LA DAME BLANCHE

par Erotica51



Tu dors. Tes cils se sont mis à frémir, tes yeux, à s'ouvrir. Où es-tu en cet instant ? tu ne bouges pas, silencieux, tout surpris. Tu as quitté la terre, sans t'en apercevoir, traversant les vents, les nuages, les rivières, à la vitesse du Temps. Une porte s'ouvre, doucement: je suis devant toi et te souris. Viens, nous devons y aller maintenant.

Mon corps est entouré d'une étrange lumière. Mes cheveux sont parés de minuscules étoiles irréelles. Tes yeux me regardent, interdits. Ailleurs dans un monde différent, de ce que l'on imagine. Je t'attends.

Tu regardes à tes pieds, cherchant quelques vêtements pour te parer. Non, il ne reste rien, rien que nos corps lavés, de toutes impuretés, adoucis d'essences douces et parfumées. Ne te sens pas gêné. Personne ne nous voit, ne nous regarde ou nous entend. Viens! La Dame Blanche nous attend.

Nous avons marché longuement, sans un mot, nos doigts croisés, soudés, unis, amoureusement, pareils à deux anges, souriants...Tu recherches la Terre et ses folies. Ses guerres et ses bains de sang. Ma main te guide, vers la lumière, te faisant détourner tes yeux, de ce monde devenu impossible. Viens, je suis ton guide, ne crains rien. Elle nous attend...

Nous avons gravi la montagne sacrée, enneigée, sans ressentir le froid ni avoir les pied gelés, la force de l'irréalité puis la découverte de cette étrange vallée. Ce lac miroitant où tes yeux ont plongé, ce sourire en voyant le soleil se lever, un monde fait de pureté. Des fleurs de toutes beautés flottent dans l'air, sous tes yeux extasiés.

Ici, règne un monde de bonté, de douceur comme tu ne pourras plus jamais retrouver un monde étrange, vers lequel, j'aime m'évader et que je voulais te faire partager. Ma main, sur toi, s'est posée, il faut nous dépêcher. Le temps qui nous est imparti commence à s'achever...

Lentement, je t'ai fait avancer. Sous la fraîcheur des bois, Elle nous attendait, ses longs cheveux de soie l'auréolaient. Elle était venue pour Toi. Je lui avais promis de te présenter. Elle a posé sur nous son doux regard puis Elle s'est avancée, a entrelacé nos mains puis, doucement, s'est mise, à chanter, sa robe blanche flottant, comme un nuage, dans l'air parfumé. J'étais heureuse: Elle t'avait accepté.

Quand elle s'est arrêtée, nous nous sommes regardés longuement, subjugués. Puis dans un même élan, nous avons voulu la remercier mais Elle était partie, sans un mot, sans un bruit. La Dame Blanche venait de nous quitter. Nous ne l'avons plus jamais rencontrée.

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