LA PAIENNE

par EROTICA51



Combien étaient-ils à passer devant, sans même lever les yeux, sur elle, marchant, totalement indifférents. De quand datait-elle? Le temps avait fini par en éroder les contours, effaçant, peu à peu, les traits de son visage. Quelques feuilles de vigne ornaient encore le front, de la statue, dernier vestige d'un monde oublié, depuis bien longtemps.

Les nuits devenaient plus calmes, chacun préférant rentrer à la maison, peureusement. Les patrouilles de police demeuraient sur les dents. Il ne se passait plus un soir, sans que l'on n'apprenne, de nouvelles disparitions. Il s'agissait surtout de jeunes gens.

Bizarrement, c'était surtout le vendredi soir et samedi soir, que l'on dénombrait le plus grand nombre de disparitions. Aucune piste sérieuse n'avait été trouvée, malgré toutes leurs investigations. Juste quelques indices. Ce n'était pas pour autant que cela incitait les jeunes hommes, à plus de prudence.

L'endroit où s'arrêtaient les pistes semblait les attirer, inexorablement. Tout s'arrêtait au pied de la statue de la Païenne! même les chiens semblaient effrayés, se blottissaient, l'échine hérissée, en gémissant, observant la statue, d'un oeil terrifié.

Des fouilles, autour, avaient été creusées. Rien n'avait été découvert! Il y avait dans cet endroit quelque chose de déconcertant! Des nuits entières, la police s'était cachée, guettant, en silence, l'arrivée improbable d'un évènement. Ils avaient attendus, en pure perte! Rien ne s'était passé.

La nuit du 15 mai était relativement douce. Cela incitait les gens à sortir. Ils aimaient acheter quelques bouteilles de bière ou de whisky, qu'ils ingurgitaient, réunis, ensembles, en riant. Souvent un square leur servait d'abri. Parfois, ils venaient boire leurs bouteilles, sous l'oeil indifférent de la statue de pierre, surnommée La Païenne.

Mais son oeil était-il vraiment éteint, par le poids des ans? Rien n'était certain. Les jours de pleine lune, on entendait les chiens aboyer, avec colère, comme pour tenter de chasser un intrus. On percevait quelques volets qui s'ouvraient avec prudence puis se refermaient, en grinçant, rapidement. Il ne faisait pas bon, pour la jeunesse, de traîner, dehors.

Cette nuit-là, ils déambulaient, sans but précis, arrivant d'une autre région, harassés de fatigue. Ou dormir? Ils ne possédaient pas assez d'argent pour aller à l'hôtel. Ils sortirent quelques bières de leur sac puis trinquèrent, tout en dévorant leurs sandwichs. Demain, serait un autre jour, dirent-ils, en cognant, l'une contre l'autre, leurs bouteilles, buvant à même la bouteille.

Rodolphe dormait, la bouche ouverte, tout en ronflant, bruyamment, le dos posé, contre le mur, à demi délabré, de l'ancien monastère. Léon s'étira, n'arrivant plus à dormir, incapable de fermer l'oeil, à cause de son compagnon de beuverie. Il se releva, allongeant ses longues jambes puis décida d'aller faire un tour, pour se dégourdir. Et s'il allait visiter cette statue qui l'avait intrigué, en arrivant?

En quelques minutes, il fut devant, l'observant, au clair de lune, d'un regard attentif. Etait-ce l'effet d'un nuage? Il se frotta les yeux, interdit, prêt à jurer que la statue lui avait sourit! C'était sûrement un effet de la fatigue!

Mystérieusement, la statue paraissait se modifier, imperceptiblement, au cours de son inspection. Ses courbes devenaient plus féminines. Il posa, intrigué, sa main sur ses hanches fines. Il la retira, aussitôt, d'un air ébahi. La statue paraissait vivante! Il vit ses cheveux s'allonger, à une vitesse stupéfiante, auréolant son dos de douces boucles blondes! Attiré malgré lui, il toucha une mèche de cheveux. La statue parue agitée d'un long frisson.

