UN PIEGE DIABOLIQUE

par Erotica51



La journée venait de se terminer. J'étais soudain pressée de rentrer, après avoir été debout toute la journée, fatiguée de piétiner.
J'allais appuyer sur le bouton pour obtenir l'ascenseur quand je me rappelais, n'avoir pas regardé si j'avais du courrier. Immédiatement, je bifurquais et tournant au coin du mur, je m'arrêtais, brusquement. Il était la ! Un léger sourire carnassier se dessina lentement sur ses lèvres pendant que son regard se faisait caressant. J'étais pétrifiée de surprise. Tant d'années étaient passées me laissant songeuse sur cette étrange aventure que nous avions partagés.

Mes souvenirs remontèrent brusquement en surface. Je vacillais d'émotion en le regardant passer. Devina-t-il mon trouble ? Se rappela-t-il cette étrange histoire ? En croisant son regard, je compris ce jour là, que pour lui, rien n'était fini. Qu'il reviendrait à nouveau à la charge...

Tout avait commencé en plein mois de novembre. Il venait de rentrer de vacances, merveilleusement bronzé et cette couleur hâlée lui allait divinement. L'automne lentement s'achevait. Je devrais renoncer à mes robes multicolores aussi belles à regarder que des fleurs épanouies, durant l'été. Je m'étais dirigée vers la porte vitrée pour sortir de l'immeuble quand quelque chose m'avait poussée à me retourner. Je levais les yeux. Il était immobile, les yeux tournés vers moi. Mon coeur se mit à palpiter. Pourquoi me regardait-il ainsi sans bouger? Je me sentais prisonnière de ce regard, chaud et avide, qui m'empêchait soudain de réagir. J'étais devenue incapable de remuer même le petit doigt. D'un regard, il m'avait subjuguée.

Ce fut un peu plus tard que je compris ce qui m'était arrivée : Un coup de foudre comme il nous en arrive rarement, dans une vie. J'étais soudain tombée amoureuse de Lui. J'ignorais presque tout de lui sauf qu'il avait une fillette à sa charge et venait de divorcer.

Par un étrange hasard, mon patron décida de modifier mes horaires de travail. Cela allait m'obliger à me lever une demi heure plus tôt ! Moi qui n'était déjà pas trop matinale !

Ce fut un jeudi matin que je le croisais à nouveau. Tout comme moi, il partait travailler. Il devait être le seul à encore porter le costume. Tiré à quatre épingles, il regardait au sol d'un air peu aimable. Je lançais un : bonjour tout le monde, faisant rire les autres locataires. Surpris il releva la tête et resta la bouche entrouverte de surprise. Et oui, c'était bien moi.

Bizarrement, les jours suivants, je le croisais régulièrement. Heureusement, nous n'étions jamais seuls dans l'ascenseur. Son eau de toilette me donnait le vertige, réveillant tous mes sens dans le bas ventre, d'une manière vorace. Mais que m'arrivait-il ?

Je n'osais pourtant pas croiser son regard, préférant bavarder avec les autres personnes, qu'échanger une seule parole avec lui. Il me troublait dangereusement. C'était terrible en sortant de me retrouvant les cuisses moites et les jambes tremblantes. Ma faim de lui se faisait dévorante. Mais comment le conquérir ? Il portait sur son visage grave toute la déception de son mariage raté. Comment arriver à l'aborder et lui rendre le sourire ? C'était devenu inextricable. Nous étions attirés l'un vers l'autre sans qu'aucun de nous ne fasse le moindre geste. Je pensais à lui nuit et jour. Quand il sortait de l'ascenseur ou descendait les marches, j'en profitais pour lorgner effrontément ses fesses. J'en devenais tout à coup immorale. Une étrange idée commençait à germer dans ma tête.

Comment attirer cet homme à son insu ? L'idée venait de germer durant mon sommeil, me laissant songeuse au petit matin. Allais-je réussir à le faire tomber dans le piège ? Joueuse, j'étais décidée à mettre en place ce projet des plus alléchants. Qui a-t-il de plus jouissif qu'attraper un homme dans ses filets et le rendre consentant ?

Bien sur j'aurai pu le draguer effrontément, en le fixant droit dans les yeux. Il y a des regards pour un homme qui parlent clairement. Plus j'y réfléchissais, et plus ce piège audacieux me plaisait. Les méthodes les plus courantes ne m'intéressaient pas pour le faire succomber. Je voulais autre chose, de complètement différent, qui marque son corps et son esprit à jamais.

