LE SECRET DE ROBINSON

par Erotica51



Depuis tant d'années, qui se souciait, de Lui ? Chaque matin, en prenant son café, Robinson songeait au quotidien ou rien de spécial ne se passait. Son cœur était vide, depuis, trop longtemps. Le poids de sa solitude lui pesait, depuis un moment et il était coincé, sur cette île sauvage, où par mégarde, le vent soulèvait joyeusement les jupes des filles du Grand Large, d'un frôlement fripon.

Il les regardait passer, les yeux brillants, devant ces jolies effrontées, qui l'aguichaient ouvertement. Ah ! S'il ne tenait qu'à lui, il y avait belle lurette, qu'une d'entre elles serait tombée, telle une caille bien cuite, dans son lit. Mais, il y avait un hic : Robinson n'en voulait plus, relevant, tout juste, d'un mal étrange, qu'on surnommait, pudiquement, le mal d'amour. Alors, il se contentait de mater les filles, discrètement, histoire de temporiser ses ardeurs !

Aujourd'hui, le vent semblait s'être calmé. Dommage; il ne lui restait plus qu'à se promener. Un bref coup d'œil sur sa tenue; Mummm; quelques kilos à perdre, en surplus. Pourquoi n'irait-il pas se faire un jogging, aujourd'hui, puisqu'il faisait beau et frais? Et bien, allons-y ! se dit-il, d'un sourire tout ragaillardi…

Depuis quelques temps, il ne savait vraiment plus où il en était. Qu'importe toutes ces pensées moroses ! Il s'élança, sur la plage déserte, adaptant son souffle à son rythme. Combien allait-il courir, aujourd'hui? Cinq, dix kilomètres ? Pourquoi pas ? Il observait, avec attention, la plage de sable fin, qui crissait, sous ses pas. Pas la moindre bouteille, échouée par mégarde. Le Vent devait, sans doute, se les approprier pour son propre plaisir personnel.

Quelque chose attira son attention qui semblait flotter, sur les vagues en mouvement. Il s'arrêta, fronçant les sourcils, mettant sa main en visière, pour se protéger des reflets du soleil. Oui, il y avait bien quelque chose qui flottait dans les flots, mais qu'est-ce que cela pouvait bien être ? Nom de dieu ! On aurait dit un corps humain !

Mu par je ne sais quel pressentiment, il se débarrassa de ses chaussures et son maillot en un tour de main, les jetant sur le sable et courut, vers le large où il se mit à nager, vigoureusement. Lui qui avait prévu d'aller, dans cette grotte secrète, qu'il s'était aménagée, en rangeant ses écrits, quelques bouteilles de bon vin, envoyées par des amis du continent. Sa grotte était modeste, mais il l'aménageait, tout doucement, tel un havre de paix, empli de doux secrets.

Enfin, il aperçut, ce qui flottait, doucement, portée par les vagues. C'était une femme ! Impossible de se tromper. La jeune femme, paraissait, inanimée. Il l'attrapa, fermement, balayant l'eau, de l'avant bras, tout en la remorquant, lui maintenant le visage, hors de l'eau, de l'autre bras. Heureusement, elle n'était qu'évanouie et guère bien lourde. Il s'approcha le plus près possible de la plage, puis la soulevant, dans ses bras puissants, voulut lui pratiquer un bouche à bouche, rapidement. Mais en la soulevant, il faillit la lâcher, stupéfait !

Ce n'était pas possible ! Cela ne pouvait exister ou bien, il était ivre ! C'était impossible ! Il avait une hallucination, tout éveillé ! Il la déposa sur le sable, lentement, l'observant, inquiet, d'un air hébété, pétrifié, par ce qu'il venait de découvrir en la ramenant sur le sable…

II.

Après avoir touss et recraché l'eau de mer, la jeune femme le fixait de ses grands yeux couleur d'océan. Ses cheveux longs, mouillés, ressemblaient à des algues blondes; Les lèvres entrouvertes, elle respirait, difficilement; mais le plus étrange, était que son corps se terminait, non pas avec de longues jambes comme il l'avait imaginé mais avec une immense queue de poisson ! Il venait de sauver une véritable sirène ! C'était impensable et pourtant vrai ! Incroyable ! Jamais, on n'allait le croire ! Robinson était comme pétrifié, stupéfait, devant cette jolie sirène, mi-humaine, mi-animale. Il restait agenouillé, devant elle, indécis, ne sachant quoi faire, pour lui venir en aide. Un sourire léger flottait, sur ses lèvres et les yeux de la belle retrouvaient un peu de leur éclat naturel.

