LE PECHEUR DE LUNES

par Erotica51



Dans un village perdu, au fin fond de la Chine, un homme se tenait assis, les mains soutenant sa tête, fiévreusement. Que vais-je donner à manger à ma famille ? Comment vais-je nourrir suffisamment mes jeunes enfants ? se demandait-il, désespéré.

Le chef du village l'avait renvoyé, trouvant qu'il ne travaillait pas assez vite, bien qu'il soit dans la fleur de l'age. Sa femme avait exigé qu'il embauche, à sa place, un jeune cousin, venu d'une région lointaine, chercher du travail.

- Il est plus jeune, plus nerveux, plus rapide ! Tu y gagneras ! En plus, comme il débute, il nous coûtera bien moins cher ! s'était-elle, exclamée, d'un air énervé, pressant son mari de prendre une décision.

Lin, la gorge serrée, voulait le supplier, se jeter à ses pieds, lui expliquer qu'il avait, lui aussi, une famille à nourrir mais devant le regard glacial de la femme et le regard gêné de son ancien maitre, avait courbé la tête, son baluchon sur l'épaule, avec son dernier salaire, s'inclinant devant eux, respectueusement, dans un ultime adieu.

De retour chez lui, il avait bien fallu en parler à son épouse. Ils avaient fait le serment de ne jamais rien se cacher. Fleur de Lotus, s'était mise à pleurer, à chaudes larmes, en apprenant son renvoi. Ele regardait dans le jardin son jeune fils et sa petite fille en train de jouer, riant aux éclats, insconscients du drame qui s'était abattu sur leurs parents.

- Il nous reste encore deux mois de réserves. Je vais vous les laisser. Demain, dès la première heure, je partirai à la recherche d'un nouveau travail, dit Lin à Fleur de Lotus pour la consoler, la prenant tendrement dans ses bras. Ne doute pas de moi, même si le temps te semble long. Tu sais que je suis courageux. Quand je reviendrai, tu ne manqueras plus de rien, ma douce épouse, je te le promets !

Fleur de Lotus avait séché ses larmes, car pleurer ne changerait rien aux difficultés qui les attendaient. Chaque problème doit être affronté, courageusement, lui disait son père. Tes larmes ne grossiront pas le cours de la rivière, même si durant l'été, celle-ci est asséchée.

Fleur de Lotus s'était rappelé ces paroles pleines de sagesse. Pour que le temps lui semble moins long, elle allait s'atteler à des tas de projets, auxquels elle avait souvent pensé.

Lin s'était retourné une dernière fois, leur faisant signe de la main, la main sur le coeur pour leur faire comprendre combien ils les aimaient, puis touchant son front, pour qu'ils sachent qu'ils resteraient dans ses pensées.

Son épouse lui avait préparé de petites galettes de riz, trois bols de criquets grillés dont il raffolait et des boutons de rose cuits dans du miel. Son baluchon ne pesait pas très lourd, mais il saurait se rassasier de peu, pour faire durer sa nourriture, le temps de retrouver un travail.

Il marcha longtemps, traversant de nombreux paysages, qui l'émerveillaient. Jamais je n'aurai pu découvrir tant de beautés, si je n'avais pas été renvoyé, se dit-il, philosophe, en souriant, pensivement.

Quant le soir arriva, il décida de se reposer, assis contre le tronc d'un arbre, admirant le soleil se coucher illuminant de ses rayons d'or toute la Vallée. Très vite, ses yeux se fermèrent, tant il était épuisé.


II. Fleur de Rosée : à demain ?

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