LA PIERRE AUX MILLE POUVOIRS

par Erotica51


Désemparé, John venait de quitter le tribunal, où son divorce venait d'être prononcé, définitivement. Il savait que Christine ne changerait plus d'avis. Un autre homme était entré dans sa vie. Il ne lui restait plus qu'à s'incliner et à accepter qu'elle sorte de sa vie .

Un long week-end s'annonçait. Qu'allait-il faire ? La nausée lui venait en pensant à rentrer dans sa maison vide! C'était comme si, soudain, on venait de lui couper la lumière. Il n'avait aucune envie de se retrouver avec ses copains, à faire la fête. Seul, Jean-Yves avait toujours été de bons conseils et lui avait même proposé son maisonnée en bordure de mer, pour se remettre. Il décida de l'appeler :


- Allo ? Jean-Yves à l'appareil
- Salut, c'est John; j'ai besoin de ton aide
- Humm je sais que c'est un jour particulièrement difficile aujourd'hui. Qu'as-tu prévu durant ce long week-end de Pentecôte ?
- Bof ! j'ai envie de rien et penser à la maison vide, me donne le bourdon. Tu as prévu d'aller au Havre, ce week-end?
- Non, j'ai rendez-vous avec Claire, ma nouvelle petite amie. Veux tu aller faire un tour au bord de la mer ? ça te changera les idées !!!
- J'avoue que je n'osais de le demander, Jean-Yves. Rester dans la même ville qu'elle, me donne l'impression d'étouffer!
- Bon, je passe t'apporter les clés avant de filer retrouver Claire! Tu trouveras tout ce dont tu as besoin pour manger ! J'ai rempli le garde-manger , il y a quelques jours à peine ! Profites-en pour t'aérer !!!
- Promis! De toute façon, je n'ai pas envie de rester à ruminer. Je prendrais ma canne à pêche et mon maillot de bain, pour piquer une tête dans la mer.
- Merci ! tu es vraiment un mec super ! ! j'espère te rendre ça, un jour !!!
- Le plus important est de te remettre sur pieds !!! pour l'instant, tout baigne pour moi ! j'arrive dans un quart d'heure !

Quand Jean-Yves arriva, il fut atterré de voir l'état de son ami. En quelques mois, John avait terriblement maigri. Une bonne dizaine de kilos au moins ! Ils prirent un café, tout en discutant. Fallait-il laisser John seul durant ce long week-end? Celui-ci dut deviner se pensées, car il le rassura très vite ! Il n'était pas homme à faire une connerie. Il avait juste besoin de se changer les idées ce week-end et quitter la région.


- Je veux que tu m'appelles chaque jour !!! exigea-t-il toutefois
- Ok ! nounou ! dit John en souriant pour la première fois depuis bien longtemps

Après quelques recommandations, sur la maisonnée et la promesse arrachée, d'appeler Jean-Yves, chaque jour, il adressa un dernier geste à son ami, le regardant partir avant de se consacrer à préparer quelques affaires.

Une fois Jean-Yves parti, John prépara son sac de voyages, vérifia la pression de ses pneus et son niveau d'huile et d'eau, sachant qu'il aurait un long trajet qui l'attendait. Il prit sa carte routière, une bouteille d'eau fraîche, quelques fruits et une thermos de café bien chaud. Un blouson, un pull, un jean, des chaussettes et une paire de chaussures de marche. Un regard dans la pièce, fermer le gaz, éteindre l'ordinateur, totalement, fermer les volets et un dernier tour de clés pour fermer la maison. Il pouvait enfin s'en aller.

La route fut agréable; peu de monde circulait. Mais il demeurait prudent. Un imprévu pouvait si vite arriver! Il s'arrêta, deux ou trois fois, le temps de se désaltérer, de se dégourdir les jambes. Après tout, rien ne pressait. Etonné, il découvrait, soudain, le plaisir de flâner, de se détendre, ce qu'il ne faisait jamais. Toutes ces années passées n'avaient été qu'une course illusoire contre le temps. L'argent n'avait pas manqué, c'est vrai mais au prix de combien de week-ends où il était absent ou de journées si épuisantes qu'il ne pensait plus qu'à dormir, sans plus penser à Elle?

Il était 21 heures quand il arriva, à la maisonnée de Jean Yves. Il ouvrit un instant les volets, aérant les pièces. Le bruit des vagues lui parvenait, au rythme du ressac. La nuit était claire, l'air doux. John décida de s'offrir, sur la plage, une ballade, avant d'aller se coucher. La plage était vide, nulle âme aux environs. Un ciel immense parsemé d'étoiles comme un champ de lucioles...John se racla la gorge, tout ne marchant. Il y avait si longtemps qu'il ne s'était promené sur une plage. Christine était avec lui et ils étaient deux jeunes gens amoureux fous, l'un de l'autre. Il hocha la tête comme pour chasser ses regrets! c'était il y a si longtemps! Rien ne servait de remuer, ce soir, le passé!