- Bonjour, vous m'avez fait une de ces peurs. J'ai cru que vous vous étiez noyée, lui dit-il, doucement, pour ne point l'effrayer.

Il attendit, inquiet, se demandant, tout à coup, si les sirènes pouvaient parler. Comprendrait-elle qu'il ne voulait pas l'effrayer ? Elle l'observait, attentivement, suivant, d'un œil curieux, le moindre de ses faits et gestes. Qu'allait-il faire ? Elle se sentait terriblement inquiète, sachant son secret, dévoilé.

L'avait-elle effrayé ? Allait-il se sauver en hurlant comme cela était déjà arrivé? Il s'approcha d'elle, calmement, la recouvrant de sa serviette de bain.

- Non ! ce n'est pas nécessaire, murmura-t-elle, en le voyant tenter d'essuyer sa longue queue, aux écailles aux reflets nacrés

Il avala sa salive, bien plus troublé, qu'il n'osait le montrer. Il découvrait, incrédule, une véritable sirène qui, de surcroit, parlait sa langue ! Ce fut un véritable soulagement. Il songeait, inquiet, aux rumeurs qui ne tarderaient pas à s'amplifier, s'il signalait aux autorités sa présence ou si quelqu'un venait à divulguer cette information.

Sans s'expliquer pourquoi, il souhaitait, avant tout, la protéger; la garder, près de lui, encore un peu et pourquoi pas, découvrir d'où elle venait. Les sirènes n'existaient donc pas que dans l'imaginaire des hommes ? Stupéfiant ! C'était bien la première fois qu'il en voyait une, en réel !

Elle releva son buste et il découvrit, malgré lui, une poitrine ferme, aux seins aguichants, dévoilée, impudiquement. Il se rappela sa piscine, cachée, derrière sa maison, par de hauts conifères. Elle se mit à trembler, brusquement et il s'approcha d'elle, prenant sa main, doucement.

- Que puis-je faire pour vous aider ? demanda-t-il, inquiet

- J'ai terriblement besoin d'eau; mon corps est en train de se déshydrater. Apportez-moi rapidement, de quoi me rafraîchir; sinon, je risque d'en mourir.

Pas question de la mettre dans la piscine, immédiatement. Comment son corps supporterait-il les produits chimiques, qu'il venait d'y mettre, deux jours, auparavant, pour désinfecter l'eau? Il commença à actionner la pompe pour la vider et changer l'eau. Cela allait prendre quelques heures. En attendant, il alla dans la salle de bain, remplissant sa baignoire, rapidement, d'eau fraiche. L'eau chaude tuait les poissons et il n'oubliait pas qu'elle était à demi poisson ! Se rappela-t-il, soudainement !

Il la souleva, délicatement et la déposa dans l'eau, doucement.

Plouf ! En un éclair, elle disparut, sous l'eau, faisant apparaître une chute de reins souple.


- Comment vous appelez-vous ?

- Loreleï, murmura-t-elle, en réapparaissant. Voulez-vous me laisser, un instant, demanda-t-elle, en le regardant, d'un regard suppliant.

Il sortit de la pièce, la laissant entrouverte, lui recommandant, de l'appeler, dès qu'elle aurait besoin de son aide. Puis il alla s'installer, dans son fauteuil préféré, tout en réfléchissant….

Quelques notes cristallines vinrent effleurer ses tympans et il tendit l'oreille, inquiet, soudainement. Il sourit, rassuré. Tout allait bien, la jeune femme chantait d'une voix mélodieuse. On aurait dit le clapotis joyeux d'une joyeuse rivière. Puis la voix changea, lentement ; le son devint plaintif, presque déchirant. Elle devait s'être blessée, pensa-t-il, accourant, affolé!

