LE MIROIR MAUDIT

par EROTICA51



La salle était pleine à craquer. Il est vrai que le commissaire priseur avait fait ce qu’il fallait pour qu’il y ait du monde, grâce à relations personnelles et ses amis dans la presse. Il est certain que la vente du Manoir du Comte Stanislas de Braine était un évènement exceptionnel.

Celui-ci depuis la mort de son épouse avait perdu tout gout de vivre et avais laissé son domaine péricliter, licenciant son personnel, peu à peu. Son notaire, effaré en voyant dans lequel tombait la propriété lui avait conseillé de vendre don domaine, avant d’être dans une situation catastrophique.

Le Comte avait haussé les épaules, donnant le feu vert à son ami, se demandant quel but il pourrait trouver à sa vie, maintenant qu’Hélène sa femme était partie.

Au bout du village se trouvait la propriété d’un commerçant et sa femme, qui aspirait à devenir célèbres. Bertrand était un brave type mais son épouse, du curieux prénom de Clémentine, une véritable harpie.

C’est donc avec une joie mauvaise qu’elle poussa son mari à se rendre à la salle des ventes, pressée de s’approprier une partie des biens du Comte Stanislas, et de feu la Comtesse, qui l’avaient toujours dédaignée, tournant dédaigneusement la tête quand ils la croisait.

La salle était remplie de monde. Les mains se levaient à toute vitesse, pressées d’enchérir, les uns sur les autres. Eglantine savait ce qu’elle voulait acheter ce jour là. Un magnifique miroir qu’elle avait vu sur un tableau, représentant l’ancienne Comtesse, debout devant, une main appuyée négligemment, sur le bois magnifiquement sculpté.

Quitte à y mettre tout ce qu’elle possédait, elle voulait ce miroir coute que coute ! Elle aussi bientôt poserait devant, prenant une pause avantageuse, pour épater ses amies, dans une belle robe de soirée qu’elle s’était achetée exprès.

Elle grimaça en entendant les enchères monter. Cette garce de Violette essayait elle aussi de l’acheter, prenant un malin plaisir à la contrarier. Cette folle n’aurait pas ce miroir ! Pas question !

La foule retenait sa respiration, observant ces deux femmes qui se regardaient à chaque enchère comme deux vipères prêtes à se cracher au visage. Laquelle l’emporterait ? Eglantine ou Violette ? Les paris étaient ouverts, chacun spéculant sur les chances de chacune, d’obtenir gain de cause.
Le Commissaire priseur tapa une fois avec son marteau, deux fois…la salle était devenue si silencieuse qu’on aurait pu entendre voler une mouche. Le marteau retomba, une dernière fois et la voix résonna comme un couperet :
- Adjugé ! ….à Mme Clémentine Bourgeois pour la somme de 7280 euros !
- Ouiiiiiiiiiiiiiiii ! J’ai gagné ! dit Clémentine qui se précipita aussitôt pour signer son chèque et prendre son bien, regardant d’un air orgueilleux, la misérable femme qui avait osé l’affronter.
Le Commissaire Priseur la félicita tout d’abord puis lui chuchota, discrètement, à l’oreille :
- Saviez vous que ce miroir possède une légende ? On raconte que les femmes dont les défauts sont trop importants, ont disparu, à plusieurs époques, mystérieusement.
- Ah ! ah ! ah ! Chercheriez-vous mon cher à m’effrayer ?
- Nullement, nullement, Clémentine…Ce n’est qu’une légende.
Puis il fit signe à un de ses aides pour qu’il emballe précautionneusement le miroir et le livre, à ses nouveaux acquéreurs, rapidement.

Le soir, quand son époux rendra de son travail, passant à table, il écouta d’une oreille distraite sa femme lui raconter la légende du miroir maudit. Celle-ci était partie dans sa salle de bain, se pomponnant comme une poupée de luxe, paradant ensuite devant lui en prenant des pauses qui finirent par l’horripiler. Cette idiote se prenait pour une princesse avec sa folie des grandeurs !