Soudain, il butta, contre quelque chose d'inhabituel. Il s'accroupit, intrigué. C"était rond, assez lourd, bosselé de boules, aussi dure, dessus. Il souleva ce étrange objet. On aurait dit une boule de métal en fusion. Il alla nettoyer l'objet dans la mer, retirant le sable agglutiné dessus. L'objet pesait un bon kilo et demi!

John s'assit, sur le sable, la boule posée dans la main, le regard perdu dans le lointain...Il y avait si longtemps qu'il ne s'était promené sur une plage. Cela devait remonter en 1994 avec Christine. Ils étaient encore amoureux fous, l'un de l'autre, à cette époque. La nuit les avait surpris, incapables de retrouver l'endroit où ils avaient garés la voiture et c'est dans une dune, qu'ils s'étaient réfugiés, s'aimant, au milieu des vagues incessantes.

John poussa un soupir de regrets. Il venait de se rappeler, cet été, ou il lui avait dit de partir, seule, en vacances, venant d'être nommé, adjoint de direction. Christine l'avait regardé, une derrière fois, la mort dans l'âme, les yeux soudain, tout embués, comme si elle lui en voulait. Pourquoi ne l'avait-il pas pris dans ses bras, ce jour là, pour la consoler? Un éclair soudain zébra le ciel et abasourdi, il se retrouva, dans le jardin, des années en arrière!

Que s'était-il passé? C'était incompréhensible ce retour, des années, en arrière! Elle était là, lui tournant le dos. Il s'approcha de Christine, la prenant, dans ses bras, caressant avec tendresse, sa longue chevelure, dans un geste apaisant.


- Je te promets de venir, très vite, te retrouver, ma chérie. Il me reste une bonne demi journée de travail à faire! N'oublie pas que tout ce que je fais, c'est pour nous deux! 5OOO F d'augmentation, ça mettra du beurre dans les épinards, tu ne crois pas?
- C'est vrai. Je suis sotte de ne pas y avoir réfléchi. Je t'aime

Il venait de l'embrasser, poussant un soupir de soulagement, la serrant plus fort dans ses bras mais elle disparut, brusquement, aussi vite qu'elle était venue! Un long frisson lui parcourut le dos! voilà qu'il rêvait, tout éveillé, maintenant! Il avait vraiment besoin de repos!

Il reprit le chemin remontant au cottage, l'esprit troublé. Heureusement, la musique lui permit de se changer les idées. La nuit allait être chaude. Il installa le ventilateur, regardant, brièvement, les informations. Puis il se prépara à manger: une salade, bien fraîche, de légumes composés, avec des noix dedans. Un morceau de fromage et des fruits feraient parfaitement l'affaire!

Très vite, la télé le déprima. Il trouvait les programmes particulièrement insipides, depuis quelques temps et préféra aller se coucher, avec un bon bouquin! La dernière fois, qu'il avait tenu un livre, Christine était dans son bain et l'avait appelé, lui demandant de lui masser le dos. Il sursauta, soudain, en reconnaissant cette voix!


- John, tu veux bien venir me masser?

Il faillit laisser tomber son livre, de surprise! Christine? ici? C'était impossible! et pourtant, si c'était vrai? Il courut à la salle de bain qu'il trouva baignant dans une lumière adoucie par des bougies. Christine était bien là! plus belle que jamais, les cheveux relevés, dévoilant sa nuque gracieuse, comme si elle l'attendait...

C'était impossible! il était en train de rêver! ils venaient juste de divorcer!


- John, chuchota-t-elle
- Oui, ma chérie, je vais te masser vraiment comme tu aimes...

Et durant, une bonne heure, il massa chaque partie de son corps, avec douceur, se souvenant qu'à l'époque, il n'avait même daigné se lever du lit, préférant bouquiner! Christine se laissait faire, ondulant, sous ses mains, laissant de temps à autre, s'échapper de légers soupirs de bien être, dans un léger sourire. Il la serra contre lui, heureux de la retrouver, fermant les yeux. Quand il les rouvrit, il tenait dans ses bras, son peignoir de bain, vide! Que se passait-il? Devenait-il fou, tout d'un coup? Il sortit, affolé, de la salle de bain, allant dans toutes les pièces, en l'appelant, désespérément! Seul, un silence pesant lui répondit...

Quel idiot!!! Il prit un verre d'eau puis partit se coucher, se demandant inquiet s'il allait encore rêver d'elle. Le petit météorite paraissait briller, mystérieusement, dans l'obscurité. Il décida de l'emmener dans sa chambre, intrigué, déterminé à mieux l'examiner. Il eut beau le tourner et retourner, dans tous les sens, il ne trouva rien de plus.