Il courut plus qu'il ne marcha, poussant la porte, brusquement, craignant le pire. Elle flottait, dans l'eau, inanimée, les yeux mi-clos, le visage pâle. Qu'avait-elle ? Il la souleva, l'emportant, l'enveloppant, la déposant sur le divan, tout en la frictionnant, énergiquement. Qu'allait-il pouvoir lui donner? Un café ? Un alcool ? Impensable; oui, il savait ! Uniquement, de l'eau fraîche et légère.

Elle avala quelques gouttes, pourtant, hochant, doucement, la tête, pour le remercier. Ils s'observaient, l'un et l'autre, en silence. Etrange spectacle, en vérité, que cet homme seul, légèrement incrédule par ce qu'il lui arrivait et cette charmante sirène irréelle, qui entrait dans sa vie, lui qui n'attendait plus rien, si ce n'est l'oubli et le silence.

Il se faisait tard. Il la coucha, mettant un peu d'eau fraîche, près d'elle, lui offrant sa chambre, galamment; restant allongé, dans la chambre d'à coté, la porte entrebâillée. La nuit allait être longue. Il le pressentait...

III.

Il s'était endormi; profondément. Combien de temps, s'était-il assoupi ? Il l'ignorait. Robinson sentit un peu d'air frais, circuler, dans la pièce; Avait-il oublié de fermer la fenêtre ? Se rappelant la présence de son étrange invitée, il se leva, doucement, n'osant allumer la lumière, restant dans l'obscurité, pour ne point l'éveiller.

Il marchait, prudemment, prenant garde de ne pas se cogner, aux meubles, au passage. La lune éclairait la pièce, d'une lumière lunaire, immatérielle. Le lit, dans lequel, il l'avait couché, était défait mais vide ! Il n'y avait plus personne dedans ! Mais où donc était passé sa jolie sirère ?

La porte était entrouverte; se serait-elle enfuie ? Qu'avait-elle découvert ? Son front se plissa, d'incertitude; Il s'avança, inquiet, allant vers la piscine. Se serait-elle enfuie, silencieuse, dans la nuit, sans même lui dire merci ? Il accéléra le pas, s'arrêtant, brusquement. Il percevait une présence étrange, à quelques pas de là. Il regarda le sol. Des traces de pas menus, semblaient le guider, lentement. Incapable de résister, il suivit les traces humides, qui commençaient déjà à s'évaporer. Qui était venu chez lui en pleine nuit? La sirène ne pouvait avoir fait de telles traces, puisqu'elle avait une queue de sirène !

Il s'approcha, lentement, restant prudemment dans la pénombre, tout en la regardant. Assise, sur le bord de la piscine, elle semblait observer, les nuages qui défilaient, voilant, par instants, la face de la lune. Elle élevait une main, fine et gracieuse, vers les cieux, dans une étrange prière. Priait-elle ? Non ! Les sirènes n'ont pas de religion. Qu'attendait-elle, la main tendue, vers le ciel, dans une supplique, émouvante.

Il vit, alors, quelque chose d'étrange. Le ciel s'illumina, soudain, de mille étoiles brillantes, éclairant le firmament, d'une manière surprenante. Il leva les yeux, stupéfait, découvrant une étoile qui semblait, venir dans sa direction. Elle ne semblait pas en avoir peur, pourtant; les yeux levés vers cette lumière qui se rapprochait d'elle, à une vitesse vertigineuse; Il éprouva une envie pressante de se précipiter, vers elle, pour la protéger, mais une force étrange le maintenait, au sol, inexplicablement. Il était devenu le spectateur, d'un événement que lui-même, redoutait. L'étoile se rapprochait, de plus en plus vite. Brusquement, elle marqua un temps d'arrêt, restant suspendue, dans le vide immense et silencieux de la nuit. L'étoile demeurait, face à Elle, illuminant son visage, dans un doux scintillement. Les nuages, s'écartèrent, dévoilant son visage, le laissant muet de stupéfaction…

Elle pleurait à gros sanglots, en silence, solitaire. Les larmes s'écoulaient de ses yeux, dans un flot continu paraissant ne jamais s'arrêter. L'étoile s'était posée, doucement, dans le creux de sa main, étrange lumière scintillante, dans la nuit irréelle et stupéfiante. Terriblement ému, il sentit sa gorge se nouer…

Pourquoi pleurait-elle? Par quelle magie arrivait-elle à attirer une étoile, auprès d'elle ? Comment ne se brûlait-elle pas à son contact ? Elle paraissait l'apprivoiser en lui parlant doucement. Il n'eut pas le temps de s'interroger, plus avant, un coup de tonnerre le fit soudain sursauter. Surpris, il se rejeta, brusquement, dans l'ombre du mur, de peur d'être découvert moins que ce ne soit la crainte d'un nouvel événement impossible à maîtriser.

