LES VENDANGES DE L'AMOUR

par Erotica51



Septembre est arrivé, avec son cortège de soleil et de feuilles aux couleurs automnales. Le raisin a pris le temps de mûrir. Le temps des vendanges est arrivé. Les équipes se sont regroupées. Les taches sont définies. Il fait froid le matin. Parfois nos doigts sont gelés. Il est important d'être suffisamment couvert pour ne pas se retrouver au petit matin, complètement frigorifiés.

Je me retrouve avec Alain en face de moi. Ses gestes sont rapides et nerveux. Les miens hésitants et maladroits. Pour moi, c'est la première fois que je vendange. Nous chantons pour nous donner du courage. Les rires fusent, au cours des heures. La vigne est belle, gorgée de son raisin au goût particulier, très sucré, à la peau un peu âcre. Mais déjà je préfère le raisin blanc, au goût plus parfumé et à la chair plus savoureuse.

Entre les rangées, j'observe Alain, qui coupe les tiges, d'un air appliqué. Il me sourit puis détourne de moi son regard. Je dois suivre, ne pas me laisser distancer. Ma première journée s'achève enfin. Courbaturée, je me sens épuisée. C'est à peine si j'arrive à rentrer.

Le lendemain, il fait chaud, déjà. Le soleil s'est enfin décidé de se lever. Alain est la, déjà, prêt. Il me tend une tasse de café chaud et insiste pour me la faire avaler. Je ris, surprise, mais me laisse faire, amusée. Enfin, nous partons travailler la terre est sèche, la vigne plus haute à couper; plus besoin de rester agenouillée. Nous faisons, peu à peu, connaissance.

Pourquoi suis-je venue ? Envie de respirer; d'effectuer un travail physique; de retrouver le plaisir de la terre, de voir des gens rire. Lui, se sentait prisonnier, éprouvant, soudain, l'envie de s'évader de son univers aseptisé; de voir des gens malades; d'oublier ceux en train de mourir; de ne plus voir ces regards appelant à l'aide.

Je me relève, observant les vignes, à perte de vue, sagement alignées, qui s'étendent sur le coteau champenois. les feuilles sont belles, passant d'un ton jaune puis orangé ou demeurant fidèlement vertes. Parfois, les feuilles jouent à cacher les grappes de raisin et j'y vais en tâtonnant. Nos doigts se croisent, se touchent, me laissant électrisée. Nous échangeons d'autres regards. De plus en plus doux, chargés déjà de pensées inavouées, de mille désirs secrets.

Enfin, arrive l'heure de manger. Il commence à faire vraiment chaud. Je commence à me déshabiller, retirant les pulls, dans lesquels, je suis protégée. Lui observe mes bras dénudés, à demi dorés, mes épaules dévoilées, mon regard plus vif, mes lèvres gorgées. Je lis en lui, devine son désir, perçois son trouble. Aucun ne parlera de ce qui le trouble. Les jours très vite vont passer. Nous resterons ensembles dix jours. Le chef d'équipe, un peu jaloux, a tenté de nous séparer. Alain s'est rebellé, menaçant de s'en aller.

Les jours passent et nos yeux continuent de se croiser, parlant, silencieusement, entre les feuilles arrachées, entre les grappes coupées qu'il me fait goûter, me laissant, les yeux, à demi, fermés, pour mieux les savourer. Je lui décoche un sourire complice. Les jours glissent et je me sens triste, me rappelant que dans deux jours, nous allons nous quitter; que nous devrons nous séparer.

Peu à peu, devant ses clins d'yeux complices, ma défense s'abaisse. Il est beau, bronzé, le torse dénudé. J'ai envie de le caresser, ma gorge se serre. J'ai l'impression qu'il me devine. La soirée s'achève... Nous resterons les derniers, cette fois ci, à quitter le vignoble, cachés dans l'ombre complice de la nuit qui s'avance, sans bruit, laissant nos corps tendus, inassouvis.


- Veux-tu que je te vienne, ce soir ? m'a-t-il murmuré, d'une voix rauque
- Oui, ai-je répondu, d'une voix étouffée.

Nous avons remonté le coteau, retrouvant mon véhicule. Son bras est venu m'entourer les épaules d'un geste protecteur. J'entends, malgré moi, les battements de mon coeur. Je le désire et je crains, de me retrouver seule, avec lui. Je conduis, distraite par sa main qui me caresse le genou. Mes yeux se tournent vers lui. Il me sourit d'un regard brûlant de désir.