Le soir, avant de s’endormir, couché, dans le soir, mille pensées troubles venaient le tourmenter. Et si la légende disait vrai ? Que ce miroir était maudit ? Le lendemain, il prit le prétexte de rester à la maison, pour y faire quelques papiers pendant que son épouse allait à un de ces diners, ou tout le monde se critiquait, hypocritement.

Il se planta devant le miroir, et dit d’une voix forte :

- Miroir, on raconte que tu es un miroir maudit. Quel est ton pouvoir ? Dis6le moi car j’ai quelque chose à te demander.

La surface du miroir parut se troubler puis le visage du diable lui apparut, le regardant le regard brillant :

- En effet, ce miroir est maudit. Je peux réaliser un seul de tes vœux mais tu dois me donner ton âme, en échange !

- Je veux que tu fasses disparaître ma femme ! Je ne supporte plus cette vieille folle qui passe son temps à dilapider l’argent que je gagne. Sais-tu que je n’ai même plus le droit de la toucher ! ? Alors, aide-moi à m’en débarrasser et je t’offre volontiers mon âme !

- Affaire conclue ! Ce soir, quand elle se mettra devant son miroir, positionne-toi derrière elle comme si tu voulais l’admirer et pousse-la d’un bon coup, vers la glace ! Elle disparaitra sous ton nez !

- Parfait ! Parfait ! Voila qui fera mon affaire depuis le temps que je la supporte cette vieille garce !

L’image du diable disparut et notre commerçant se frotta les mains de contentement. Il est vrai qu’il avait pris, depuis quelques temps, une jeune et jolie maitresse. Le soir venu, sa femme parut étonnée de découvrir qu’il lui avait offert une belle robe de soirée, en tissu moiré. Surprise, elle lui demanda :
- C’est pour moi ce cadeau ?
- Bien sur ma chérie. Tu es une femme superbe et tu vas avoir une allure folle, dedans. J’aimerai d’ailleurs que tu invites un peintre à faire ton portrait devant ce miroir qui m’a couté les yeux de la tête mais devant lequel tu auras l’air d’une reine !
- Attends deux minutes, je l’essaie ! Quel tissu superbe ! Cela faisait longtemps que tu ne m’avais gâtée ainsi ! répondit-elle en l’observant d’un air soupçonneux.
Quant elle ressortit de la salle de bain en minaudant comme une jeune mariée, Bertrand l’invita à se contempler dans la glace du miroir, se plaçant derrière elle.
- Seigneur, que tu es belle, Clémentine !
- N’est-ce pas ! dit celle-ci en se rengorgeant, orgueilleusement, bombant sa poitrine

Incapable d’attendre plus longtemps, Bertrand la poussa brusquement dans le miroir. C'est alors qu'il vit le corps de son épouse comme happé mystérieusement, la regardant disparaître, dans un long hurlement d'épouvante ! Le diable avait raison !

Bertrand resta un bon mois à jouer le mari inconsolable, déclarant que son épouse lui avait annoncé qu’elle partait avec un jeune amant ! Comme il n’y avait nulle trace de violence chez eux, la police conclut que cette marâtre était partie ailleurs et décida de clore le dossier sur sa disparition.

Un soir enfin, Bertrand fit venir sa jeune maitresse et tout heureux, de lui montrer sa virilité, se déshabilla en un tour de main, lui tripotant nerveusement les fesses avant de se coucher sur elle. A peine entrée en elle, il eut l’impression que sa queue prenait feu…Il se sentait bizarre brusquement.

Sa vue se troubla, croyant apercevoir le visage ricanant du diable en face de lui puis il perdit connaissance…Il ne comprit jamais que le diable avait pris possession de son âme au moment de sa jouissance, baisant à sa place, depuis sa petite amie…Ainsi va la Vie !

28/08/09
Erotica51

Retour


www.erotica51.com © 14.03.2003 - 14.03.2016 - Tous Droits Réservés