Elle sortit de l'eau, chuchotant quelques mots, à l'étoile. Ses larmes semblaient s'être taries comme un ruisseau asséché dont on aurait détourné le fond. Un doux sourire éclairait son visage, dévoilant, enfin, ses traits apaisés. L'étoile s'éleva, clignotant, quelques secondes puis disparut, dans la nuit, tout aussi soudainement, qu'elle était venue, auprès d'elle.

La sirène sortit, alors, de l'eau, d'une démarche légère. Ce qu'il découvrit le plongea dans une immense perplexité. Sa queue de sirène avait mystérieusement disparu ! Elle marchait, gracieuse, le corps, totalement nu, regagnant la maison, à petits pas silencieux. Que devait-il faire ? Devait-il se découvrir ? Mieux valait aller se recoucher, comme elle. Il verrait demain matin, au réveil, ce qu'il convenait de dire ou de faire. Ce soir, son esprit était trop perturbé.

IV.

Regarder un homme endormi, n'est-ce pas comme tenter, de le découvrir, à son insu ? Et pourtant, Elle ne se lassait pas de ce spectacle; lui découvrant des mimiques étonnantes, désopilantes, même, quand, facétieuse, elle lui caressait la joue, d'une mèche de ses cheveux longs. Oui, il dormait, profondément, inconscient de sa présence, pourtant si proche, en cet instant.

Un léger sourire apparut sur ses lèvres. Quel pouvait être le contenu mystérieux de ses rêves? Elle s'approcha, encore plus près de lui; si près, qu'elle aurait pu poser ses lèvres, sur son torse découvert. Elle se pencha sur lui, humant l'odeur masculine de sa chair : Mummm…Sa main gauche pendait, mollement, sur le bord du lit; dévoilant de longs doigts de pianiste.

Elle s'agenouilla, nerveuse, prête à s'enfuir, au moindre de ses gestes, telle une biche aux abois; Non, il ne bougerait pas; ne se réveillerait pas, la rendant plus téméraire; Elle s'approcha, encore plus près, de sa main, déposant, délicatement, sur chacun de ses doigts, un baiser aussi léger qu'une aile de papillon. Inquiète, elle leva les yeux vers lui; Il dormait toujours, profondément. Elle approcha son visage, lentement et ses lèvres, s'arrondirent puis s'ouvrirent comme une fleur délicate ; une langue rosée, en sortit, humectant ses lèvres, lentement; d'un geste gourmand; puis, sa bouche s'ouvrit plus grand, engouffrant doucement son majeur; Robinson sursauta, surpris, soudain, par cette étrange chaleur; appréciant la caresse savoureuse, qu'elle lui prodiguait. Les lèvres se firent soyeuses, enjôleuses, savoureuses, chaudes, l'entraînant dans un étrange va et vient excitant. S'il se réveillait, il lui suffirait de lâcher son doigt et de ne plus bouger; pensa-t-elle.

Elle leva les yeux, sur lui, endormi; émouvant, sans défense; Il remua, légèrement; dégageant d'un geste vif, le drap qui le recouvrait; dévoilant son corps dénudé, sous son regard affamé. Elle reprit son doigt, le reprenant dans sa bouche! Pourquoi avait-elle choisi ce doigt ? Elle l'ignorait; mais il lui semblait le plus intéressant; le plus étonnant. Celui-ci était plus grand que les autres, plus fort aussi. Elle tira, doucement, le drap, sur son corps, achevant de le dénuder, totalement. Sous ses yeux impatients, ses lèvres reprirent leur caresse voluptueuse : Je rentre… Je sors… Je rentre… Je sors… Je rentre…Le geste était terriblement évocateur et troublant.

