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"Le maroc :"
Envoyé par Erotica51 le 7 octobre 2016 à 17:02 - 502éme visualisation
Airbnb, dernier refuge des amants marocains

Au Maroc, où les relations extraconjugales sont punies par la loi, les logements proposés par la plateforme en ligne permettent de contourner les contrôles de police. Un marché florissant.

Malika et Najib sont garés devant un petit immeuble au bord de la plage de Taghazout, sur la côte atlantique marocaine. Ensemble depuis trois ans, ils ont fait cinq heures de route depuis Casablanca pour un week-end en amoureux.
« On cherchait un coin isolé, à l’abri des regards », précise Najib.

Au bout de quelques minutes, un homme vient les chercher. Le dénommé Mohamed leur confie les clés de l’appartement et s’en va en lâchant : « Les voisins sont étrangers, ils ne vous dénonceront pas. »


Des centaines de couples marocains illégitimes se tournent vers une plateforme moins formelle : Airbnb.
Des centaines de couples marocains illégitimes se tournent vers une plateforme moins formelle : Airbnb.

A 29 et 33 ans, Malika et Najib ne sont pas mariés. Et au Maroc, ils risquent la prison s’ils sont surpris par la police dans la même chambre. La loi qui punit les « relations extraconjugales » pose des problèmes à tout le monde, y compris à ceux qui la défendent avec acharnement.

Le 23 septembre, la presse marocaine a fait état d’une liaison présumée entre le président du groupe parlementaire du Parti de la justice et du développement (PJD, islamiste), Abdellah Bouanou, et une jeune élue franco-marocaine du même bord.

Un mois plus tôt, un autre scandale sexuel avait poussé les deux vice-présidents de l’aile prédicatrice et religieuse du PJD à démissionner, après avoir été interpellés par la police au cours de leurs ébats amoureux… dans une voiture.

« Nous sommes sans cesse traqués », déplore Malika. Un décret précise que les couples non-mariés n’ont pas le droit de séjourner dans des hébergements touristiques.

Cette interdiction ne s’applique pas aux couples étrangers, à moins que l’un des deux soit marocain ou binational.

« A l’hôtel, ils demandent l’acte de mariage à tous les coups », s’exaspère la jeune femme.

« Je choisis des destinations loin des villes touristiques comme Marrakech, Agadir et Tanger. » Yacine, 27 ans

Si bien que, comme des centaines de couples marocains illégitimes, elle a décidé de se tourner vers une plateforme moins formelle : Airbnb.

« J’ai envoyé un message au propriétaire pour le prévenir de la situation, il était d’accord », poursuit-elle à propos de l’appartement avec vue sur la mer à Taghazout.

En quelques clics, c’était réservé. Mais les amants ne sont pas au bout de leurs peines.

« Il faut faire gaffe aux indics », lâche Yacine, 27 ans, lui aussi grand utilisateur d’Airbnb. Vendeurs de cigarettes au détail, marchands de fruits ou gardiens de voiture : la police marocaine, qui aime débarquer en pleine nuit, entretient une petite armée d’informateurs, sans compter les voisins, bien souvent délateurs bénévoles.

« Je mets une alliance pour ne pas attirer les regards », révèle-t-il, avant de se vanter de savoir « semer les espions » pour passer une nuit tranquille avec sa compagne.

« Mais je choisis des destinations loin des villes touristiques comme Marrakech, Agadir et Tanger », où le tourisme sexuel est répandu et les contrôles plus fréquents. Dernière astuce :

« J’utilise la carte de crédit d’un ami en France, je fais la réservation à son nom. »

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• Mis à jour le 07.10.2016
Par Ghalia Kadiri
  
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