Il se campa, devant elle, observant, de plus en plus émerveillé, les lignes de son cops qui changeaient. Ses yeux s'étaient mis à briller; sa bouche aux lèvres gourmandes s'étirait, en le fixant. La statue devenait vivante, rendue encore plus ensorcelante, de par sa transformation. Ses longs cheveux semblaient danser autour d'elle. Un coup de vent les chassa en arrière, dévoilant ses seins gonflés, aux pointes provocantes. Fasciné, il posa la main dessus, savourant l'élasticité ferme de sa poitrine à soupeser. Celle-ci était chaude, agréable et terriblement bandante. Il se sentit excité en la regardant. Elle lui souriait, l'incitant à la caresser. Il hésita, un bref instant, tournant la tête, de gauche à droite, vérifiant s'il n'y avait personne, puis grimpa sur le rebord de béton, se mettant à sa hauteur.

Elle était grande, magnifiquement charpentée, et il se priva pas de la caresser, découvrant avec bonheur, combien ses caresses la rendaient vivante.

Elle lui offrit ses lèvres, l'incitant à l'embrasser. Dès qu'il mit sa langue en elle, ce fut un éblouissement de sensations. Quelle amante, elle devait être! Ses mains se firent insistantes, enveloppant ses seins lourds, qu'il se mit à aspirer, en la pelotant. Elle haletait, de plus en plus fort, dévoilant combien cela l'excitait. Il s'enhardit, plaquant ses cuisses contre les siennes, glissant sa main, en lui écartant. Le pagne qui recouvrait pudiquement son sexe et ses fesses émit un léger froissement. L'intérieur de ses cuisses étaient terriblement brûlantes. Ses lèvres imberbes de tout poil, étaient juteuses et fermes. Il glissa un doigt, entre elles et sentit celui-ci aspiré dans un étrange bouillonnement.

Cela redoubla son excitation! D'un geste ferme, il ouvrit son pantalon, baissa son caleçon sur ses fesses et pointa, vers elle, son sexe. Comme elle avait envie de lui, brusquement! Elle exhala un léger feulement de victoire quand sa queue s'introduisit, dans son sexe, en la transperçant.

Lui se mordit les lèvres, d'un plaisir inouï, se sentant aspiré, voluptueusement. Elle devait avoir un sacré retard à rattraper, pour être aussi brûlante, pensa-t-il, tous ses sens, en ébullition. Il se mit à bander, furieusement, la prenant violemment, à grands coups, se déversant en elle, en jouissant, longuement. Plus il jouissait d'elle, plus sa faim revenait, dévorante. La lune se voila la face, derrière un épais nuage sombre, le laissant forniquer tout son saoul.

Se rendit-il compte de ce qui lui arrivait? Peu à peu, elle aspirait, toute sa substance, son énergie. Tant qu'il eut une once de vie, elle le laissa la prendre, se nourrissant de sa force vitale et de son sang énergisant. Peu à peu, il se mit à disparaître, écoulant au fond d'elle, ses dernières gouttes de liqueur, les jambes, de plus en plus, flageolantes.

Epuisé, brusquement, Léon voulut se reculer mais sa bouche restait collée à la sienne, aspirant le peu de vie qui lui restait. Il réalisa, mais trop tard, qu'il était en train de mourir de jouissance. Son corps se fit peu à peu, transparent, vidé de toute substance. Plus il disparaissait, plus la statue devenait belle et éclatante, se gorgeant de son énergie vitale et sexuelle.

Quand la lune réapparut, Léon avait, littéralement, disparu! La Païenne resplendissait, d'une vie intérieure, mystérieusement, lapant d'un air gourmand, une ultime goutte de sang, sur ses lèvres gourmandes...Jamais plus on n'entendit parler de Léon, dans la région. Quand à la statue, elle continua à fasciner les jeunes gens, au fil du temps, tout en les attirant...

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