V.

Que ressentait-il ? Elle n'aurait su le dire, le regardant, avec une acuité inhabituelle. Quelque chose semblait bouger; grossir, se raidir, entre ses lèvres, d'une manière stupéfiante. Elle se figea; observant avec une certaine appréhension cette étrange excroissance qui semblait, se nourrir de lui-même. Etait-ce dangereux? Il bougea, lentement, étirant son corps, doucement. Etait-ce douloureux ou agréable, pour lui ? Elle sourit, malgré elle, attendant qu'il retrouve une position plus confortable, ne voulant pas prendre le risque de le réveiller ni de se faire surprendre. Qu'aurait-elle pu donner comme explication? Comment aurait-il réagi ?

Il avait relevé son bras, sa main posée, négligemment sous sa tête, dans un charmant geste d'abandon. Un léger sourire flottait, sur ses lèvres, le visage, légèrement, tourné, vers la fenêtre. Son corps l'intriguait; elle avança une main curieuse, frôlant, doucement, ses cuisses; comme c'était étrange la peau d'un humain! A certains endroits, la peau était douce, presque vulnérable; à d'autres, velue, ferme, presque animale. Ses doigts glissaient, sur ses cuisses, avides de sensations innovantes, pour elle. Le haut de ses jambes était, légèrement, arrondi, devenant d'une extrême douceur, en allant, vers l'intérieur. Elle rassembla ses souvenirs; cette étrange protubérance, était-ce ce que l'on nommait pudiquement un sexe? Oui, cela devait être son sexe. C'était le premier sexe d'homme, qu'elle voyait, en réel; elle l'observait du coin de l'œil; émue, un peu impressionnée par la rapidité, avec laquelle, cette excroissance continuait de se transformer.

En repos, il avait l'air tellement inoffensif, presque fragile, comme endormi. Puis, quand elle avait commencé à le frôler, il semblait, se réveiller, s'allongeant, mystérieusement, grossissant, peu à peu, se raidissant, rapidement, fièrement dressé, battant en rythme, à petits coups nerveux, contre son ventre, comme animé d'une vie propre à lui-même. Elle s'avança, vers lui, se penchant, sur son ventre, posant ses lèvres douces, goûtant la douceur de sa chair. Elle était d'une finesse étonnante; d'une fragilité émouvante; d'une translucidité stupéfiante; parcourue de fines veines bleutées où semblait naître le cœur de la vie.

Le gland semblait animé, légèrement, incurvé, dans sa direction, comme une douce invitation. Elle entrouvrit les lèvres; posant une langue curieuse, dessus. Quel goût avait-il ? Une goutte de liqueur apparut, perla, au bout du gland, comme une goutte de rosée, lentement. Elle la goûta, du bout de la langue, savourant sa liqueur, légèrement, salée; d'une saveur indéfinissable. Gourmande, d'un coup de langue vif, elle la frôla, la dégusta, à nouveau, puis, gourmande, soudain, engloutit la liqueur, dans sa bouche impatiente.

Elle se sentait inquiète, toutefois; le plaisir de profiter de lui, à son insu, se mêlait à la peur d'être surprise. Cette situation l'excitait et l'effrayait, à la fois; mais, il l'attirait, tellement, ainsi endormi;

Elle laissa, à nouveau, sa langue le caresser; humant l'odeur de sa peau, à chaque endroit différent, de son corps. Les effluves qui s'en dégageaient, changeaient, imperceptiblement, suivant son parcours : sous ses bras, dans son cou; elle sourit, une nouvelle fois, posant ses lèvres fraîches sur les siennes, offertes, naturellement. Ses cheveux, son torse, son ventre, son sexe, le creux émouvant de l'aine, l'intérieur mystérieuse de ses cuisses, le creux tendre de ses genoux; ses jambes si longues; ses grands pieds cambrés. C'était pour elle un étrange voyage initiatique où ses yeux voyageaient.