A 18h, je le retrouvais dans l'ascenseur, gardant modestement les yeux baissés. Je commençais à l'intriguer. Ses nombreux regards discrets tournés dans ma direction me mettait sur des charbons ardents. Je décidais de continuer à jouer le jeu de l'indifférence. Au moins, répondait-il à mon bonjour, maintenant, même si sa voix semblait enrouée. Parfois je croisais sa fillette, qui regardait en me souriant. Je lui décochais des clins d'oeil discrets qui la faisait pouffer de rire. En sortant de l'ascenseur son père avait un léger sourire sur les lèvres. J'étais fermement décidé de m'attaquer à son air renfrogné. Quoi de mieux finalement qu'une femme séduisante à croiser chaque jour pour lui rendre le sourire ? Doucement, le piège se refermait sur lui, sans qu'il en prenne conscience.

Je me retenais à grand-peine dans l'ascenseur pour ne pas lui avouer combien il m'attirait terriblement. Cela lui aurait sûrement paru choquant. Mais il me plaisait tellement que je décidais d'y mettre toute ma subtilité de femme pour le séduire et le conquérir.

Peu à peu, s'opérait en lui une étrange transformation. Il soignait encore plus son apparence et perdait, peu à peu, cet air revêche qui n'était finalement qu'un mur dressé, pour éviter qu'on ne lui pose des questions sur sa situation familiale.

Etait-il aussi revêche que les autres locataires le disaient ? Je refusais d'y croire, bien déterminée à l'approcher au plus prêt. Quand nous étions seuls, dans l'ascenseur, il paraissait différent, plus humain et je m'ingéniais à le faire sourire, avec mes remarques sur la grenouille d'Albert Simon qui devrait se mettre en retraite, vu le temps.

La semaine suivante, je décidais de parfaire ma technique d'approche. Je ressortis quelques robes légères, le temps s'étant bizarrement adouci. On se serait cru au printemps. Je m'arrangeais pour qu'une de mes bretelles glisse innocemment, dans l'ascenseur, dévoilant ma gorge bronzée. C'était délicieux de voir son regard soudain se rallumer, de découvrir cette petite flamme soudain se remettre à briller.

III. Un bref aperçu

Je venais de descendre à la voiture rechercher un dossier oublié quand j'eus l'idée de commencer à refermer sur lui mon piège. Ce fut un premier courrier que je glissais dans sa boite à lettres, tapé, sur un agréable papier de couleur pastel. Juste quelques mots suffisamment intrigants pour éveiller son attention :

Savez-vous que vous êtes très séduisant quand vous souriez ?

III. Mystère

Je le pliais soigneusement, le parfumais d'un nouveau parfum acheté express pour cette occasion et dérouter ses soupçons au cas où il en aurait.

Puis je glissais ma mystérieuse lettre dans sa boite à lettres, me dépêchant de revenir dans mon appartement.

Le lendemain matin, bien sur, nous nous sommes croisés dans l'ascenseur puis dit bonjour très cérémonieusement. Je me retenais de rire en imaginant sa surprise quand il irait au courrier. Il bifurqua devant moi, allant à sa boite à lettres. Je fonçais à ma voiture puis me garais devant la pompe à essence, en l'observant en train de sortir. Son regard perplexe me fit sourire. Il commençait à se poser certaines questions...Celui-ci ignorait encore que ce jeu du chat et de la souris ne faisait que commencer et allait durer un bon moment...

A ma pause de midi, je commençais à réfléchir au contenu du prochain courrier. Mordillant mon stylo, j'eus soudain une illumination.

Quand il me croisa à nouveau le lendemain matin, je lisais un livre dans l'ascenseur et répondis à son bonjour, d'un air distrait. Pas question de lui donner révéler l' intérêt que j'éprouvais pour lui ! Je partis au bureau en chantonnant...La chasse s'annonçait bonne et le gibier soudain intéressant...

IV.

Jeudi. Je sais qu'il attend ma venue dans l'ascenseur. Ma tenue est particulièrement séduisante et mon parfum léger bien que discret. J'ai entouré mes yeux d'un trait fin qui en accentue l'éclat. Mes lèvres sont légèrement brillantes comme prêtes à mordre dans un beau fruit, goulûment. Mais il ignore encore que ce beau fruit, que je compte dévorer, c'est lui qui le représente. Mon message suivant fut rédigé ainsi :

- Savez-vous que votre sourire est terriblement éblouissant ? Vous devriez sourire plus souvent. Je vous trouve irrésistible ainsi !

Ce matin, j'eus l'impression que son regard me sondait. Rapidement, je baissais les yeux, souriant mystérieusement...Pour lui, le mystère s'épaississait. Qui était donc cette mystérieuse correspondante ?

Au fil des jours, son attitude changea totalement. Il bavardait maintenant un peu plus. Souvent je croisais son regard terriblement parlant. Pas question pour l'instant de me dévoiler aussi vite. Il me fallait faire monter d'un échelon, sa tension.


