L'INCONNU AU TELEPHONE

par Erotica51



La nuit est tombée et je me sens épuisée. Ai-je rêvé en t'imaginant ? Non , mon manque de sommeil est bien réel, ma fatigue aussi. Malgré le peu d'heures, j'ai dormi toutefois profondément. Les bienfaits du plaisir solitaire, je pense…

Je repense à cette nuit, espérant ton appel, écrivant tranquillement, en écoutant la musique. L'appartement est reposant. La sonnerie du téléphone me fait sursauter.


- Allô ?
- Bonsoir...

Cette voix lointaine, légèrement assourdie, au point de ressembler à un chuchotement. Je t'entends à peine. Tu n'es plus qu'un murmure inaudible. Je raccroche, déçue. Mais tu rappelles. Tu es si proche, tout d'un coup que j'en tremble. Je m'assois sur mon lit, le temps de réaliser vraiment, que pour la première fois, j'entends ta voix réelle.

Elle est différente de ce murmure, auquel tu m'as habitué, avec une gravité surprenante. Je suis si émue, que mes mots restent coincés, brusquement. Tu parles, avec volubilité, comme si tu craignais de me voir raccrocher ou de me perdre. Je ne sais pas. Je t'écoute, captivée, malgré moi. Quel curieux tu fais ! Tu me presses de questions personnelles. Pourquoi vouloir connaître tant de choses de moi ?

Lentement, sans que j'en perçoive les changements, notre conversation se transforme, devient plus grave, plus intime. Tu me demandes de retrousser ma robe, de m'allonger sur le canapé, de me caresser aussi la poitrine. Qu'est-ce qu'il m'arrive de t'écouter ? de m'exécuter ? sans me rebeller. Je n'en sais rien.

Les bouts de mes seins, que je caresse, se font plus sensibles. Mon souffle se fait plus fort. En moi monte le désir. Voilà que tu exiges que je me bande aussi les yeux, en t'écoutant, en me caressant. J'ai posé un foulard sur mes yeux, sans rechigner, amusée. Etrange de percevoir ta voix, si près. Cela ajoute à mon trouble. Mais tu ne te contentes pas de cette docilité apparente et tu m'entraînes par la voix au gré de ton désir…Ta voix a changé, devenant plus brève, plus autoritaire, me semble-t-il. Je voudrais me rebeller et pourtant je me tais, exécutant, une à une, tes consignes…

Je dois retirer ma robe, maintenant. Mon foulard va-t-il rester, fixé, sur mes yeux, à son passage ? Je l'ignore. Il fait légèrement plus frais dans la pièce. Je frissonne tout d'un coup quand tu exiges que je continue mes caresses. Le foulard augmente ma perception des sensations qui m'entourent et m'envahissent, me jetant dans un immense trouble.

Ta voix devient plus rauque, comme si tu percevais, déjà, la montée de mon propre désir. Je tremble, à nouveau, excitée, malgré moi, de te sentir, si proche, par la voix; par toi que je ne connais pas. Sur le dos, je me suis allongée, comme tu viens de l'exiger, me cambrant, ondulant des hanches, comme si tu me voyais, réellement. Tu me veux chienne, affamée, sensuelle, en manque...

Ma main s'est glissée, naturellement, sous mon string, tentant de me calmer. J'ai trop envie de toi…A nouveau cet ordre : arrête ! Je me fige, stupéfaite alors que je suis si prête à laisser le plaisir m'envahir…Tu exiges : mets tes doigts au fond de toi, je veux t'entendre me dire ce que tu fais et ressens. Subjuguée, maîtrisée, je t'avoue ce que je fais, prenant un certain trouble à t'indiquer ou est mon doigt :


Il glisse entre mes lèvres, entre doucement en moi puis ressort, revient sur mon clitoris puis redescend au cœur de mon sexe…Il entre, ressort, entre, sort…. de plus en plus rapidement. Je me décide à mettre, cette fois, deux doigts…hummm comme j'ai envie de toi ! Je suis toute mouillée en y pensant. J'ai envie de tes mains sur ma poitrine, de tes caresses…

Et je découvre, au son de ta voix, une sensualité plus forte, rien qu'à t'imaginer, qui me trouble encore plus fort. Je sens l'air froid sur mon sexe trempé. Je t'imagine debout, en face de moi, en train de m'observer, d'un air affamé. Cette pensée achève de me bouleverser, de me troubler encore plus fort. Ce plaisir qui monte irrésistiblement est plus fort que ma raison…ta voix est si près, si rauque et exigeante…

A nouveau, tu m'exiges, à quatre pattes, offerte, la croupe en l'air, voulant voir mes fesses, tout en me caressant. Je continue mes caresses, d'une main, offerte à cette vision qui semble te transporter, pour ce plaisir que ce jeu semble te procurer, pour ce plaisir qui ne cesse de monter et que je n'arrive plus à endiguer.

Mummmmmmmm ! Je sens mon corps entier frémir, ta voix assourdie qui exige que je m'arrête. Je n'en peux plus ; c'est trop tard, je décolle vers le plaisir. Tu m'entends gémir, la chair frissonnante d'un plaisir inouïe. Je monte, si vite, si fort que mes yeux sont traversés d'étoiles filantes. Je décolle, emportée dans un plaisir immense ou je plane un bon moment encore. Puis ta voix me parvient, à nouveau…J'étais partie, sans toi, si loin…

Ton souffle me parvient, assourdi, saccadé et je tends l'oreille, attentive à ton plaisir qui vient. Toi aussi, tu jouis seul, dans ta chambre et je ne peux te goûter, te déguster, ai-je pensé, désolée. Ahhh ahhhhhh hummmmm ; ton souffle est redevenu plus calme. Tu t'excuses un instant, partant à la salle de bain puis revient. Je me sens troublée de t'avoir dévoilé mon plaisir…

Mes yeux se sont refermés, malgré moi. Oui, il faut se quitter, chacun demain, partant travailler. Il me faut tenter de dormir quelques heures. T'ai-je dit bonne nuit ? Au revoir ? Bonsoir ? Je ne sais plus, trop épuisée par cette jouissance dévastatrice. Je flotte, éperdue de fatigue et de plaisir. J'ai l'impression de m'éloigner seule dans ma nuit…J'étouffe un bâillement, puis te murmure bonne nuit. J'ai reposé le téléphone, frictionné mon bras engourdi puis me suis brusquement assoupie !



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