Elle engloutit son orteil, délicatement, le happant, doucement, montant et descendant, tout en le suçant, suavement, le caressant, du bout de la langue. Comme surpris par cette réaction, son sexe s'était redressé, soudain, agité, bandant, nerveusement. Serait-il déjà excité par quelques simples coups de langue, se demanda-t-elle ? Elle s'était relevée, sans paraître gênée, observant sa virilité dressée et son corps dénudé, comme offert, fébrile, délicieusement.

VI.

Elle s'en approcha, encore plus près, intriguée. Ce sexe était surprenant, paraissant presque menaçant et attirant, en même temps. Malicieusement, elle fit glisser ses cheveux sur son torse, parcourut son ventre, caressant son ventre puis cette étrange excroissance. Celle-ci sembla s'emballer, brusquement. Inquiète, elle posa la main dessus. Son sexe était devenu dur, bien que malléable, pulsant d'un feu étrange. Elle s'approcha, encore plus près, grimpa sur le lit puis, avec précaution, l'enjamba…

Nerveux, son corps semblait agité d'une vie intérieure. Il balançait ses hanches, en avant, crispant ses cuisses, brusquement. Ses mains se posèrent soudain sur ses cuisses. A leur contact, tout son corps se mit à frémir. Il avait une peau fraîche, agréable au toucher et paraissait terriblement excité. Elle avait adoré l'enjamber, prise entre la peur d'être surprise et l'envie de jouer avec. Elle se mit à frôler sa toison, laissant les poils soyeux glisser, entre ses cuisses ouvertes.

Penchée, amusée, un sourire aux lèvres, elle frôla se lèvres, délicatement. Son premier baiser, à un homme. Il avait des lèvres fraîches, pleines, comme tendues, déjà, vers elle. Elle observa son visage, dans l'ombre de la pièce. Impossible à le distinguer. Peu à peu, la pièce sembla s'éclairer, la lune inondant la chambre, de son étrange lumière blafarde. Elle s'était rapprochée de lui, intriguée.

Soudain, elle sursauta. Ses yeux étaient grands ouverts et l'observaient. Il avait d'immenses yeux sombres; ses lèvres s'étirèrent; ses mains s'agrippèrent à ses fesses, percevant mystérieusement son désir charnel. Son cœur se mit à battre plus vite. Qu'allait-il faire ? Un silence pesa, entre eux, comme si le temps avait, brusquement, suspendu son vol.

VII.

Avec une lenteur extrême, il posa ses mains sur sa poitrine, emprisonnant, chacun de ses seins, avec délicatesse. Elle ne dit rien, trop surprise. Il continua ses caresses, prenant soin de ne pas l'effrayer, comprenant que c'était la première fois, qu'un homme osait la toucher. Il lui sourit pour la rassurer. La voyant se détendre, il poursuivit la découverte de son corps. Quand même ! Il n'y avait qu'à lui que ce genre d'aventure arrivait mais ce serait bien la première fois où il ferait l'amour à une sirène !

Il la fit coulisser, sur son sexe, s'amusant à le glisser, entre ses lèvres ouvertes. Inutile d'aller trop vite. Ils avaient toute la nuit pour se découvrir. Ses mains glissaient, doucement, sur sa chair, réveillant des émotions enfouies, au plus profond de sa chair. Jamais on ne lui avait dit que les sirènes pouvaient faire l'amour avec un homme ! C'était la rencontre de deux êtres, totalement différents, qui tentaient de se rapprocher. Soudain, il tendit l'oreille, en entendant se rapprocher la sirène de la police !

- Bon sang! qu'allons-nous faire ? Je suis sur qu'ils viennent ici ! Un de mes voisins a du t'apercevoir de sa fenêtre et alerter les forces de l'ordre !

Elle le regardait, l'air interrogatif. Il n'avait pas le cœur de la voir déjà disparaître ni la voir servir de cobaye, à la population curieuse ! D'un geste décidé, il la souleva, lui expliquant rapidement, son stratagème. Puis la vit, se diriger et glisser, gracieusement dans la piscine, pratiquement remplie. L'eau devait être froide mais ils n'avaient pas d'autres choix. Il lui parla à voix basse, un bref instant. Elle opinait de la tête, lui prouvant qu'elle avait bien compris ce qu'il attendait d'elle.