Epuisé par ces derniers évènements, il sombra, enfin, dans les bras de Morphée, dans un sommeil agité. Ce ne fut que tard dans la nuit, qu'il se réveilla. Il y avait quelque chose de bizarre dans cette chambre. La lune, pleine, inondait la pièce de sa lumière froide et inquiétante. Allongé, les deux mains croisées derrière la tête, il tendait l'oreille, inquiet. C'était inquiétant! Il entendait une autre respiration! plus calme, presque aérienne, dans la pièce. Il bougea brusquement, prêt à sortir du lit et allumer la lumière mais quelque chose de doux frôla son bras, tendrement.

Il connaissait cette chair qui l'avait bouleversé, si souvent, du moins quand il n'était pas fatigué pour l'honorer. Stupéfait, il tendit la main, sentit la douceur d'une épaule, puis descendit, lentement, découvrant un sein au téton durci. Sa paume le couvrit, avec tendresse, le comprima légèrement puis sa bouche, avide, s'en saisit, l'aspirant avec fièvre. Elle se lâcha, cambra, cherchant son autre main pour qu'il la caresse. Ses doigts partirent entre ses cuisses qui s'ouvrirent, impatientes déjà de le sentir entre elles. Elle était toute humide, offerte, avide de désir...

Il décida de se mettre sur elle, rendu fou par le désir et ses caresses. Elle se frottait contre lui, excitant son sexe, ondulait sous lui, l'invitant dans sa chair en fièvre. Il repoussa sa cuisse, l'ouvrit, chercha l'entrée de son sexe et introduisit son sexe, en gémissant de plaisir.


- Ahhhhh Christine, si tu savais comme je t'aime

Ce fut le son de sa voix qui le réveilla! Il alluma la lumière! à nouveau, elle n'était plus là! Mais que lui arrivait-il!? Etait-il en train de devenir fou??? Il lui fut impossible de s'endormir durant de longues heures. Ce ne fut qu'aux alentours de cinq heures du matin qu'il sombra dans un sommeil de plomb.

Quand il se réveilla, le soleil était déjà haut dans le ciel. Il prit une douche rapide, surpris d'être poisseux entre les cuisses. Avait-il joui durant son sommeil? Il semblait bien que oui! Humm une bonne marche ne pourrait que lui faire le plus grand bien, aujourd'hui! Heureusement, ce n'était pas encore la période où les touristes déferlaient sur les plages comme des crabes sur un morceau de pain.

Il avait repris la météorite, la retournant, intrigué, dans ses mains. Quels mystères renfermait-elle? De où venait-elle? Combien de milliers de kilomètres avait-elle parcouru plongeant, en direction de la terre? Bizarrement, ce n'est que la nuit qu'elle se mettait à briller, dégageant une étrange lumière.

Les jours suivants, John commença à se détendre, nageant vigoureusement, revenant sur le sable, épuisé. Il rencontrait peu de monde, sauf à la boulangerie, où tout le monde se pressait. Au contact du bon air salin, il avait retrouvé son appétit et son énergie. Son long week-end arrivait à sa fin.

Il décida de rester, encore une semaine; Jean Yves l'avait un peu poussé, il est vrai. Ce soir là, il alluma la cheminée, après deux jours de pluie diluvienne. Le torse recouvert d'un bon pull-over, il s'assit devant la chemisée, observant les flammes, l'esprit ailleurs. Le météorite brillait, dégageant un étrange rayonnement. Il le prit à nouveau, le levant devant les flammes, intrigué. Cette pierre contenait un secret mais lequel?

Il se mit à se souvenir, un soir d'orage, ou Christine et lui avaient du se réfugier dans une auberge. Un bon feu brillait comme le sien. Christine était parti se doucher, sous l'eau chaude pour se réchauffer puis s'était lovée contre lui, le corps à peine caché, d'une serviette de bain. Il entendit un bruit, puis tourna la tête: Christine se tenait, à nouveau, devant lui, tenant, d'une main, sa serviette, ses épaules encore humides de gouttelettes. Un doux sourire éclairait son visage...Elle s'avança vers lui; et soudain, John comprit!!!

Il avait soudain le pouvait de remonter le Temps et le changer, grâce au météorite, dès qu'il pensait à Christine! Il ferma les yeux, concentré, murmurant dans sa tête:


- Faites qu'elle me revienne et ne me quitte plus jamais! Je jure de faire tout pour qu'elle soit heureuse dorénavant !

C'est ainsi que Jean-Yves retrouva, quelques semaines, plus tard, son ami, le visage, totalement, transfiguré de bonheur, tenant, tendrement, par le cou, son épouse, qui le regardait, amoureusement.

Le météorite est demeuré leur secret, protégeant leur amour qui venait de renaître. La vie professionnelle est un choix mais vaut-elle vraiment la peine de perdre celle que l'on aime?

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