Nous nous retrouverons chez lui. Sa chambre est belle, faite de photos sur les divers coteaux champenois. Jamais je n'ai vu autant de photos différentes sur le raisin, sur ma région, superbe, exposée au soleil. Il me soulève dans ses bras puis m'allonge sur son lit. Sa bouche se fait douce et persuasive. Je fonds, doucement, trouvant ses baisers délicieux.

II s'allonge et m'observe d'un regard grave. Sa bouche est si près, ses mains, si tendres, dans lesquelles je me laisse engloutir. Je m'arque contre lui, affolée de désir; mes mains se glissent sous sa chemise. Je le sens qui frémit. En silence, nous nous dénudons, mutuellement...

Mutine, je tente de lui échapper. Il me plaque contre son corps puissant. Sa bouche se fait âpre, ses gestes plus exigeants. Je tremble de désir maintenant. Sa main glisse sur mes hanches, en savoure la douceur de l'arrondi, puis plonge dans mon entrejambe tétanisée, je gémis, me contorsionne, sous lui, déjà avide de plaisir.

Mes jambes se glissent sous lui, l'emprisonnent, puis doucement, de ma main, je le guide vers mon sexe devenu humide. Il y glisse un doigts puis le lèche, d'un air gourmand. J'ai si envie.


- Viens ! Prends moi, je t'en prie, ai-je murmuré, impudique
- Non, pas encore, a-t-il dit

Il s'est relevé, revenant avec une grappe de raisins noirs, qu'il écrase, grains par grains, laissant le jus couler entre mes seins. Sa bouche est venue ensuite me laper, jouant de ces grains sur ma poitrine, le jus s'écoule. J'en perçois sa fraîcheur sur ma chair et ses lèvres, affamées se mettent à aspirer mes tétons raidis par ses baisers.

Il me banda les yeux, en souriant. Tendue je tente de deviner ce qu'il s'apprête à faire. Quelque chose de sucré coule sur mes lèvres. Je lèche ma lèvre humide. C'est doux, tiède, parfumé, très sucré. J'ai compris ce qu'il me fait avaler : le sang de la vigne. Sa langue vient ensuite me goûter. Ma bouche s'entrouvre.

Les gouttes tombent, une à une, sur mon corps qu'il dévore. Sa langue chaude est en train de me laper pendants que ses doigts viennent me caresser. Chaque goutte me fait sursauter; chaque coup de langue me fait me cambrer, impatiente, de me laisser dévorer. Exacerbé, mon corps se met doucement à trembler, le cherchant dans ma nuit. Mon corps s'offre, s'élance à sa rencontre. Il rit, en découvrant mon désir de lui. Il s'approche, recule, revient, à la charge, me rendant folle de désir. Enfin, il se laisse saisir.

Mes jambes se bloquent sur ses cuisses. Mon sexe, affamé, se met à quémander, ondulant sous lui, savourant ses allers et retours de plus en plus forts dans mon sexe avide de plaisirs. Ses coups de boutoir sont, si forts, que je défaille et me mets à gémir, sentant le plaisir, soudain, m'envahir.

Je m'agrippe, à ses épaules, la bouche soudée à la sienne, nos langues enroulées, dans une danse lascive. De longs frissons se mettent, brusquement, à me parcourir. Je me cambre, m'offre; Mes mains le guident, en cadence, suivant la montée de mon plaisir puis à bout de souffle, dans un râle heureux, je me mets à jouir.

Très vite, comme s'il n'attendait que cela, sa semence se met, soudain, elle aussi, à jaillir, me laissant étourdie de plaisirs. Nos lèvres se détachent, mes bras et jambes aussi. J'entends mon coeur battre violemment en sourdine. Le lit n'est pas large mais il nous suffit, pour rester, l'un contre l'autre, blottis. La nuit, pourtant torride, passera, trop vite.

Je me souviens encore du goût sucré du plaisir, de ces vendanges en Champagne et de son sourire irrésistible : "Alain, Cuvée spéciale 1995" au goût savoureux d'interdits. Se souvient-il lui aussi? Garde-t-il, au fond de sa mémoire, le même goût savoureux du plaisir?



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