Les sirènes hurlaient, de plus en plus fort, au coeur de la nuit et s'arrêtèrent juste devant chez lui. Des policiers descendirent, de leurs véhicules, à toute vitesse et vinrent tambouriner contre la porte d'entrée.

- Police ! Ouvrez !!
- Que se passe-t-il, Messieurs ? Pourquoi la police chez moi à cette heure-ci ? Quel crime ai-je commis ?
- Nous savons que vous avez une " sirène " chez vous !
- Humm une sirène ? une vraie ? Vous plaisantez j'espère ! J'étais dans la piscine avec ma petite amie, pour notre bain de minuit, il est vrai. J'ignorais qu'on nous épiait à cette heure-ci !
- Je dois vérifier qu'il ne s'agit pas d'une sirène, Monsieur ! Pouvez-vous me guider jusqu'à votre amie ?
- Bien sur mais laissez-moi prendre une serviette de bain. Mon amie est très pudique et vous risquez de l'effrayer
- Ok ! allons y les gars !

Chemin faisant, il se mit à prier, silencieusement pour qu'elle réagisse, sans manifester de peur, face aux policiers. Quand il arriva, il poussa un soupir de soulagement. Elle était allongée sur sa chaise longue, le corps enroulé d'un drap de bain, frileusement. Elle redressa la tête en les voyant :

- Que se passe-t-il, mon amour ?
- Ces messieurs de la Police veulent vérifier que tu n'es pas une sirène, bien que je te trouve, personnellement, aussi ensorcelante !
- Bonsoir, Messieurs. Nous avons voulu prendre un bain de minuit, dans notre jardin, simplement. Que puis-je faire ou dire pour vous convaincre qu'il doit s'agir d'une plaisanterie ?
- Vous mettre debout et me dévoiler vos pieds, Madame, dit le policier, amusé
- Oh ! Je n'ai pas eu le temps de me vernir les ongles mais les voici…

Elle avait soulevé le drap et lui montrait deux petits pieds délicats aux chevilles d'une extrême finesse. L'inspecteur de police poussa un soupir, pestant contre l'imbécile qui l'avait appelé en plein milieu de la nuit.

- Je suis vraiment désolé, de vous avoir dérangés, si tardivement. Avec toutes mes excuses, dit le policier, déconfit, qui repartit.

VIII.

Une fois, leur tranquillité retrouvée, Robinson se plaça, devant elle, lui demandant, tout bas :

- Ca va ? Veux-tu m'expliquer comment tu réussis à faire disparaître ta queue de sirène ?

- Dès que nous devons rester debout, la magie des sirènes nous protège. Notre queue disparaît et se trouve remplacée, par des pieds, comme vous, les humains. Le plus difficile est de ne pas se faire repérer, car il nous faut attendre, quelques minutes, pour que le processus opère. La proximité de l'eau nous aide et accélère alors l'accélération des cellules, ce qui nous permet de nous adapter, quelque soit l'endroit où nous nous trouvons…

- Je comprends mieux, maintenant, dit Robinson, en la regardant, gravement. Il savait qu'il n'avait pas rêvé. Cette sirène était bien réelle, même si cette jeune femme lui paraissait toujours aussi extraordinaire.

Il la prit, tendrement, dans ses bras, préférant retrouver la discrétion des murs de la maison. Jamais il n'avait eu aussi peur de la perdre. En la voyant sourire, il poussa un soupir de soulagement. Elle avait su faire face, brillamment, à ces gens venus l'interroger.

Il la déposa dans la chambre, les yeux brillants, impatient de retrouver leur intimité. Ses longs cheveux éparpillés autour de son visage formait un flot enchevêtré de cheveux blonds. Elle avait l'air si vulnérable brusquement. Délicatement, de la main, il lui caressa le visage, espérant la rassurer. Il s'allongea près d'elle, chuchotant à son oreille :

- Tu es bien ?
- Oui, auprès de toi, je n'ai plus peur de rien

Il replia autour d'elle, son bras, avec tendresse, la serrant contre son torse, sans un mot. Puis il la regarda s'endormir, sachant qu'il resterait toujours auprès d'elle.

Même l'impossible peut arriver, dans nos vies et nous apporter le bonheur, sans faire de bruit….

Fin

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