases ici ? Humm il faudra que je me décide à tremper mon doigts dedans et vérifier s'il s'est pour le lave glace ou autre chose...Bou diou! Que de fils qui ne servent à rien la dedans! Les mecs n'ont vraiment rien d'autre à faire pour s'amuser à en mettre autant. Bon, prudence, n'y touchons pas.

Beurk ! C’est plein de poussières la dedans. J'aurai bien mis un coup de kacher mais un ami un jour me l'a déconseillé! Il est vrai qu'avec un allumage électronique, je risque de tout court-circuiter.

Ah la voila enfin l'affreuse qui m'a gâchée ma journée ! C'est vrai qu'elle n'a pas l'air très récente ! Bon, deux boulons à dévisser et un troisième pour la faire glisser. J'ai un sourire carnassier. Facile finalement à faire! Pourquoi y a t il que des hommes dans ce métier ? Je tente une première approche et flûte! Ma clé m'a glissée des mains, dégringolant sous le capot. Mince, comment vais-je la récupérer ? Tant pis, je verrai après. Attaquons ces maudits écrous dont apparemment un seul arrive à céder. Rien à faire ! Je manque de force ! Punaise! Pourquoi mon père a fait de moi une gonzesse et non un mec ? ! C'est trop injuste ! Une bouffée de colère me prend soudain aux tripes et je retente un ultime essai. de guerre lasse, le second écrou s'avoue enfin vaincu !

Il ne me reste plus qu'un seul obstacle et je vais pouvoir changer cette fiche batterie. Pour une fois, vu l'endroit ou je dois enfiler ma clé, je suis bien contente d'avoir de petites mains. Han ! Pfffff allez, encore un effort ! je réessaie, m'accroche, tire, sue sang et eau en pure perte.

Des hommes passent, me sourient ou évitent mon regard désespéré. Je tire sur ma robe qui a, bien sur, remonté dévoilant mes cuisses, au delà de ce qui est autorisé. Bien sur, pour mâter, ils sont nombreux mais pour bricoler, pas question de compter sur eux!

J'en suis là, dans ces tristes remarques quand mon voisin de palier vient me retrouver. Pas question de lui demander de l'aide. Jean Jacques, malgré ses 64 ans allègres, n'a jamais su bricoler. Alors, inutile de lui demander de m'aider pour ce problème.

- Il doit bien y avoir quelqu'un dans l'immeuble qui pourrait vous aider mais qui ? Me dit-il, d'un air pince sans rire.

- Mon garagiste est fermé. Mon mécanicien habituel est au Maroc en vacances et il n'y a personne dans cet immeuble qui bosse dans la mécanique. Me voici bien ennuyée!

- Ne vous tracassez pas, ma petite Marie, je vais essayer de vous trouver quelqu'un, me dit Jean Jacques pour me réconforter, me laissant à mon triste sort...

Je ne m'avoue pas vaincue. Une bonne dose d'anti-grippant est mis sur ce maudit boulon récalcitrant. Je sens que je vais aller chercher un marteau et un burin s'il me résiste encore ! Aie! Voila un second doigt égratigné ! Cette fois ci ce n'est plus un cochon qu'on égorge mais bien moi en train de me vider de mon sang ! Encore quelques heures et je vais me retrouver totalement anémiée ! Je ne relève même pas la tête en entendant des voix discuter.

- Marie, regardez qui vient nous aider! Me dit Jean-Jacques, se retenant de rire, me voyant barbouillée de traces noirâtres sur la joue comme une indienne sur le sentier de la guerre.

Un garçon, beau comme un dieu, me fixe en souriant. Malgré cette agréable surprise, j'abrège les présentations :

- Vous vous y connaissez vraiment ? Ai-je demandé, déterminée à ne pas perdre mon temps précieux

- Bien sur! Je suis mécanicien et... votre nouveau voisin ! N'hésitez pas à m'appeler !

En effet, quelques minutes plus tard, la nouvelle batterie est en place et ma voiture ronronne comme une chatte heureuse.

Le soir, à l'abri des regards, excitée comme une puce en chaleur, je me demande si je vais arriver à trouver le sommeil, sachant qu'un homme, beau comme un dieu, se trouve, à deux pas de chez moi ! Je sens que ma chatte n'a pas fini de s'énerver et de me tenir, de longues heures, éveillée !



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