BIRDMAN L'HOMME OISEAU

par Erotica51



La forêt commençait à se réveiller, sous les rayons du soleil. C'était une joyeuse cacophonie de pépiements, saluant le jour, en train de se lever. L'air était exceptionnellement doux. Dans la clairière, l'herbe verte s'était levée, protégée par les arbres immenses, abritée des rayons ardents du soleil.

Parfois, un oiseau fendait l'air, s'amusant à virevolter. Quelques biches franchissaient, cet espace découvert, d'un regard inquiet. Quelques lapins sautillaient, bondissaient joyeux sans plus s'occuper du danger. Il y avait si longtemps que les humains avaient déserté cet endroit qu'ils devaient l'avoir oublié.

Vers 15 heures, les mille bruits qui peuplaient cet endroit enchanteur s'arrêtèrent, soudainement. Que se passait-il ? Les oiseaux inquiets n'osaient plus bouger. Seul, le vent continuait de danser à travers les feuillages, les faisant frémir, nerveusement.

Dans la clairière, une jeune femme s'était allongée, le corps offert aux rayons du soleil, les yeux fermés. Il y avait si longtemps qu'elle n'avait apprécié cette caresse. Elle ne pensait à rien, juste à se détendre, laissant son esprit voguer vers des songes délicieux. Depuis quelques temps elle recherchait la solitude, fuyant les hommes.

A quoi songeait-elle ? se demandait Birdman, en train de l'observer. Il planait, en silence, au dessus d'elle, bougeant, à peine, ses immenses ailes. Seul, son regard d'aigle l'avait immédiatement repérée, parmi les hautes herbes de la clairière. Il descendit de quelques mètres, effectuant d'immenses cercles au dessus d'elle. Elle paraissait endormie. Il décida de se poser sur une branche, discrètement.

Bien que la trouvant imprudente, il la trouvait terriblement belle. Sa longue chevelure flottait autour d'elle, comme un nuage soyeux, en vagues souples, soulevée par le vent. Malgré sa pose alanguie, son corps réagissait à chaque passage du vent qui ne se privait pas de faire frémir d'un coup de langue, ses jeunes seins frémissants. Puis il revenait, à la charge, remontant le long de ses jambes, soufflant sur son buisson ardant, comme pour calmer son impatience. Birdman connaissait bien le Vent. Il le laissait souvent jouer avec ses proies, le laissant batifoler, joyeusement. Puis quand sa proie devenait consentante, Birdman arrivait, en tourbillonnant, fondant sur sa proie, rapidement. Il était le seul homme oiseau régnant encore dans la région. Les chasseurs avaient décimé les siens, quand il était encore enfant. Depuis ce jour, Birdman surveillait les femmes qui s'égaraient du village, heureux de se venger.

La femme ne bougeait pas, laissant le vent la caresser, l'incitant, peu à peu, à entrouvrir les jambes. Il reprit son envol, faisant d'immenses cercles dans le ciel, observant sa proie qui s'abandonnait, peu à peu, échauffée par les rayons du soleil. Il sentit son corps soudain s'embraser. Il devinait confusément que c'était Elle qu'il attendait depuis longtemps. Il descendit sur elle, de quelques mètres, les ailes majestueusement grandes ouvertes, frémissantes, tournant autour d'elle, en ronds de plus en plus serrés. Il savait que dans quelques minutes, il s'en repaîtrait.

Elle ouvrit les yeux, l'observant, plus d'un air stupéfait qu'effrayé, sentant une ombre fondre sur elle. Cet homme était beau comme un dieu avec ses ailes immenses et ce regard sombre. Elle sentit un frisson la parcourir, sans s'expliquer pourquoi. Il se posa dans l'herbe, s'approchant d'elle, en lui souriant. Elle se leva, peu soucieuse de sa nudité, cachant juste du bout des doigts, son intimité. Il tourna, en souriant, autour d'elle, la caressant du bout des ailes, la frôlant, électrisant son corps peu à peu. Elle le laissait faire, éperdue, savourant ses caresses délicieuses qui réveillait ses sens et sa chair. Elle ne le craignait pas. Il s'avança encore plus près d'elle, frôlant sa poitrine, volontairement, cette fois.

Ses lèvres laissèrent échapper un doux soupir. Elle s'avança vers lui, le regard lumineux comme brûlant d'un feu intérieur. Puis sa main s'éleva doucement, longeant son torse recouvert de plumes multicolores, ou l'or et le bleu se fondaient en une teinte merveilleuse. Elle remarqua qu'il avait le profil d'un aigle. Un regard paraissant voir au travers elle. Elle défaillit une nouvelle fois.

Il entrouvrit sans un mot, ses immenses ailes, quand elle fut tout près de lui puis les referma sur elle. Elle laissa échapper un léger cri quand elle sentit le sol se dérober sous ses pas et qu'il l'emporta dans les cieux. Mais il avait l'air si heureux que sa crainte s'estompa et elle le laissa faire. Ce fut un étrange ballet qui se déroula dans le ciel. Un ange blond et un homme oiseau dansant mystérieusement sous nos yeux. Il bécota son corps de baisers savants. Il frotta ses plumes en douces et savoureuses caresses qui ébranlèrent son air si sérieux.

Elle s'ouvrait, peu à peu, son corps frémissant sous ses caresses. Il l'enleva très haut dans les cieux, loin des regards cette fois. Puis il la quitta, sans la lâcher des yeux. Son corps tomba, tourbillonna, un sourire flottant pourtant sur ses lèvres. C'est cet instant qu'il choisit pour fondre sur sa proie, la retenant soudain au creux de ses immenses ailes, plantant son sexe frémissant au cœur de sa chair, dans un roucoulement de bonheur, la sentant se cabrer d'allégresse.

C'est depuis, ce jour là, que l'on voit des anges blonds, faire l'amour, en plein ciel, avec des hommes oiseaux, dansant, éperdument, au dessus de cette étrange clairière, appelée depuis, la clairière des démons. A chaque nouvelle pleine lune, les anges retrouvent leurs ailes et les hommes oiseaux perdent les leurs, les offrant à celles qu'ils aiment.

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