Vendredi. Ce soir là, je décidais que demain, il n'aurait rien. Pas de petit message, pas de regards croisés, non plus. Je commençais à chercher son nom dans le bottin. Trouvé ! Je griffonnais son numéro rapidement, déterminée à l'appeler le samedi soir. Apparemment, sa voiture restait au garage. ce qui indiquait qu'il ne sortait guère , le week-end. J'en profitais pour cogiter mon plan d'attaque pour la semaine prochaine.

V. Samedi soir

Maligne, je décidais de l'appeler d’une cabine téléphonique à l'opposé de la ville. Pas question de lui dévoiler mon tel personnel ou celui de mon portable. Il s'était mis à neiger. Heureusement, il y avait peu de monde dehors. J'attendis 21 heures puis fais son numéro, le coeur battant. Serait-il là ?

- Allo ? demanda-t-il d'une voix qui m'impressionna immédiatement
- Bonsoir Claude ;

Immédiatement sa voix changea de registre et se fit caressante.

- Vous allez bien ?
- Bien sur. Pourquoi cette question ?
- Je n'ai rien reçu hier. Seriez-vous déjà fatiguée de m'écrire ?
- Nullement; j'étais en déplacement.
- Vous êtes commerciale ?
- Non, pas vraiment. Je vous en dirai plus une prochaine fois.
- D' où m'appelez vous ?
- Je suis à l'entrée de Reims et vous vous dire que je ne vous oubliais pas.
- Je l'espère bien...Comment connaissez-vous mon prénom ?
- Disons, simple curiosité féminine. Excusez-moi mais j'ai froid. A bientôt Claude ?
- A très bientôt. J'ai hâte de vous lire prochainement.

Je raccrochais. Je venais de le ferrer. Il connaissait ma voix, ou du moins, celle que j'avais bien voulu lui faire entendre. Je l'avais descendue volontairement tout en la faisant caressante à souhait. Doucement, le piège se refermait, sur lui, mystérieusement.

VI. Dimanche

Paresseuse, cette fois, j'avais envie de me faire désirer. Ce fut donc pour rien qu'il descendit voir sa boite à lettres ce jour là. Il n'eut pas un seul appel. Je voulais le déstabiliser.

Il avait déjà ma voix, bien que légèrement assourdie ...mes courriers ...Il me fallait continuer à l'appâter. Cette fois-ci, je pris la décision de modifier mon courrier.

Je savais que ce serait bientôt son anniversaire. Sortirait-il ce jour là ? Je préparais mon message pour le lundi, veillant à descendre tardivement, pour ne pas risquer de le croiser. Je le savais vigilant...

- Bonjour ou bonsoir Claude

Savez-vous que j'aime beaucoup votre voix. Je la trouve particulièrement sensuelle...Vous ne vous êtes pas trop ennuyé ce week-end ? Comme le voyez, j'ai décidé de reprendre cette correspondance...en changeant de registre toutefois. J'espère ne pas vous choquer la prochaine fois.

VII. Lundi

Je vous avais promis une surprise. Vous vous doutez bien que je vous écris non pas pour passer le temps mais bien avec une idée derrière la tête.

Regardez donc ce que je me suis achetée pour vous plaire quand nous nous rencontrerons...

J'avais jointe la photo de dessous particulièrement suggestifs : un soutien gorge noir et un très beau string, avec une goutte d'eau pour décorer mes fesses.

Je riais en imaginant la tête qu'il allait faire...Qu'allait-il ressentir ? Je mourrais d'envie d'entendre sa voix, de guêpière ses pensées en cet instant mais je résistais...Pas question de tout précipiter.

VIII. Mardi

Alors, Claude ?

Avez-vous imaginé vos mains sur mon corps, paré de ces atours ? Aimez vous cette couleur noire que je trouve particulièrement intéressante pour vous séduire.

Mais il me vient une autre idée : et si vous n'aimez que le blanc ? Soyez rassuré ! J'ai prévu cette éventualité aussi. Faites votre choix et vous me direz bientôt la tenue que vous préférez ?

Il s'agissait cette fois d'une belle guêpière blanche, avec des bas assortis en dentelle...

Je riais sous cape, en glissant l'enveloppe dans sa boite à lettres.

IX . Mercredi

Il parait que mercredi est le jour réservé aux enfants. Serez-vous avec votre fille, aujourd'hui ? Penserez-vous à moi toutefois ? Mes nuits sont emplies de votre regard, si grave parfois, si doux, quelques autres rares fois. J'aimerai tant pour l'adoucir y déposer du bout des doigts quelques baisers étoilés...

A suivre...



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